le blog blog-fillon par : Françoishttp://www.blog-fillon.com/2006-01-18T11:30:44Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pnghttp://www.blog-fillon.com/article-19544588.htmlHommage rendu à Aimé CESAIRE devant l'Assemblée nationale2008-05-14T09:50:43Z2008-05-14T09:44:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Antilles-Janvier-2008/MEND5500.JPG" />
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les Députés,
Aimé Césaire, mort le 17 avril, ne séparait pas son engagement militant du corps à corps qu’il menait avec les images et les mots.
« Pour comprendre ma politique, disait-il, lisez ma poésie ».
Césaire n’avait qu’un discours.
L’élu parlait le langage de l’artiste.
Ce langage, c’était d’abord celui de la conviction.
Si les poèmes de Césaire, comme ses prises de position politiques, pouvaient saisir, c’est qu’on y rencontrait la force, la pugnacité, parfois la défiance et le cri.
Sa rage servait sa vérité.
« Je suis, disait Césaire, du côté de l’espérance; mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. »
Césaire combattait parce qu’il voulait le meilleur de deux mondes.
Pour son oeuvre, se mêlaient les images de l’Afrique originelle à la langue de Ronsard, de Molière, de Hugo.
Pour tous les Martiniquais, il aspirait au développement et à la double fidélité. Fidélité à l’histoire de cette terre qui était pour lui un « symbole de la vieille France ». Et fidélité
au passé douloureux et enchaîné des peuples noirs.
Césaire voulait depuis les années 30 ce que nous avons appris si tardivement à concevoir : des identités fortes, mais ouvertes; affirmées, mais tolérantes; intimes et plurielles à la
fois.
Aimé Césaire parlait le langage de la fierté.
Luttant pour les humiliés, il refusait la posture des victimes.
Son indépendance était constante, inflexible. Elle ravivait l’orgueil des siens.
Nous avons besoin de ceux dont la parole et les rêves portent loin.
Aimé Césaire a été pendant des décennies maire de Fort de France et député de la Martinique.
Il a été un grand élu.
Il a été un grand responsable.
Le responsable est celui qui se lève au nom des siens; qui prend la parole quand l’histoire questionne la société; c’est celui qui assume les combats qu’exige la justice.
Quand j’ai eu le privilège de rencontrer Aimé Césaire, en janvier de cette année, j’ai rencontré un homme qui n’avait pas abdiqué ce rôle.
J’ai vu un être raffiné, souriant, âgé sans doute, mais chez qui brûlait toujours une flamme.
Quand il s’agissait de plaider pour son île, cinq mois après de la crise du cyclone Dean, la force de ses textes revenait en lui et donnait des racines à ses colères.
Mesdames et messieurs les députés,
Je voudrais que l’éclairage qu’il a projeté sur notre XXe siècle porte aussi en avant.
Vers les pays d’Afrique, auprès desquels Césaire avait une audience immense : ils ont un avenir de liberté et de progrès à construire en mémoire de lui.
Vers les jeunes qui découvrent les textes de Césaire, pour que le rejet des injustices et des servitudes se grave en eux à travers la fulgurance de ses mots.
Et enfin, vers tous les peuples en quête de dignité afin que leurs revendications s’en trouvent guidées.
En 1934, avec Léopold Sedar SENGHOR et Léon-Gontran DAMAS, Césaire donnait la négritude aux descendants d’esclaves, comme un mot d’ordre, comme un nouveau baptême.
La négritude de Césaire était douloureuse, rebelle, frontale, mais elle était sans haine, sans sectarisme.
Césaire fouillait son identité pour toucher à l’universel.
Il voyait aussi que les identités, de plus en plus, se recouvrent sans s’exclure.
Avec toute la France, la Martinique lui a rendu pour ses obsèques un hommage d’une grandeur et d’une sincérité filiale.
En se rendant sur place, le Président de la République s’est associé à cette ferveur. Par sa présence, c’est toute notre nation qui marquait ainsi sa gratitude à l’égard d’Aimé Césaire.
Aujourd’hui, le sol de l’île renferme sa dépouille, mais le cœur de Césaire continue de battre.
Il bat pour la Martinique.
Il bat pour la France.
Il bat pour les femmes et les hommes du monde qui cherchent les mots de la dignité.
Par ses chants et ses appels, la voix d’Aimé Césaire est ainsi vivante.http://www.blog-fillon.com/article-19363954.html"Nous avons tenu les engagements que nous avions pris devant les Français."2008-05-07T13:30:29Z2008-05-07T13:18:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html
Réponse faite hier devant l'Assemblée par le Premier ministre à Monsieur Jean Leonetti,
député UMP.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,
Depuis un an, sous l’autorité du président de la République, avec le Gouvernement et la majorité, nous avons l’honneur de conduire notre pays. La première chose
que je voudrais vous dire en cet anniversaire, c’est que nous avons tenu les engagements que nous avions pris devant les Français. Et nous avons engagé la moitié des promesses qui avaient
été celles de Nicolas Sarkozy et des parlementaires de la majorité, pour changer en profondeur notre pays.
Nous avons réformé les universités qui, désormais, optent presque toutes pour le statut d’autonomie qui leur a été proposé. Et dans le même temps, nous
avons augmenté de manière considérable les moyens de l’enseignement supérieur et de la recherche, parce que pour nous, l’avenir est notre priorité absolue.
Nous avons engagé la libération du travail avec une première étape, qui est la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette première étape a déjà donné
lieu à une augmentation au mois de mars de 28 % des heures supplémentaires. Mais ce n’est qu’une première étape vers l’objectif qui est le nôtre, qui est de sortir définitivement du carcan des
35 heures. Et surtout, mesdames et messieurs les députés, les heures supplémentaires défiscalisées, c’est le signe d’un changement profond dans notre pays. Car qui, aujourd’hui, parle encore de
"RTT", de "diminution du temps de travail", de "partage du temps du travail", comme une solution aux problèmes de l’économie françaises ? Ceux qui disent "nous", ils sont minoritaires dans
notre pays, et ils continuent à vouloir lui imposer un traitement qui a été à l’origine de bien des maux dont nous pays a souffert.
Nous avons engagé la mise en œuvre de "la flexi-sécurité", que tout le monde met dans ses programmes de campagne sans jamais le faire, avec la fusion de
l’ANPE et de l’Unedic, avec la mise en œuvre du nouveau contrat de travail qui a été décidé par les partenaires sociaux, et je voudrais faire remarquer à l’Assemblée nationale que c’est la
première fois depuis les années 60 que des partenaires sociaux se mettent d’accord sur une réforme du contrat de travail. C’est aussi un signe que le dialogue social dans notre pays
progresse.
Nous avons supprimé les droits de succession pour 95 % des Français. Nous avons instauré le service minimum dans les transports et à l’école, c’est une mesure qui
est plébiscitée par nos concitoyens. Nous avons réformé les régimes spéciaux de retraites qu’on disait impossibles à réformer. Et en le faisant, nous permettons l’harmonisation désormais
progressive de tous les régimes de retraites. Ceux qui continuent de critiquer ces mesures, sont les mêmes qui réclamaient en 2003 l’abrogation de la loi sur les retraites, et qui maintenant
nous expliquent que, "40 ans ça va bien, mais 41 ans ce n’est pas possible". Encore un effort, mesdames et messieurs de la gauche, et vous ferez ce qu’ont fait tous les partis de gauche en
Europe, c’est-à-dire que vous aurez participé au sauvetage des régimes de retraites de votre pays.
Nous avons instauré les peines planchers - on disait que c’était impossible - : plus de 7.000 peines planchers ont été prononcées par les tribunaux. Nous
avons mis en œuvre la loi de rétention de sûreté, dont on voit encore avec les événements récents combien il était nécessaire de légiférer sur ce sujet. Nous avons mis en place le crédit
d’impôt sur les intérêts d’emprunt pour ceux qui veulent acquérir leur logement, au moment même où le marché du logement dans notre pays avait besoin de cette mesure de soutien.
Et enfin, et peut-être surtout, nous avons débloqué la crise européenne. Nous le devons essentiellement à l’action du président de la République, et je veux
dire que seul Nicolas Sarkozy était en mesure de débloquer la crise européenne car il était le seul candidat à s’être engagé avant la campagne, et sur le contenu du Traité simplifié, et sur le
vote par le Parlement de ce Traité simplifié. N’importe quel autre candidat se serait trouvé en situation de blocage.
Voilà, Mesdames et Messieurs les députés de la majorité, le bilan d’un cinquième du quinquennat. Et je voudrais vous remercier du travail qui a été le vôtre et
de votre engagement dans ce bilan.
Alors, évidemment, il reste encore beaucoup à faire. Il reste beaucoup à faire pour atteindre le plein emploi, ce que nous allons faire avec la réforme de
l’assurance chômage et en particulier la mise en œuvre de la dégressivité des indemnités de chômage pour les chômeurs qui refusent plus de deux offres d’emploi "raisonnables". Nous allons nous
engager à réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans, et l’arme principale de cette lutte contre la pauvreté ce sera le Revenu de solidarité active. Nous allons agir pour la croissance et le
pouvoir d’achat avec la loi de modernisation de l’économie, en introduisant plus de concurrence dans notre économie. Chacun se souvient qu’à chaque fois qu’on a introduit plus de concurrence
dans notre économie - je pense en particulier aux télécommunications -, on a obtenu une baisse des prix et une augmentation de l’offre de service.
Nous allons engager la réforme de la représentativité syndicale et du dialogue social, en nous appuyant sur une position commune signée par les partenaires
sociaux. Nous allons mettre en œuvre les engagements du "Grenelle de l’environnement". Et enfin, j’en terminerai par là, mais je voudrais rappeler à l’opposition qui ignore une nouvelle fois
les règles de la Constitution, que lorsque le Premier ministre s’exprime, il s’exprime comme il veut à l’Assemblée nationale ! Mais peut-être est-ce que cela vous gêne d’entendre mis en
œuvre l’ensemble des engagements du président de la République ! Eh bien, nous allons terminer par la réforme de la Constitution pour adapter la Constitution de la Vème République à
l’évolution de la société française, pour donner plus de pouvoir au Parlement.
Mesdames et Messieurs les députés, la majorité peut être fière du travail qu’elle a accompli. Naturellement, il reste quatre ans pour mettre en œuvre l’ensemble
des engagements qui sont les nôtres. Mais je voudrais solennellement dire devant vous, que rien ne nous détournera de notre objectif, et cet objectif c’est une France plus forte, qui protège
mieux ses citoyens.
http://www.blog-fillon.com/article-19301758.htmlModernisation de l'économie2008-05-05T11:00:34Z2008-05-05T10:35:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Dijon/GRAN6006-copie.jpg" />
En déplacement à Dijon, François FILLON, accompagné de Madame Christine LAGARDE, de Monsieur Luc CHATEL et de Monsieur Hervé NOVELLI, a visité deux entreprises
locales. Il a ensuite prononcé devant les représentants de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises un discours consacré à la nouvelle loi de modernisation de l'économie.
Monsieur le président du conseil général, mon cher François, Monsieur le président
du conseil régional,Mesdames et messieurs les élus, Monsieur le président départemental de la CGPME, Monsieur le président national de la CGPME,
Mon cher Jean-François ROUBAUD, Mesdames et messieurs,
J’ai voulu avec une bonne partie du gouvernement, venir ici en Côte d’Or illustrer, le projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté
ce matin au conseil des ministres, et je ne regrette pas de l’avoir fait puisque nous avons été accueillis dans deux entreprises de Côte d’Or qui illustrent parfaitement la cible qui est
celle du gouvernement pour encourager la croissance et la création d’emplois dans notre pays. Il y a un débat
depuis quelques jours en France pour savoir si le gouvernement ne va pas trop vite, s’il ne devrait pas hiérarchiser ses réformes, s’il n’est pas trop pressé de mettre en œuvre l’ensemble des
engagements qui ont été pris devant les Français. Non, nous n’allons pas trop vite ; non, nous ne sommes pas trop pressés ; non, il ne faut pas hiérarchiser les réformes.
Pourquoi ? Parce que la France n’a pas le temps et la France n’a pas le temps pour une raison très simple : c’est qu’elle a trop attendu. En disant cela, je ne fais de reproches à
personne ou plutôt, je nous fais un reproche collectif. Ça fait 25 ans que la plupart des autres pays européens ont pris la mesure des changements qui intervenaient dans le monde. Nous, pas.
Parce que nous, nous nous disions que la situation confortable dans laquelle vivaient les quelques grands pays développés qui monopolisaient le savoir, qui monopolisaient la capacité de
transformation des matières premières depuis tellement longtemps allait durer toujours et nous ne voyions pas, nous n’avons pas vu, nous n’avons pas été suffisamment attentifs à ce qui se
passait autour de nous, c'est-à-dire à la montée de nouveaux acteurs économiques, des acteurs économiques qui représentent un poids considérable et qui remettent en cause la situation
privilégiée dans laquelle étaient les grands pays développés et alors que beaucoup d’autres depuis 10 ans, depuis 15 ans, depuis 20 ans ont entrepris de muscler leur économie, de réformer
leur État, d’abaisser leurs dépenses publiques pour se mettre en position de résister à cette compétition. Nous, nous avons tergiversé. Quand on parle par exemple de la réduction des déficits, il ne s’agit pas de montrer du doigt tel ou tel gouvernement, telle ou
telle majorité, il s’agit de montrer du doigt l’ensemble de ce que notre pays a fait depuis 33 ans, 34 même. Ça fait 34 ans qu’il n’y a pas eu un budget en équilibre en France. 34 ans !
Tous les jeunes Français de moins de 34 ans pensent que ça marche comme ça et tous les Français de plus de 34 ans se disent : « Si ça a marché 34 ans comme ça, ça marchera bien
encore quelques années ». Eh bien non, la vérité c’est qu’il y a urgence. Il y a urgence à transformer notre pays. On s’est donné des objectifs qui sont des objectifs très simples, qui peuvent paraître très ambitieux mais qui sont à la portée de notre pays. Premièrement, on veut être
dans les cinq années qui viennent dans les trois premiers pays européens pour la croissance. Vous allez me dire : « C’est un sacré défi compte tenu du fait qu’on n’a jamais été
parmi les premiers pays européens pour la croissance ». Et pourtant, est-ce que vous pouvez me donner un seul argument qui pourrait me convaincre que la France n’est pas capable d’être
parmi les trois premiers pays européens pour la croissance ? On a la deuxième population européenne, on a d’ailleurs le taux d’accroissement de la population quasiment le plus élevé des
pays européens. On a un système de formation, des services publics, une qualité d’infrastructures qui est exceptionnelle. Pourquoi est-ce qu’on ne serait pas capable de faire aussi bien que
les Allemands, les Britanniques, les Danois, etc, en matière de croissance ?Deuxièmement, on s’est fixé un objectif de plein emploi dans les cinq ans qui viennent. On est à 7,5 % de
chômage aujourd'hui, c’est le taux le plus bas depuis 1983, mais pour aller chercher les 2,5 % qui manquent pour atteindre ce qu’on appelle le plein emploi, il faut encore un effort. Mais là
aussi, il y a dix pays européens qui ont atteint le plein emploi. Est-ce qu’il y a un seul bon argument qui pourrait justifier que la France ne soit pas capable d’atteindre le plein
emploi ? On a décidé et on s’est fixé comme objectif de réduire d’un tiers la pauvreté dans notre pays, la grande pauvreté dans notre pays dans les cinq ans qui viennent. Là encore, tout
le monde voit bien que la France est un pays riche avec un budget social extrêmement élevé. Il n’est sans doute pas tout à fait bien utilisé puisque nous avons eu de manière continuelle une
montée de la pauvreté dans notre pays. On s’est fixé l’objectif d’avoir dix universités françaises dans les cinq ans dans les 100 premières universités mondiales. On pourrait penser que pour
un des pays qui a inventé l’université, c’est un objectif modeste mais aujourd'hui on en a deux seulement qui sont dans les 100 premières universités du monde. Puis enfin, on s’est fixé
l’objectif d’atteindre l’équilibre des finances publiques en 5 ans. Je l’ai dit tout à l'heure, un très grand nombre de pays autour de nous qui avaient une situation de déficit plus grave que
la nôtre sont aujourd'hui en excédent budgétaire. Je raconte que je vois beaucoup de chefs de gouvernement qui passent à Paris et qui viennent me rencontrer, et beaucoup de chefs de
gouvernement européens me disent : « On a un nouveau problème politique maintenant, c’est la répartition des excédents budgétaires ». Parce que chaque année, il y a un débat
avec les collectivités locales, avec les différents acteurs de l’économie pour savoir qu’est-ce qu’on fait des excédents budgétaires. Moi j’aimerais bien franchement être aujourd'hui dans une
situation où le débat difficile dans notre pays serait celui de la répartition des excédents budgétaires. Voilà
pourquoi nous avons entrepris avec le président de la République de moderniser la France sans relâche. La situation économique et financière mondiale n’est pas favorable, c’est vrai, mais
comme l’a indiqué le président de la République jeudi dernier, ça n’est pas une raison pour ne pas réformer – c’est même une raison supplémentaire pour tenir notre cap et pour poursuivre
notre effort de modernisation. Tous les points de croissance qu’on ira chercher en nous-même, ce sont des points de croissance qu’on gardera quelle que soit la situation économique
internationale. Alors on a commencé à libérer le travail. La défiscalisation des heures supplémentaires est effective depuis le 1er octobre dernier. En quelques mois, le dispositif a presque
atteint son objectif de croisière puisque plus d’une entreprise sur deux de plus de 10 salariés a déjà recours aux heures supplémentaires. Le nombre d’heures supplémentaires, contrairement à
une idée que j’entends très souvent répandue, a augmenté de 28 % entre le quatrième trimestre 2006 et le quatrième trimestre 2007 dans un contexte économique qui n’est encore une fois pas si
favorable. Ce sont donc près de 6 millions de salariés, plus d’un salarié sur trois, qui augmentent ainsi leur pouvoir d’achat et c’est notre économie qui devient plus productive parce que la
seule façon que je connaisse d’aller chercher de la croissance supplémentaire, c’est de travailler plus, c’est de produire plus de richesses. Il n’y en a pas d’autres. Personne n’a encore
trouvé un moyen qui permette d’obtenir de la croissance sans travailler plus. Nous voulons, je le disais, le
plein emploi. Notre taux de chômage est déjà l’un des plus bas depuis trente ans, mais plus ce chiffre baisse, plus on se rapproche du cœur du problème : les jeunes sans emploi qui n’ont
pas de formation, les seniors. Il faut donc continuer à réformer notre marché de l’emploi. Nous avons choisi un modèle, c’est celui de la flex-sécurité à la française, qui doit tout à la fois
garantir le développement des entreprises, la mobilité de l’emploi et de nouvelles sécurités pour les salariés. Et on a choisi une méthode pour y arriver, c’est celle du dialogue social. Le
lancement du processus de rapprochement de l’ANPE et de l’Unedic a été une première étape. Avec l’accord qui a été conclu par les partenaires sociaux le 11 janvier dernier sur le contrat de
travail, nous franchissons une deuxième étape décisive vers cette flex-sécurité à la française, grâce notamment à la possibilité de rupture conventionnelle et aux nouvelles dispositions sur
la période d’essai qu’il prévoit. Nous sommes en train de transposer cet accord par la loi et il entrera en vigueur d’ici l’été. C’est l’occasion pour moi de rendre hommage aux partenaires
sociaux et à tous les partenaires sociaux qui ont été exemplaires dans la préparation de cet accord qui, je voudrais le faire remarquer, est le premier accord sur le contrat de travail depuis
presque 40 ans. Ça fait presque quarante ans que les partenaires sociaux n’étaient pas en mesure de se mettre d’accord sur une réforme et une modification du contrat de travail. Ça montre
d’ailleurs que dans notre pays, il y a peut-être des débats politiques parfois assez brutaux mais enfin, il y a derrière des partenaires sociaux et une société française qui travaillent au
consensus et qui cherchent des solutions aux problèmes de notre pays. Alors monsieur ROUBAUD, s’agissant de
l’abrogation du CNE qui avait pu constituer un instrument utile de recrutement dans bon nombre de PME, je pense – je sais que nous ne sommes pas d’accord sur ce sujet mais je vais essayer une
nouvelle fois de vous convaincre – que nous avons adopté la solution sinon la meilleure du moins la plus raisonnable. Le Bureau International du Travail a considéré que le CNE n’était pas
compatible avec le droit international et les partenaires sociaux ont souhaité que tout licenciement repose sur, je cite, l’accord à motif réel et sérieux qui doit être porté à la
connaissance du salarié. Cela imposait que les CNE en cours soient requalifiés en CDI de droit commun parce qu’à défaut, les employeurs n’auraient pas su quelle procédure appliquer et cela
aurait renforcé d’autant l’insécurité juridique que nous voulons absolument éviter. Beaucoup de chefs d’entreprise que je vois me disent qu’ils veulent qu’on simplifie les règles, qu’on
réduise le poids de la fiscalité qui pèse sur les entreprises mais qu’ils veulent surtout de la stabilité dans les règles. Alors je sais bien qu’en l’occurrence, ce n’est pas de la stabilité
dans les règles que l’on introduit en modifiant le contrat de travail, mais en tout cas c’est vous éviter d’aller de procès en procès et de contentieux en contentieux. Notre méthode, celle du
dialogue social, a encore prouvé sa pertinence avec la position commune des partenaires sociaux du 9 avril sur la démocratie sociale. C’est une avancée absolument majeure. Dès juin 2007,
j’avais souhaité que les partenaires sociaux engagent une négociation sur la modernisation de notre démocratie sociale dont on voit bien qu’elle est à bout de souffle avec seulement 5 % de
syndiqués dans le secteur privé. Notre objectif est clair : nous voulons renforcer la place du dialogue social et de la négociation collective, y compris dans les PME, sans exiger
nécessairement d’implantations syndicales.
Nous voulons des partenaires sociaux responsables et légitimes, qui puissent être des acteurs incontestables et incontestés du changement, et nous voulons un
financement du syndicalisme qui soit transparent. La position commune du 9 avril répond à ces objectifs et je souhaite, puisque ça n’est pas encore le cas, que les PME puissent en profiter.
Pour sa part, le gouvernement va maintenant préparer un projet de loi sur la base de ce texte. Il y a énormément de sujets dans notre pays qui devraient être débattus dans l’entreprise, par
le chef d’entreprise avec les partenaires sociaux et qui ne devraient pas faire l’objet de débats nationaux, de débats même parfois dans les branches. Chaque entreprise est différente, chaque
secteur d’activité est différent. Vouloir faire passer tout le monde dans le même moule, c’est une vieille tradition française mais qui n’est plus adaptée à la nécessité de réactivité qui est
aujourd'hui imposée aux chefs d’entreprise. Enfin, il nous faut réformer le troisième pilier de notre marché du travail : c’est la formation professionnelle. Ce système est devenu
largement inefficace et injuste. Il aboutit à cette coexistence surréaliste. D’un côté, un chômage qui reste très élevé et de l’autre, des centaines de milliers d’emplois non pourvus. Il
coûte 25 milliards d’euros mais 60 % des salariés n’y accèdent jamais. Ce système doit être réformé. Nous menons, en liaison étroite avec les collectivités locales et surtout les conseils
régionaux, qui ont une responsabilité déterminante désormais dans ce domaine, des réflexions qui devraient aboutir d’ici la fin du mois de mai, et puis nous passerons ensuite à
l’action.
Toutes ces réformes, mesdames et messieurs, ne peuvent pleinement se déployer que si le moteur de notre économie est parallèlement libéré de ses contraintes. Le
projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté ce matin en conseil des ministres est un élément clé dans le déblocage d’un certain nombre de ses contraintes. C’est un projet
capital. Pour la première fois depuis des années, un gouvernement présente une loi en faveur de la croissance qui ne passe pas par des nouvelles dépenses mais par plus de concurrence, par des
mesures de simplification et de clarification des règles de l’économie. C’est un projet qui mise sur le dynamisme des acteurs économiques plutôt que sur la mise en tutelle des comportements
et le nivellement par le bas. À bien des égards, c’est un changement de modèle que nous vous proposons. Pour mesurer l’importance de ce texte, je veux dire que cette loi de modernisation de
l’économie, c’est 0,3 point de croissance supplémentaire chaque année et un gain de 50 000 emplois. De manière compréhensible, comme toute réforme dans un pays comme le nôtre avec ses
traditions, ce texte suscite certaines craintes. Mais je voudrais vous dire que ce qu’il faut craindre, ce n’est pas le mouvement. Ce qu’il faut craindre, c’est l’immobilisme, c’est le statu
quo, c’est le conservatisme. Mais nous voulons faire jaillir la créativité de notre économie et pour cela, je vous rejoins monsieur le président, il faut plus de liberté et moins
d’administration. Nos voisins d’ailleurs l’ont fait avant nous et chacun peut constater qu’ils ne s’en portent pas plus mal. Depuis plusieurs années, la croissance de notre produit intérieur
brut est inférieure de 0,8 % à la moyenne des pays développés. Pourquoi ce qui marche ailleurs devrait échouer en France ? Moi, je refuse cet état d’esprit et je récuse ce penchant qui
consiste à penser qu’un bon immobilisme vaut mieux qu’une véritable audace. Notre projet de loi doit être lu comme un tout. La réforme de la loi Galland n’a pas de sens sans le renforcement
de la concurrence entre les distributeurs grâce à la réforme de l’urbanisme commercial. La réduction des marges arrière va créer des tensions sur la trésorerie des fournisseurs parce qu’elle
était payée avec délai. Bien la réduction des délais de paiement permettra de le compenser. Cette stimulation de la concurrence suppose des entreprises dynamiques et fortes, le projet de loi
consacre le rôle moteur des entrepreneurs pour créer des richesses et des emplois. Les créations d’emplois sont dans notre pays à un niveau record. Le projet de loi capitalise sur cette
tendance et donne des clés pour qu’elle s’enracine en assurant la croissance des PME. Cette loi concrétise les engagements qui ont été pris, cher Jean-François ROUBAUD, par le président de la
République devant la CGPME à Lyon en décembre dernier et mes propres engagements à Planète PME en octobre. Elle doit permettre d’aider les PME dans toutes les phases de leur développement. Il
faut d’abord, si on veut aider les PME dans toutes les phases de leur développement, faciliter la création. L’article Ier de la loi, ce n’est pas un hasard, consacre le statut de
l’auto-entrepreneur. Bon nombre de personnes qui se mettent dans notre pays, à leur compte, ou qui retraité ou salarié souhaitent développer une activité indépendante annexe, ne peuvent à la
fois se consacrer à ce projet et prendre des risques de trésorerie et de formalisme juridique. L’auto-entrepreneur qui entre dans les seuils micro pourra choisir de payer mensuellement ou
trimestriellement ses charges sociales, mais aussi fiscales, de manière libératoire et sur une base forfaitaire. Elles représenteront 13 % de son chiffre d’affaires pour les activités
commerciales et 23 % pour les activités de services. Ce régime est simple, l’impôt et les cotisations dues seront fonction d’un seul paramètre : le chiffre d’affaires. Il est lisible, il
est prévisible, le prélèvement sera versé pour solde de tous comptes sans aucune régularisation ultérieure. Il est avantageux pour l’auto-entrepreneur. Le taux du prélèvement fiscal et social
sera unique et modéré, les cotisations sociales minimales qui grevaient fortement les revenus des plus petits entrepreneurs disparaissent en cas d’option pour ce régime.
Vous le savez bien, jusqu’à présent ceux qui créaient une entreprise devaient faire face à un choix cornélien entre déduire leurs pertes en exerçant à titre
individuel, et limiter leurs risques en créant une société. Lorsqu’ils choisissaient la seconde option plus sécurisante pour eux, l’État prenait immédiatement sa part des bénéfices en cas de
succès mais ne prenait pas sa part des risques en cas de perte. Désormais, les pertes seront déductibles du revenu personnel pendant les 5 premières années de la création de la société.
L’État assumera donc sa part des risques de la même manière qu’il prélève sa part des bénéfices. Pour faciliter encore davantage le démarrage, l’auto-entrepreneur pourra rendre insaisissable
par une déclaration devant notaire non seulement sa résidence principale mais également son patrimoine immobilier personnel. J’ai demandé à Christine LAGARDE et au Garde des Sceaux Rachida
DATI d’étudier, en vue du débat parlementaire, dans quelle mesure cette logique de séparation des patrimoines professionnel et personnel peut encore être étendue en respectant naturellement
les droits des créanciers. Deuxièmement, nous nous attaquons à tout ce qui freine le développement des PME et en premier lieu, les problèmes de financement. Avec la loi pour le travail,
l’emploi et le pouvoir d’achat, nous avons mis en place un mécanisme de réduction de l’ISF pour les investissements au capital des PME. La Commission européenne vient de reconnaître qu’il ne
s’agissait pas d’une aide d’État, ce qui nous permet de lever la limite des 200 000 euros sur trois ans qui figurait dans la loi. Le décret d’application a été publié au Journal
Officiel, tout est donc désormais en place pour aider les PME à financer leur croissance. Cette autorisation arrive suffisamment tôt pour permettre aux redevables de l’ISF au titre de 2007 de
bénéficier de la mesure et donc aux PME de profiter dès maintenant des financements correspondants. Les courriers nombreux que je reçois sur ce sujet se font l’écho d’un foisonnement de
projets et d’initiatives qui préfigurent un vrai succès de cette mesure. Comme promis, nous prenons aussi à bras le corps le problème des délais de paiement. On en a parlé tout à l'heure dans
les entreprises que j’ai eu l’honneur de visiter. Ils sont chez nous en moyenne – et on a vu que la moyenne ne correspondait pas à grand-chose puisque toutes les entreprises que j’ai vues
étaient nettement au-dessus de la moyenne – mais même en moyenne ils sont chez nous 20 jours plus longs qu’en Allemagne et 30 jours de plus que dans les pays scandinaves. Ce n’est pas
acceptable. Nous voulons qu’ils rejoignent la moyenne européenne d’ici 5 ans et il faut donc légiférer pour les plafonner dans un premier temps à 60 jours. Nous comprenons que cette décision
puisse créer quelques tensions. Christine LAGARDE, Hervé NOVELLI et Luc CHATEL ont mené beaucoup de concertations pour entendre chacun et évaluer les impacts de la loi. C’est vrai qu’en
réalité les systèmes s’organisent autour de la situation telle qu’elle est et certains groupes d’activités, certains secteurs d’activités profitent de ces délais de paiement et peuvent être
mis en difficulté par un changement brutal de législation. Dans le projet de loi, la règle est de 60 jours maximum au 1er janvier 2009 pour tous mais avec une possibilité de dérogation
temporaire pour que les filières puissent s’adapter. Certains nous pressaient d’introduire des seuils ; je pense que ce n’est pas le moment, au moment où on essaye de supprimer les
effets de seuil, qu’il faut en rajouter. Le gouvernement pourra ainsi autoriser des dérogations par voie d’accords interprofessionnels dans les secteurs où des raisons objectives le
justifient, pourvu que l’accord – et c’est fondamental – prévoit une convergence progressive vers les 60 jours avant la fin de l’année 2011.
Parallèlement, j’ai confié une mission à Yvon JACOB pour obtenir la signature d’accords interprofessionnels aboutissant à une réduction plus importante et plus
rapide des délais de paiement, c'est-à-dire en dessous des 60 jours. Un rapport d’étape est attendu pour juin 2008. Dans ce domaine comme dans les autres, je tiens à ce que les
administrations publiques montrent l’exemple et je viens donc de signer le décret abaissant les délais de paiement pour l’État de 45 à 30 jours et je veillerai naturellement à ce qu’il n’y
ait pas dans ce domaine de coups de téléphone pour expliquer qu’il faut attendre avant d’envoyer la facture, comme on me l’a expliqué tout à l'heure. Et nous prêterons donc une attention
toute particulière à la question de la date de départ de ce délai. J’estime que les collectivités locales, messieurs les présidents, devraient pouvoir nous suivre dans cette voie d’autant que
beaucoup de PME travaillent pour elles. Je souhaite donc que Christine LAGARDE et Michèle ALLIOT-MARIE prennent la tâche de leurs représentants pour parvenir à un délai maximum uniforme de 30
jours pour toutes les administrations publiques, État et collectivités locales. Le développement des PME passe aussi par la conquête de nouveaux débouchés. Comme le préconise le rapport
Stoléru, nous allons permettre aux acheteurs publics de traiter de façon préférentielle les PME et de leur réserver une part des marchés publics. C’est un élément de ce que vous avez appelé
tout à l'heure le small business act qui existe dans un certain nombre de pays – au Canada, aux Etats-Unis notamment – et qui nous était refusé au nom des règles de l’équité en matière de
commerce. C’est drôle, il y a des gens qui ont, comme les Etats-Unis et le Canada, qui ont droit à des règles particulières et qu’on refuse aux pays européens au nom des grands principes de
la concurrence. Je pense qu’il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde. S’agissant de l’exportation, les résultats du commerce extérieur français ne sont pas satisfaisants.
Les PME françaises ne sont pas assez présentes à l’export, le gouvernement souhaite donc les épauler pour qu’elles gagnent de nouvelles parts de marché. La loi de modernisation de l’économie
confirme une bonne partie des mesures que nous avons récemment annoncées dans ce domaine. D’abord les garanties financières publiques à l’exportation, comme l’aide aux PME, qui participent à
des salons professionnels seront alignées sur les meilleures pratiques étrangères de façon à ce qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence entre les pays de l’Union. Le réseau des
missions économiques dans les ambassades est en cours de réforme autour d’UBIFRANCE pour les mettre réellement au service des entreprises. Autre frein majeur au développement des PME, je
l’évoquais d’un mot, ce sont les seuils financiers. Là encore, le système est absurde. Nous avons donc décidé de le réformer avec la loi de modernisation, comme nous nous y étions engagés,
les conséquences financières des franchissements des seuils de 10 et de 20 seront gelés pendant trois ans puis lissés ensuite pendant 4 ans. Ainsi, quand une entreprise embauchera son
vingtième salarié, la loi lui permettra d’économiser l’équivalent d’une année de salaire. Nous voulons aussi apporter davantage de souplesse et de sécurité dans le fonctionnement des
sociétés. La loi élargit le champ du rescrit social et l’étend aux entrepreneurs individuels. Le rescrit, c’est vous le savez cette démarche par laquelle l’administration s’engage sur
l’éligibilité d’un projet à un régime fiscal ou à un dispositif d’aide, sans avoir la possibilité ensuite de le remettre en cause. En l’absence de réponse dans un délai de quatre mois,
l’entrepreneur ne pourra désormais ainsi plus voir sa situation remise en cause par les URSAFF ou par le Régime Social des Indépendants. La gestion du rescrit, du crédit impôt recherche dont
vous savez que nous avons multiplié par trois le montant, sera confié à OSEO. Cette réforme accompagne la réforme profonde opérée fin 2007 en matière de crédit impôt recherche. Cette dernière
nous avait permis de remplacer un dispositif qui était beaucoup trop complexe surtout pour les PME en un dispositif très simple dans son principe et représentant un effort structurel massif
puisque nous avons porté le crédit impôt recherche à 50 % de toutes les dépenses de recherche sans distinction l’année de l’entrée dans le dispositif puis ensuite en régime de croisière à 30
%.
La loi de modernisation de l’économie va également simplifier le droit des sociétés applicable aux PME et plus particulièrement les SARL et les sociétés par
actions simplifiées. Celles-ci n’auront plus à recourir à des commissaires aux comptes dans les mêmes limites que les SARL d’aujourd'hui. Je sais naturellement que les commissaires aux
comptes ne sont pas satisfaits de cette mesure mais je pense que c’est une mesure de simplification qui était justifiée. Dans le projet de loi, le dernier aspect de la partie consacrée aux
entrepreneurs concerne la transmission et la reprise d’entreprise. Vous savez qu’on calcule qu’environ 700 000 entreprises vont être cédées dans les dix années à venir. Or, la France
manque d’entreprises de taille intermédiaire ; il est donc indispensable de favoriser les transmissions pour pérenniser et surtout pour développer les entreprises. Après avoir réduit les
droits de succession pour que les Français – et nous y étions très attachés, parce que c’est une question de philosophie, c’est une question de principes pour nous – pour que les Français
puissent transmettre librement le fruit de leur travail à leurs héritiers, nous poursuivons dans cette logique. Les droits de mutation à titre onéreux qui pèsent sur le repreneur seront
abaissés de 5 à 3 % pour les SARL et pour les fonds de commerce, et pour favoriser le capitalisme familial, les transmissions familiales ou les transmissions aux salariés seront exonérées de
droits de mutation sous plafond. Les repreneurs pourront bénéficier d’une réduction d’impôt sur les intérêts de l’emprunt liés à l’acquisition deux fois plus importante qu’auparavant, et ils
n’auront plus à acquérir 50 % pour avoir ce droit mais seulement 25 % du capital. Parlons enfin du volet commerce et concurrence de la loi qui est celui peut-être qui suscite le plus de
débats. Il y a d’abord le sujet de la négociabilité des tarifs et des conditions générales de vente dans la distribution, la dernière réforme de la loi Galland en somme. Il est temps
d’aboutir à une vraie réforme définitive et donc d’arrêter de changer les règles du jeu tous les ans. La loi Galland avait été votée avec un objectif qui était très louable : faire
cesser la guerre des prix à laquelle se livrait alors la grande distribution et protéger le commerce de proximité et les petits fournisseurs. Et enfin, chacun constate bien qu’au fil des ans
cette loi a révélé plus d’effets négatifs que d’effets positifs. Avec la négociabilité, nous revenons à la réalité économique et vous savez, c’est toujours un beau repère que de mettre en
place des réglementations qui sont liées aux réalités économiques. La négociabilité va définitivement enrayer le mécanisme pervers de surenchère permanente. Cette surenchère absurde entre
d’un côté des industriels qui augmentent leurs tarifs pour anticiper les hausses des marges arrière réclamées par les distributeurs et de l’autre, des distributeurs qui augmentent les marges
arrière pour répondre à la hausse des tarifs imposée par les industriels. Le résultat, vous le connaissez : ce sont des prix qui pour certains produits sont de 15 à 20 % supérieurs dans
notre pays par rapport à ceux pratiqués dans les autres pays européens.
Il y a dans la liste des produits concernés, COCA COLA – NUTELLA…, qui valent 20 % de plus en France qu’en Allemagne. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi il y a
cette différence si ce n’est parce qu’il y a des règles en matière de négociabilité qui ont abouti à des résultats absurdes. Alors c’est vrai, monsieur ROUBAUD, que toute remise en cause d’un
dispositif existant soulève des interrogations mais souvenez-vous des craintes exprimées lors de la première étape de la réforme en 2005 avec la loi Dutreil. C’était exactement les mêmes
qu’aujourd'hui et pourtant aujourd'hui, la part des PME dans les linéaires de la grande distribution a augmenté. Notre système actuel – je voudrais vous faire réfléchir sur ce point – n’a
aucun équivalent en Europe. Vous, entrepreneurs, vous savez bien que la France et ses entreprises n’en peuvent plus de ces réglementations pavées de bonnes intentions qui finissent au bout du
compte par nuire à l’activité économique. Alors Christine LAGARDE et Luc CHATEL poursuivent de larges consultations afin de recueillir les réactions et les propositions de toutes les parties
prenantes mais je crois que notre projet est équilibré. Il ne remet pas en cause l’interdiction de revente à perte. Le système de sanction est renforcé, les règles du jeu sont clarifiées, le
dispositif existant pour les produits agricoles est maintenu. Nous mettons fin à la facturologie qui est consommatrice de temps et qui est source de contentieux sans fin. Mais on ne peut pas
faire cette réforme sans engager en même temps la réforme de l’urbanisme commercial parce que si on met en place la négociabilité sans introduire un petit peu plus de concurrence chez les
distributeurs eux-mêmes, alors on aura des résultats déséquilibrés puisque notre système d’urbanisme commercial a conduit à une concentration de la grande distribution dans notre pays. Voilà,
c’est comme ça. Il y a cinq enseignes qui se partagent le territoire, qui se sont très bien organisées et qui vont chercher leurs bénéfices non pas leurs résultats – qui font leur travail
d’expansion et de recherche de résultats supplémentaires à l’extérieur, à l’exportation, là où les règles sont beaucoup plus faciles et qui sont installées en France sur une position qui
n’est pas une position concurrentielle normale. Là encore les lois Raffarin et Royer avaient un objectif louable. Il s’agissait d’encadrer l’implantation des grandes surfaces pour préserver
les commerces de proximité. Mais qui peut dire que le résultat est satisfaisant ? Des barrières artificielles à l’entrée, une concentration élevée dans ce secteur, un commerce de
proximité qui n’a pas tiré son épingle du jeu et au final un impact défavorable sur les prix. Est-ce qu’il faut
supprimer complètement ces lois ? C’est ce que nous propose la commission Attali, le conseil de la concurrence ou encore la commission européenne. Nous avons opté pour une voie plus
raisonnable. Nous ne voulons pas abolir toute réglementation de l’urbanisme commercial mais rééquilibrer les différentes formes de commerce et porter plus d’attention à l’insertion dans
l’environnement des projets et plus largement au respect du développement durable. Parce que quand on regarde le résultat, franchement ce n’est pas exceptionnel ce qu’on a fait. On a le petit
commerce qui est en crise – tout le monde le voit. On a les entrées de villes parmi les plus catastrophiques de tous les grands pays européens, en tout cas du Nord ; et on a les hard
discounters qui se sont, à cause de la réglementation, plutôt installés en centre ville qu’à la périphérie. Si on peut considérer que c’est un résultat formidable, alors naturellement il faut
continuer comme cela, mais je ne crois pas que ce soit un résultat qui soit à la hauteur de nos espérances. Nous instaurons davantage de concurrence entre les grandes enseignes en adoptant –
en abandonnant la règle malthusienne selon laquelle tout projet qui aboutit à dépasser la moyenne régionale de la densité commerciale est nécessairement inopportune et nous renforçons nos
dispositifs de soutien au commerce de proximité. Ce dernier occupe une place centrale dans notre économie et donc dans l’animation de nos centres villes et des communes rurales. Il répond à
une demande grandissante des Français parce qu’il y a du service. Nous avons donc décidé de renforcer le fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce. Son enveloppe
annuelle va passer de 80 à 100 millions d’euros. Il s’agit de conforter le commerce sédentaire et non sédentaire, notamment en milieu rural, dans les halles, dans les marchés ainsi que dans
les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Et le commerce de proximité bénéficiera aussi de l’évolution de la taxe d’aide au commerce et à l’artisanat qui sera réduite pour les
plus petits redevables et augmentée pour les très grandes surfaces, les centres commerciaux et les chaînes de succursales.
Voilà mesdames et messieurs, avec ce projet de loi nous parions sur vous, nous parions sur votre
énergie, sur votre créativité, sur votre courage. Il est temps je crois de sortir des recettes du passé, de revoir tous ces dispositifs fossilisés qu’on s’est trop longtemps contenté de
rafistoler à la marge et il nous faut aussi diffuser les innovations qui feront l’économie de demain. C’est ce que nous faisons dans cette loi avec son troisième volet qui est le volet de
l’économie numérique. Avec l’arrivée du très haut débit, une véritable révolution numérique s’amorce. Il y a là un défi passionnant et des opportunités très importantes à saisir. On estime
qu’encore un petit peu d’efforts sur l’équipement et sur la concurrence dans ce secteur est porteur de plusieurs points de croissance supplémentaires. Nous avons confié à Éric BESSON la mission
de contribuer au développement de l’économie numérique. Il va dans les prochaines semaines préparer un plan de développement à échéance de 2012. D’ores et déjà, des dispositions essentielles
figurent dans le projet de loi qu’Éric BESSON aura l’occasion sous l’autorité de Christine LAGARDE de défendre. Il s’agit notamment de définir les règles du jeu entre les opérateurs, règles du
jeu essentielles pour assurer un développement rapide de la fibre optique. Les applications potentielles sont immenses en terme de service très grand public. La France avait beaucoup de retard
tant qu’elle était en situation de monopole. Le jour où on a fait sauter le monopole des télécommunications, la France a rattrapé son retard et aujourd'hui nous sommes un des premiers pays
européens par exemple pour la pénétration du haut débit. Il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers, il faut continuer la marche en avant et veiller à ce que nous soyons de nouveau parmi les
premiers européens pour le très haut débit. Je termine enfin par un mot sur l’Europe. Vous savez que dans deux mois, la France aura la lourde charge d’assumer la présidence de l’Union
européenne. La France demandait depuis longtemps que les PME soient mieux considérées en Europe. Nous avons obtenu qu’un plan européen d’action pour les PME voit le jour à Bruxelles. Certains
appellent ça un small business act européen. Le commissaire chargé des entreprises est totalement impliqué dans ce projet et il devrait communiquer à ce sujet fin juin, juste avant la
présidence française de l’Union européenne. Je vais vous dire que mon gouvernement est et restera très impliqué sur ce sujet pour que l’Europe vienne à l’appui des PME françaises comme des PME
de l’ensemble du territoire européen pour leur donner des conditions de développement, des conditions de croissance qui soient les meilleures possibles.
Voilà mesdames et messieurs ce que je voulais vous dire ici en Côte d’Or à l’occasion de la mise en
chantier de cette loi de modernisation de l’économie. Le débat s’ouvrira dans quelques semaines au Parlement. Je compte sur les entrepreneurs pour soutenir le mouvement, pour soutenir
l’innovation, pour soutenir la réforme. Vous savez, on ne peut pas appeler la réforme pour les autres et ne jamais la vouloir pour soi et c’est bien une caractéristique de notre pays que de
souhaiter en même temps qu’on aille plus vite dans les réformes mais surtout pas dans les réformes qui concernent telle ou telle catégorie de nos concitoyens. On a besoin d’un effort global de
réforme. Les industriels, les chefs d’entreprise, les responsables de petites entreprises que vous êtes ont besoin de nouveaux instruments pour réussir leur développement. Bien nous essayons
avec la loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, avec la loi de modernisation de l’économie aujourd'hui, de vous les donner. À vous de vous en saisir et de nous aider à rénover notre
pays.
http://www.blog-fillon.com/article-19179741.htmlMaison de Solenn2008-04-30T16:35:26Z2008-04-30T15:26:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Maison-de-Solenn/MEND0019-copie.jpg" />
François FILLON s'est rendu ce 23 avril à la Maison de Solenn, lieu consacré aux adolescents en souffrance. Pour la première fois dans la capitale, une structure
hospitalière s'ouvre exclusivement aux problèmes médicaux de l'adolescence - troubles alimentaires, dépression, handicap - et à leur accompagnement.
Située boulevard de Port-Royal, face à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, la Maison de Solenn dépend de l'hôpital Cochin. Inspirée par l'expérience du Professeur
Marcel RUFO, elle a été construite grâce à la générosité de nombreux donateurs. Parmi eux, la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Madame Bernadette CHIRAC, qui a parrainé son
opération "Pièces jaunes", accueille le Premier ministre à la porte du bâtiment.
Aujourd'hui, 900 000 jeunes présentent des souffrances psychiques, soit 15% des adolescents français. Beaucoup d'entre eux ne peuvent pas ou n'osent pas
faire appel à un médecin. Le chef du gouvernement s'engage à ce que d'ici 2010, des structures comparables à celle-ci soient ouvertes dans tous les départements. Elles seront appuyées
par des équipes mobiles.
La Maison de Solenn porte le prénom de la fille du journaliste Patrick POIVRE d'ARVOR, morte à l'âge de 19 ans. Elle a été conçue par les architectes Jean-Marc IBOS et Myrto VITART comme un
lieu lumineux, ouvrant largement ses deux "bras" et ses baies vitrées sur l'extérieur.
Avec Madame CHIRAC, le Premier ministre parcourt les ateliers dans lesquels les adolescents apprennent à retrouver l'estime et une meilleure image d'eux-mêmes - ici, le
maquillage.
Selon François FILLON, la santé des jeunes est un indice important de la santé des sociétés. Aider les jeunes est une tâche complexe qui passe par des réponses médicales, par la
prévention des comportements à risque, mais aussi par une large responsabilisation. La charte de bonne conduite sur l'image du corps signée avec les professionnels de la mode et la
proposition de loi pour lutter contre l'incitation à l'anorexie s'inscrivent dans cette démarche.
La table ronde qui réunit le Premier ministre et les adolescents autour du micro est un moment de liberté.
- Quand vous étiez jeune, vous rêviez de faire quel métier ? demande une jeune fille.
- Adolescent, j'ai rêvé d'être pilote de course; mais ça commence à être un peu tard pour me reconvertir, répond le Premier ministre. Depuis trente ans, je fais de la
politique et je vais continuer à le faire.
- Est-ce que votre métier vous laisse assez de temps pour vous occuper de vos enfants ? interroge Kevin.
- Quand j'étais jeune député, au début de ma carrière, c'est vrai que je ne me suis pas assez occupé d'eux. Ils me l'ont reproché. Depuis que je suis Premier ministre, il
ne se passe plus une journée sans que je les voie.
http://www.blog-fillon.com/article-19140992.htmlInterview donnée au Journal du Dimanche2008-04-29T10:05:36Z2008-04-29T09:57:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html
Voici le texte intégral de l'entretien du Premier ministre avec Virginie LEGUAY, publié dans le Journal du Dimanche
Vous réclamiez une feuille de route. L'avez-vous aujourd'hui?
La feuille de route, je la connais. L'intervention du Président répondait plus à une demande des Français. La réforme bouscule: les interrogations sont nombreuses, des tensions se manifestent. Il
était nécessaire de redonner le cap. Le président de la République l'a fait simplement, avec franchise. Sans rien cacher aux Français des difficultés rencontrées.
Pour expliquer ses difficultés, Nicolas Sarkozy a invoqué le contexte international: crise des subprimes, baisse du dollar, prix du pétrole... Tous les pays européens sont logés à la même
enseigne: certains ont des meilleurs résultats que la France...
La France a pris du retard. Depuis vingt ans, notre pays hésite à entrer dans le 21e siècle. Il s'est accroché à une époque bénie où les grandes puissances se partageaient la production des
richesses du monde et a fait pendant trop longtemps comme si cette situation devait durer toujours. Si nous voulons rattraper ce retard, nous devons faire vite. Ce qui se joue en ce moment
dépasse largement la popularité de Nicolas Sarkozy, la mienne ou celle de la majorité. Il s'agit de savoir si la France est capable de se redresser ou si elle va s'orienter de façon durable vers
le déclin. Et il y a un an, nous avons fait un choix: celui de faire toutes les réformes en même temps pour relancer notre pays.
"Toutes les réformes en même temps". Un choix critiqué jusque dans votre camp. Trop de réformes tuent la réforme disent certains. Hervé de Charrette a accusé Nicolas Sarkozy de rendre la
"réforme haïssable".
La France n'a pas de temps à perdre. Ceux qui appellent à moins de réformes, sont souvent ceux qui n'en n'ont jamais fait. Et pour lesquels la réforme acceptable est une réforme d'apparence. Une
réforme superficielle, sans effet. Quand je vois ce qui a été fait, ou plutôt ce qui n'a pas été fait, depuis vingt-cinq ans, je me demande qui est vraiment en mesure de nous donner des leçons en
matière de réforme.
Les Français doutent de la méthode suivie. D'autant qu'ils ne constatent aucune amélioration de leur niveau de vie...
Que les Français soient préoccupés, inquiets, critiques à l'égard des réformes, je l'entends. Mais tous peuvent comprendre que les réformes lancées il y a un mois, trois mois, six mois ne peuvent
déjà avoir des résultats. Pour les heures supplémentaires, par exemple, la feuille de paye augmente dès maintenant, mais la feuille d'impôt baissera l'année prochaine, lorsque les Français
payeront leurs impôts.
Vous évoquez le bouclier fiscal: un "cadeau fait aux riches" disent les Français...
Mettre en place un bouclier fiscal, c'est reconnaître qu'on ne doit pas travailler plus de la moitié de son temps pour l'Etat. Ecraser de fiscalité les Français qui réussissent, c'est les
encourager à se délocaliser. On ne peut pas rester les bras croisés face aux Français qui quittent chaque année notre pays pour s'installer en Grande-Bretagne ou en Belgique. Il faut avoir le
courage de prendre les bonnes mesures, même si elles ne sont pas comprises sur le moment. Le bouclier fiscal ne représente que 220 millions d'euros et la gauche qui avance le chiffre de 15
milliards d'euros par an est d'une absolue mauvaise foi. C'est une escroquerie. Ces 15 milliards d'euros sont, en réalité, essentiellement destinés aux Français modestes et aux classes moyennes,
à travers les heures supplémentaires, les réductions d'intérêts d'emprunts pour l'acquisition d'un logement et la quasi-suppression des droits de succession.
A propos de ce bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a évoqué des "erreurs de communication". En prenez-vous votre part?
J'assume ma part d'erreur! Je regrette notamment de ne pas avoir été, à l'époque, plus offensif face à une gauche qui travestissait la vérité avec des chiffres et des arguments archi faux. Nous
aurions dû combattre ce discours mensonger et irresponsable avec plus de fermeté. J'ai pensé qu'il était tellement éloigné de la réalité qu'il ne prendrait pas dans l'opinion publique. J'ai eu
tort.
Coupant court aux rumeurs de mésentente, Nicolas Sarkozy a parlé de vous comme d'un "bon premier ministre" avec lequel il dit travailler "la main dans la main". Un service
minimum?
Nous vivons une situation étrange où quand le Président a des paroles aimables à l'égard de son premier ministre, c'est insuffisant, et quand il n'en a pas c'est que notre relation est difficile.
Nous avons, avec Nicolas Sarkozy, une relation confiante, ancienne, qui résiste à la gravité de sa charge et aux exigences de ma fonction. Le Président me connaît assez pour savoir que je suis
fidèle, loyal, sans être courtisan. Qu'il y ait eu, entre nous, des moments de tension compte tenu de la charge de travail qui est la nôtre, c'est normal. Qu'il y ait eu des débats préalablement
à l'élaboration de positions communes, là aussi, c'est normal.
Nombreux pourtant sont les ministres qui disent que les arbitrages se font dorénavant à l'Elysée au détriment de Matignon.
L'équilibre entre l'Elysée et Matignon correspond au couple que nous formons avec Nicolas Sarkozy. Le Général de Gaulle centralisait beaucoup. Valéry Giscard d'Estaing envoyait de nombreuses
lettres de mission à son premier ministre. Il n'y a rien de nouveau dans la situation actuelle. Des réunions ont lieu à l'Elysée durant lesquelles s'élabore la ligne gouvernementale. Ensuite
Matignon fait son travail d'arbitrage, assure la cohérence budgétaire. C'est un partage du travail normal entre un Président de la République investi par les Français, qui assume pleinement ses
responsabilités, et un premier ministre à qui il revient d'assurer le fonctionnement quotidien de la machine gouvernementale.
De nombreux couacs gouvernementaux sont intervenus ces deniers mois. Un manque de cohérence entre l'Elysée et Matignon?
Ces "couacs" sont pour l'essentiel des couacs de faible importance quand on pense, par exemple, à ce qui se passait avec la majorité plurielle de Lionel Jospin. Ce qui a pu toutefois poser
problème, c'est leur répétition. Avec le président de la République nous l'avons dit de façon vigoureuse aux ministres concernés. Ces couacs sont aussi dus au fait que nous faisons beaucoup de
réformes à un train rapide. La rapidité d'exécution conduit parfois à faire des erreurs. Je préfère qu'il y ait quelques erreurs mais qu'on ne freine pas l'exécution des réformes.
Ces incidents rendent parfois la politique gouvernementale illisible: la carte de famille nombreuse et la réforme des allocations familiales...
La carte SNCF a donné lieu à une mauvaise appréciation de ma part. Il y a eu une erreur. Je l'assume. Elle a été corrigée. Le processus de décision a, sans doute, été trop précipité. En revanche
je nie tout couac à propos des allocations familiales. La réorganisation des allocations familiales est une réforme annoncée par le Président, et validée par le Parlement en octobre dernier. Elle
consiste à donner plus aux enfants à partir de 14 ans et plus à la petite enfance. Sans faire la moindre économie sur les sommes versées aux familles.
Des couacs sur le fond et sur la forme. Rama Yade ou Nathalie Kosiusko-Morizet auraient dues être "sanctionnées" a reconnu Nicolas Sarkozy. N'était-ce pas votre rôle?
C'est une décision qui se prend d'un commun accord avec le président de la République. J'ai demandé à Nathalie Kosiusko-Morizet de faire des excuses. Ce qu'elle a fait. C'était un avertissement.
L'affaire est close. Comme l'a indiqué le Président, chacun sait qu'à l'avenir, après les avertissements, les sanctions seront lourdes, même si un gouvernement n'est pas une armée de godillots
mais des hommes et des femmes choisis en raison de leurs convictions.
Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation du RSA en 2009. Une mesure que vous jugiez trop coûteuse...
Cette mesure figurait dans notre programme. J'en suis un ardent défenseur. Mais parce que la France est un des pays qui a les dépenses sociales les plus élevées au monde, il n'est pas question
d'augmenter leur volume. Le dispositif imaginé par Martin Hirsch permettra de reconcentrer les politiques sociales comme le RMI ou la Prime pour l'emploi.
La redistribution de cette prime pour financer le RSA ne va t-elle pas déshabiller les plus modestes pour habiller les plus pauvres?
La prime pour l'emploi (PPE) bénéficie aujourd'hui à près de 9 millions de Français. Son effet est souvent faible du fait de sa dispersion. Nous souhaitons qu'elle soit reconcentrée sur ceux qui
en on le plus besoin.
Combien de personnes pourraient toucher le RSA en 2009, et à combien estimez-vous le coût final de cette réforme?
Entre trois et quatre millions de personnes sont concernées par cette mesure dont le coût total n'est pas encore complètement évalué. Mais c'est une opération très lourde.
Des régularisations de travailleurs sans papiers sont en cours. Combien pourraient avoir lieu?
Quelques centaines, pas plus. Nous sommes totalement opposés aux régularisations massives. Le président de la République a eu raison de dénoncer l'hypocrisie de certains chefs d'entreprise qui
recrutent des clandestins pour, ensuite, demander leur régularisation. Le chef d'entreprise se doit de respecter la loi. Comme n'importe quel Français. Quand il recrute un salarié, il doit
vérifier s'il est en règle. Régulariser tous les salariés en situation illégale serait une incitation à les recruter plutôt que d'embaucher ceux qui ont des papiers. Ce serait la négation de
toutes les lois de notre pays.
La manifestation des fonctionnaires et des enseignants annoncée le 15 Mai vous inquiète-t-elle?
L'avenir de l'Etat passe par le retour à l'équilibre des comptes publics. La réduction des effectifs de la fonction publique est une nécessité absolue, incontournable, quels que soient les
discours démagogiques de l'opposition. Un Etat qui cède à la première pression venue est un Etat qui ne se respecte pas.
Êtes-vous aujourd'hui un premier ministre heureux?
Pour la première fois depuis vingt ans, un Président et sa majorité vont tenir leurs engagements même si c'est difficile. Je ne sais pas si je suis heureux, ce mot ne s'adapte pas à la fonction
que j'occupe, mais je suis fier de servir notre pays.
http://www.blog-fillon.com/article-18933847.htmlMort de Germaine TILLION2008-04-21T17:05:33Z2008-04-21T16:41:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html
Le Premier ministre a exprimé dès samedi son émotion à l'annonce de la mort de Germaine TILLION, ethnologue, déportée et résistante.
Il a rendu hommage au parcours lumineux et courageux de cette femme qui n'avait jamais renoncé à aucune de ses valeurs.
Germaine TILLION était l'une des cinq femmes françaises élevées au rang de Grand-Croix de la Légion d'honneur. Le 21 janvier 2005, François FILLON, alors ministre de l'Education nationale, avait
eu le privilège de s'adresser à Germaine TILLION, en inaugurant à Saint-Mandé l'école maternelle qui porte désormais son nom et celui de sa mère, Emilie :
"Votre personnalité comme votre trajectoire personnifient le sens de l'indépendance intellectuelle et le pouvoir libérateur du savoir et de l'étude. (...) L'histoire, il y a soixante ans,
accumulait contre toute raison les cruautés les plus atroces. Grâce à vous, Madame TILLION, grâce à celles et ceux qui, à votre image, se dressèrent pour l'honneur de la France et des hommes, des
enfants libres peuvent aujourd'hui, à Saint-Mandé, comme partout sur notre territoire, vivre, apprendre, grandir en paix."
(texte complet du discours)
http://www.blog-fillon.com/article-18932249.htmlLe Japon en images - Deuxième jour2008-04-21T16:30:33Z2008-04-21T15:46:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Japon-10-13-avril/MEND6276Dmendi.jpg" />
La seconde journée du Premier ministre au Japon commence par un vol d'une heure vers l'aéroport de Misawa, au nord du Japon. De là, la délégation française rejoint
le site nucléaire de Rokkasho Mura. L'usine de retraitement de Rokkasho Mura, construite conjointement par le Français AREVA et par le Japonais JFNL, est des chantiers industriels les plus
importants du pays. Des équipes japonaises sont venues se former à La Hague avant sa mise en exploitation. L'adoption de certaines techniques françaises par des pays comme le Japon conforte nos
propres choix : une filière nucléaire complète permet de sécuriser en partie nos sources d'énergie, tout en diminuant l'émission des gaz à effet de serre. C'est le sens des discours de François
FILLON et de M. Akira AMARI, ministre japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie.
Tout aussi encourageante est la coopération européano-japonaise autour du projet ITER. François FILLON visite rapidement le site d'un futur centre scientifique, qui accompagnera le développement
du réacteur installé en France.
Il est déjà 15h30 quand le chef du gouvernement retrouve Tokyo. Une voiture le conduit au quai de Wakasu, où se trouve un bâtiment de projection français, le Mistral.
François FILLON est accueilli à bord par le capitaine de frégate Gilles HUMEAU. Les honneurs militaires lui sont rendus.
Sitôt installé dans l'immense entrepont, derrière le pupitre qui lui est destiné, le Premier ministre a la joie de pouvoir féliciter la marine française pour
les excellentes nouvelles qu'il vient de recevoir : les otages du voilier Le Ponant, retenus par des pirates au large de la Somalie, ont été libérés. L'intervention de la marine a
permis l'arrestation de plusieurs des coupables. Le Premier ministre peut désormais s'adresser à la communauté française avec l'esprit plus libre. Dans son discours, François FILLON salue avec chaleur les officiers du bord et tous les Français présents. Il souligne notamment le talent de la communauté française pour investir et pénétrer le
marché japonais, très fermé.
Avec 8 000 résidents, les Français forment au Japon une communauté nombreuse, la plus forte des pays européens après la communauté britannique.
Il est 17h30 quand François FILLON quitte le Mistral en traversant le pont porte-hélicoptère. L'A340 qui doit le ramener à Paris attend sur la piste de
Toky-Haneda. Réaffirmation du partenariat franco-japonais, renforcement de sa dimension stratégique, les buts du voyage sont atteints.
http://www.blog-fillon.com/article-18846795.htmlL'urgence de la réforme de l'Etat2008-04-18T22:09:17Z2008-04-18T13:41:00ZYMhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.htmlFrançois Fillon a participé, hier matin à l'Assemblée nationale, à un débat sans vote sur la révision
générale des politiques publiques (RGPP).
Dans son intervention, il a insisté sur quatre aspects (texte complet ici).
Premièrement, la réforme de l'Etat est une urgence absolue, une tâche trop longtemps retardée : « croit-on que l'Etat peut encore être efficace avec une dette publique qui croît sans cesse ?
Pense-t-on que l'Etat pourra aider ceux qui en ont vraiment besoin en cumulant pendant encore des décennies des déficits ? ».
Deuxièmement, ces dernières décennies tous les grands pays développés ont réalisé des réformes plus ambitieuses qu'en France. « Tous les pays qui ont su vaincre le chômage ont parallèlement diminué
le poids de leur dépense publique. (...) En France, nos dépenses publiques ont connu une évolution exactement inverse : en 25 ans, elles sont passées de 44% à 54% du PIB. (...) Tous les pays qui se
sont réformés ont parallèlement modernisé et resserré leur fonction publique. (...) En France, l'Etat a aujourd'hui 300 000 fonctionnaires de plus qu'au début des années 1980, cela malgré
l'informatisation massive de nos administrations, et malgré la décentralisation ».
Troisièmement, avec la révision générale des politiques publiques, la France se donne enfin les moyens de mener sa réforme de l'Etat efficacement, dans la concertation et avec détermination. Les
premières décisions adoptées en décembre 2007 et le 4 avril dernier « font bouger les lignes. Elles concrétisent un mouvement de réforme tous azimuts. (...) :
L'organisation locale de l'Etat amorce une mutation historique : des administrations multiples et fractionnées vont être regroupées en pôles cohérents par grandes missions. Le travail avec les
collectivités locales sera ainsi amélioré, de même que le service aux administrés.
Les administrations centrales sont réorganisées, de nombreuses directions sont rapprochées ou fusionnées. Au ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du
territoire, la quarantaine de directions va être rassemblée en 5 grandes directions générales de métier.
La direction générale des impôts et la direction générale de la comptabilité publique ont été fusionnées avec succès et la nouvelle structure a été inaugurée par le Président de la République le 4
avril dernier.
Le rapprochement de la police et de la gendarmerie va permettre des synergies et une augmentation de notre potentiel opérationnel en faveur de la sécurité de nos concitoyens.
Les armées vont voir leurs fonctions de soutien transformées par une mutualisation des moyens. Nous allons créer de véritables « bases de défense » et les implantations de petite taille seront
fermées dans le cadre d'une discussion approfondie avec les collectivités territoriales concernées. Les économies ainsi dégagées seront réinvesties sur le fonctionnement et les équipements de nos
forces armées.
La diplomatie va être réorganisée pour lui permettre de mieux assurer ses missions et d'adapter ses moyens aux nouvelles priorités stratégiques et géographiques.
La gestion du parc de logements sociaux va être modernisée et adaptée aux besoins de nos concitoyens.
Notre politique du logement va être modernisée pour mieux financer ses priorités.
Notre politique d'aide aux entreprises, tout comme notre politique de l'emploi et de la formation professionnelle seront adaptées pour concentrer nos efforts sur ceux qui en ont réellement
besoin.
Les fonctions de gestion de l'Etat comme la paye, l'immobilier, les pensions, les achats, sont profondément réorganisées et modernisées.
Des procédures inutiles, des doublons, des structures inefficaces sont supprimés. Partout, nous simplifions, nous adaptons, nous recentrons l'Etat sur ses missions prioritaires et nous le rendons
plus accessible et plus proche des citoyens ».
Quatrièmement, le Premier ministre a rappelé que, dans tous les grands pays développés, les réformes ont toujours été menées dans un relatif consensus politique trans-partisan. Il a déploré
l'attitude de l'opposition française qui caricature la réforme (« Certains sautent sur leur chaise comme des cabris en criant « la rigueur, la rigueur ! » »), qui se contredit en oubliant ce
qu'elle a fait par le passé, et qui ne propose aucune alternative crédible.
Enfin, François Fillon a conclu en appelant à sortir de la « tyrannie du statu quo » : « Réformer l'Etat, ce n'est pas une aventure technocratique : c'est une mission historique. C'est transformer
le modèle français pour le prolonger. C'est surmonter nos habitudes et nos corporatismes. Réinventer l'Etat, c'est nous réinventer collectivement ».http://www.blog-fillon.com/article-18822986.htmlLe Japon en images - Premier jour2008-04-17T19:23:45Z2008-04-17T16:54:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Japon-10-13-avril/MEND5307Dmendi.jpg" />
Le voyage du Premier ministre à Tokyo (10-13 avril) marque un nouveau temps fort de la relation franco-japonaise.
Accueilli à l'aéroport d'Haneda par l'ambassadeur de France, M. Philippe FAURE, et par l'ambassadeur du Japon à Paris, S.E. M. Yutaka IIMURA, François FILLON rejoint
dans la soirée du jeudi son hôtel situé dans le quartier de Roppongi.
La première visite du vendredi sera consacrée à l'audience de Sa Majesté l'empereur Akihito. Le Premier ministre gagne ensuite le Kantei, l'Hôtel Matignon japonais.
Un entretien est prévu avec son homologue, M. Yasuo FUKUDA (face au Premier ministre sur l'image)
Mme Valérie PECRESSE, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Mme Anne-Marie IDRAC, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, assistent aux
échanges, qui sont suivis d'une déclaration commune à la presse, et au déjeuner de travail, ouvert à plusieurs grands représentants des entreprises françaises.
Tous les participants accompagnent ensuite François FILLON au KAIDANREN, le patronat japonais. Après s'être entretenu avec son
président, M. MITARAI, le chef du gouvernement prononce un discours consacré à la relance des relations économiques
franco-japonaises. François FILLON déplore que celles-ci n'atteignent pas la qualité de nos excellentes relations politiques. Le Premier ministre regrette en
particulier la fermeture des marchés japonais. Il rappelle que les réformes en cours font de la France, plus que jamais, un partenaire de choix pour le Japon, deuxième économie
mondiale.
"Le Japon et la France sont deux grandes puissances industrielles qui souhaitent se donner les moyens de rester compétitives dans une économie globalisée"
Le Premier ministre répond aux questions de la salle, puis à une interview de la chaîne de télévision nationale NHK. Il est 16h15. L'heure est venue de partir pour
l'immeuble d'AXA Japon, le principal investisseur français dans l'archipel. 300 employés attendent le Premier ministre au pied de la tour.
L'accueil d'Henri de Castries, président d'AXA, se fait au son des tambours traditionnels japonais !
Mais la journée ne fait que commencer; car à la résidence de France, on attend le Premier ministre pour la cérémonie d'ouverture du 150e anniversaire des
relations franco-japonaises.
En présence de M. Philippe FAURE (à dr.), François FILLON échange quelques mots avec le prince Hitachi, frère cadet de l'Empereur.
Il
remet ensuite les insignes de commandeur dans l'Ordre national de la Légion d'honneur à M. Yohei KONO, longtemps ministre des Affaires étrangères du Japon, et
aujourd'hui président de la Chambre des députés.
L'aide de camp du Premier ministre, le commandant Thierry NICOLAS, passe la "cravate" au cou du
récipendiaire.
Les relations entre la France et le Japon ont une grande valeur aux yeux du Premier ministre, qui s'est déjà rendu à de nombreuses reprises dans le pays.
Il assiste avec intérêt à l'ouverture solennelle de la cérémonie d'anniversaire.
M. Ichikawa DANJURO, acteur légendaire du théâtre kabuki, purifie symboliquement l'assemblée des influences mauvaises.
La nuit est déjà tombée quand François FILLON découvre l'EC 135 d'Eurocopter, qui vient de se poser derrière la résidence. Cet exemplaire exceptionnel,
entièrement équipé par Hermès, est une démonstration couplée des compétences françaises dans les domaines de l'aéronautique et du luxe.
L'aéronautique reste à l'honneur, avec la signature d'un contrat entre Arianespace, représenté par son président, M. LE GALL (à côté de Mme Valérie
PECRESSE) et le groupe japonais de télédiffusion B.SAT.
Une demi-heure est alors réservée à la presse française, avant que le Premier ministre ne profite d'un peu de repos.
http://www.blog-fillon.com/article-18795485.htmlBicentenaire des consistoires israélites2008-04-17T15:48:04Z2008-04-16T18:04:00ZJDLhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-259341.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/22/12/54/Consistoires/MEND6681Dmendi.jpg" />
Depuis 1807, les consistoires israélites organisent la vie de la communauté juive en France. Leur bicentenaire est l’occasion d’un événement exceptionnel. Pour la
première fois, ce mardi 15 avril, un chef de gouvernement français va prendre la parole dans la grande synagogue de la rue de la Victoire. (Lien vers le discours complet). François FILLON est accueilli par les principaux représentants de la communauté, et revêt la kippa. Puis il traverse la foule pour gagner les bancs où sont déjà assis les
représentants des églises chrétiennes, Dalil BOUBAKER, recteur de la Grande Mosquée de Paris, l’ambassadeur d’Israël, ainsi que les ministres Xavier DARCOS et Roger KAROUTCHI.
Après une allocution du président du Consistoire de Paris, Monsieur Joël MERGUI, on annonce Monsieur Jean KAHN, président du Consistoire central. Le silence se fait.
Jean KAHN, victime d’un accident de santé, se déplace dans un fauteuil roulant et s’exprime d’une voix sourde.
Mais son autorité morale est intacte. Il rattache la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 aux Dix Commandements, « code moral de l’humanité ».
Il évoque aussi le long processus par lequel la communauté nationale s’est ouverte aux Juifs.
- Par le vote historique de 1791, rappelle à son tour François FILLON, les Juifs français devenaient des citoyens de plein droit, des Français à part entière, sans dépouiller leur immense
héritage spirituel.
La conciliation de la foi avec les devoirs du citoyen se réalise en 1808 dans la création des consistoires par Napoléon Ier :
- Cette décision structure les communautés. Elle donne son unité à la communauté juive sans nier sa diversité régionale.
Les résultats sont là : le consistoire est aujourd’hui la plus vieille institution représentative juive, la communauté juive française la plus nombreuse d’Europe, avec 600 000
personnes. Le Premier ministre en mentionne les grandes figures : entre autres celles d’Adolphe CREMIEUX, de Léon BLUM, d’Emile DURKHEIM, du Grand Rabbin Jacob KAPLAN. Au sujet de ce
dernier, François FILLON souligne le patriotisme inébranlable de la communauté juive :
- Il s’est éprouvé sur les champs de bataille de 14-18, quand tant de soldats et d’officiers juifs sont tombés pour la France. Il n’a jamais fléchi, malgré les préjugés, et malgré les
vexations qu’une partie de la société française lui opposa. Je rends hommage à ces hommes de courage et de foi qui n’ont jamais douté de la République. Je vous rends hommage, à vous qui n’oubliez
pas que la République a restauré les Juifs dans leur pleine dignité de citoyens, et qui continuez à vous reconnaître en elle, dans la confiance et dans l’honneur, malgré les pages les plus
sombres de son histoire !
Le Premier ministre se félicite ensuite du rôle joué par le Consistoire comme représentant de cette communauté et interlocuteur de l’Etat :
- Comment vivre pleinement votre foi – une foi exigeante à bien des égards – dans le respect des lois de la République ? La réponse de la République, hier comme aujourd’hui, tient dans
la laïcité Je vous sais profondément attachés à cette laïcité, dans laquelle vous reconnaissez d’abord un principe protecteur.
Séparation et liberté de culte se répondent dans cette laïcité. Elles supposent le respect et l’écoute mutuelle, poursuit François FILLON, qui cite alors Léon BLUM :
- La Paix n’est pas une œuvre de force mais une œuvre de justice.
A l’égard de la communauté juive, cette justice demande une lutte intransigeante contre tout antisémitisme. Le Premier ministre constate la réduction et la meilleure répression des
délits concernés. Elle passe aussi par une série de questions pratiques : abattage rituel, organisation des examens les jours de fête religieuse, ouverture de carrés confessionnels dans les
cimetières :
- Ces difficultés sont très largement aplanies. Le dialogue entre nous est fructueux, se réjouit François FILLON. Je veux dire aux Juifs de France
qu’ils ont raison d’aimer la République, et de voir en elle le rempart de leurs droits.
Les applaudissements - rares en un tel lieu - éclatent. Ils concluront aussi la prière solennelle pour la France (« Qu’elle conserve son rang glorieux au sein des nations !
Que l’Eternel éclaire ceux qui président aux destinées de l’Etat ! ») ; le discours souriant du Grand Rabbin de Paris, Monsieur David MESSAS, qui compare les rapports de la France
et de la communauté juive à un mariage heureux ; et l’allocution très écoutée du Grand Rabbin de France, Joseph SITRUK :
- Il est trop facile, avertit ce dernier, de ne compter que sur les institutions ! Il faut se demander aussi, de temps en temps : Et moi ?
Qu’est-ce que je fais pour la France ?