Jeudi 12 juin 2008, le Premier ministre était l'invité de l'émission "A Vous de juger", présentée par Arlette Chabot sur France 2. Il a décrit les grands axes de la
politique de réformes du gouvernement (version intégrale ici) et est revenu sur
des questions de fond de notre époque, comme la hausse du prix du pétrole (extrait suivant).
Extrait :
BÉATRICE MADELINE
"(…) le prix du pétrole ce n’est pas un élément intrinsèque à l’économie française mais les Français subissent de plein fouet la hausse des prix à la pompe. On le voit aujourd’hui, le prix des carburants vient devant l’alimentation par exemple dans le budget des ménages. Alors qu’est-ce qu’on fait pour aider les Français aujourd’hui qui ont du mal à remplir leur réservoir et à aller travailler pour certains ? Aujourd’hui, le coût du trajet domicile/travail peut annuler l’intérêt de l’emploi…
FRANÇOIS FILLON
Absolument. D’abord il faut dire qu’on n’est pas devant une crise conjoncturelle qu’on pourrait espérer passagère, on est devant une situation qui va durer avec peut-être des hauts et des bas. Il y a une demande très, très forte qui est liée à la mondialisation, qui est liée à l’émergence de nouvelles économies, et puis il y a une offre de pétrole qui, elle, est stagnante et dont on connaît à peu près la fin.
BÉATRICE MADELINE
Oui, on dit qu’en 2050 il n’y aura plus de pétrole…
FRANÇOIS FILLON
On dit grosso modo qu’il y a 45 ans de réserves avec en tous cas les moyens techniques actuels, il y en a peut-être un peu plus. Mais je voudrais vous faire remarquer une chose c’est que c’est la première fois que des générations qui sont vivantes sont confrontées à la question de la fin du pétrole. C’est-à-dire que j’ai un fils de sept ans, il est certain qu’il verra un monde sans pétrole, ce qui est une grande nouveauté. Donc la première chose qu’il faut faire c’est refuser la démagogie, je pense que la responsabilité d’un homme d’Etat c’est de préparer son pays à cette situation. Ca veut dire premièrement le Grenelle de l’environnement, les économies d’énergie massives, ça veut dire le développement des énergies renouvelables, on s’est fixé un objectif de 20% en 2020, et ça veut dire, et je voudrais insister là-dessus ce soir, le développement de l’énergie nucléaire.
BÉATRICE MADELINE
Donc concrètement on fait quoi ?
FRANÇOIS FILLON
Donc ça veut dire que concrètement nous allons, nous avons déjà décidé de la construction d’un premier EPR, c’est-à-dire un réacteur nucléaire de nouvelle génération qui est en cours de construction, on est en train de réfléchir avec le président de la République et avec le ministre de l’Industrie au lancement de la construction d’un deuxième EPR. Nous voulons que l’énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l’on connaît. Ca c’est pour les réponses structurelles…
BÉATRICE MADELINE
A long terme…
FRANÇOIS FILLON
Ca prend du temps…
BÉATRICE MADELINE
Dans l’immédiat, pour les Français…
FRANÇOIS FILLON
Pour les réponses conjoncturelles, on a pris plusieurs initiatives, d’abord une initiative européenne. La gauche réclame à corps et à cri ce qu’on appelle la TIPP flottante. C’est une mauvaise idée.
ARLETTE CHABOT
François HOLLANDE va sûrement vous en parler tout à l’heure…
FRANÇOIS FILLON
Sûrement, c’est une très mauvaise idée, je luis dis à l’avance. C’est une très mauvaise idée parce que la TIPP flottante ça n’a jamais marché, ça avait coûté à l’époque trois milliards d’euros quand ils l’avaient mis en place les socialistes, ça avait baissé le prix de l’ordre de trois centimes au litre. Et surtout la TIPP étant une taxe sur les volumes de pétrole consommé, comme les volumes diminuent avec l’augmentation des prix c’est une taxe qui baisse, c’est une recette qui baisse. Ce que nous voulons avec le président de la République c’est de pouvoir moduler la TVA qui, elle, augmente au fur et à mesure de l’augmentation du prix du pétrole au-dessus d’un certain niveau. Et nous avons demandé aux Européens puisqu’il faut un accord des Européens d’examiner cette question.
ARLETTE CHABOT
Mais pour l’instant ils vous ont dit non, ils ont dit non dans un premier temps.
FRANÇOIS FILLON
Oui mais c’est toujours comme ça en Europe, c’est-à-dire que la pensée unique c’est toujours non d’abord puis après on discute. Donc on a commencé à discuter, on a eu une longue conversation avec madame MERKEL lundi sur cette question, le président de la République a eu monsieur ZAPATERO aujourd’hui longuement, et nous allons faire ensemble une demande officielle à la Commission pour qu’elle examine…
ARLETTE CHABOT
Quand ?
FRANÇOIS FILLON
Au prochain Conseil qui a lieu dans quelques jours pour qu’elle examine cette question. C’est quand même assez…
ARLETTE CHABOT
Et ça peut aboutir cette fois ?
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr que ça peut aboutir, ça consisterait à donner aux Etats la possibilité au-dessus d’un certain niveau de prix du baril de moduler la TVA. C’est quand même assez simple, je pense, de comprendre même quand on est haut fonctionnaire à Bruxelles que ce n’est pas pareil d’exiger 20% de TVA sur un baril à 40 dollars et sur un baril à 200 dollars, ça n’a pas les mêmes conséquences.
BÉATRICE MADELINE
La modulation pourrait être de combien avec quel impact sur les prix à la pompe ?
FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une discussion qu’il faut qu’on ait avec l’ensemble des Européens, qu’on se mette d’accord sur le seuil de déclenchement de cette modulation, et surtout qu’on laisse ensuite aux Etats la possibilité peut-être d’adapter la modulation en fonction de leur propre situation. Alors maintenant ça encore c’est une réponse, c’est du court, moyen terme.
BÉATRICE MADELINE
C’est une réponse…
ARLETTE CHABOT
Pardonnez-moi, précisément, même s’il y a un accord européen ça s’appliquera quand à peu près ?
FRANÇOIS FILLON
Ca peut s‘appliquer dans plusieurs mois.
ARLETTE CHABOT
Oui, c’est-à-dire genre 2009, 2008 ou 2009 ?
FRANÇOIS FILLON
Ah ça peut s’appliquer s’il y avait un accord européen ça peut s’appliquer très vite mais il faudra quand même plusieurs mois. Et c’est pour ça que nous avons prévu aussi des réponses nationales immédiates, d’abord l’augmentation de l’aide à la cuve pour les personnes…
BÉATRICE MADELINE
Alors la prime à la cuve c’est combien, c’est 150 euros ?
FRANÇOIS FILLON
Elle va être à 200 euros, elle va être portée de 150 à 200 euros, et c’est une prime à la cuve qui est pour environ
700.000 ménages…
BÉATRICE MADELINE
700.000 Français, c’est assez peu…
FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu…
BÉATRICE MADELINE
Par rapport au nombre de gens qui sont pénalisés aujourd’hui par rapport au prix de l’essence…
FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu et en même temps c’est beaucoup, et il n’y a pas de miracle sur ces sujets-là, on ne pourra pas baisser le prix du carburant au moment où le pétrole s’envole. Deuxièmement, on a mis en place un tarif social du gaz qui va entrer en vigueur dans les tout prochains jours et qui…
BÉATRICE MADELINE
Alors là aussi c’est combien, ça concerne combien de personnes ?
ARLETTE CHABOT
Qui ?
FRANÇOIS FILLON
Ca concerne donc les personnes qui sont à la CMU, donc environ à peu près le même nombre de personnes, et ça pourra…
BÉATRICE MADELINE
700.000.
FRANÇOIS FILLON
Et ça pourra monter jusqu’à environ une centaine d’euros. Il y a un tarif social de l’électricité qui a été mis en place. Puis il y a un débat sur le problème des trajets domicile/travail. Il y avait un système qui avait été imaginé par le gouvernement précédent de chèque transport qui ne fonctionne pas…
BÉATRICE MADELINE
Que vous avez abandonné en novembre dernier, auquel vous avez renoncé…
FRANÇOIS FILLON
Non, on ne l’a pas abandonné mais il ne fonctionne pas, il n’y en a jamais eu.
BÉATRICE MADELINE
Il n’a jamais fonctionné…
FRANÇOIS FILLON
Il n’y en a même jamais eu d’imprimé, donc ça veut dire que ça n’a pas été un succès. Alors j’ai regardé pourquoi ça n’a pas été un succès, ça n’a pas été un succès parce que c’était trop compliqué. Donc j’ai décidé qu’on allait remplacer ce chèque transport par une aide directe qui sera sur la feuille de paie du salarié et comme ce sont les entreprises qui financent avec l’aide de l’Eta ce dispositif je demande aux partenaires sociaux ce soir, et je vais leur écrire demain, de se réunir pour décider ensemble puisque c’est leur responsabilité des conditions d’application de cette nouvelle aide et l’Etat naturellement, comme il le faisait ou comme il l’aurait fait pour le chèque transport, apportera sa contribution sous forme d’une aide fiscale.
ARLETTE CHABOT
Donc ça va se discuter dans chaque entreprise pour qu’on comprenne bien ?
FRANÇOIS FILLON
Non…mon idée c’est ce que ça se discute d’abord entre les partenaires sociaux au plan national, qu’ils se mettent d’accord sur un dispositif, qui y a droit, dans quelles conditions, et puis ensuite nous mettrons en place le dispositif. Ce qu’il faut simplement c’est que ce dispositif soit conforme à nos intérêts sur le plan écologique, donc ça veut dire qu’il encourage l’utilisation des transports en commun et que ce ne soit une aide au plein d’essence que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution".
Extrait :
BÉATRICE MADELINE
"(…) le prix du pétrole ce n’est pas un élément intrinsèque à l’économie française mais les Français subissent de plein fouet la hausse des prix à la pompe. On le voit aujourd’hui, le prix des carburants vient devant l’alimentation par exemple dans le budget des ménages. Alors qu’est-ce qu’on fait pour aider les Français aujourd’hui qui ont du mal à remplir leur réservoir et à aller travailler pour certains ? Aujourd’hui, le coût du trajet domicile/travail peut annuler l’intérêt de l’emploi…
FRANÇOIS FILLON
Absolument. D’abord il faut dire qu’on n’est pas devant une crise conjoncturelle qu’on pourrait espérer passagère, on est devant une situation qui va durer avec peut-être des hauts et des bas. Il y a une demande très, très forte qui est liée à la mondialisation, qui est liée à l’émergence de nouvelles économies, et puis il y a une offre de pétrole qui, elle, est stagnante et dont on connaît à peu près la fin.
BÉATRICE MADELINE
Oui, on dit qu’en 2050 il n’y aura plus de pétrole…
FRANÇOIS FILLON
On dit grosso modo qu’il y a 45 ans de réserves avec en tous cas les moyens techniques actuels, il y en a peut-être un peu plus. Mais je voudrais vous faire remarquer une chose c’est que c’est la première fois que des générations qui sont vivantes sont confrontées à la question de la fin du pétrole. C’est-à-dire que j’ai un fils de sept ans, il est certain qu’il verra un monde sans pétrole, ce qui est une grande nouveauté. Donc la première chose qu’il faut faire c’est refuser la démagogie, je pense que la responsabilité d’un homme d’Etat c’est de préparer son pays à cette situation. Ca veut dire premièrement le Grenelle de l’environnement, les économies d’énergie massives, ça veut dire le développement des énergies renouvelables, on s’est fixé un objectif de 20% en 2020, et ça veut dire, et je voudrais insister là-dessus ce soir, le développement de l’énergie nucléaire.
BÉATRICE MADELINE
Donc concrètement on fait quoi ?
FRANÇOIS FILLON
Donc ça veut dire que concrètement nous allons, nous avons déjà décidé de la construction d’un premier EPR, c’est-à-dire un réacteur nucléaire de nouvelle génération qui est en cours de construction, on est en train de réfléchir avec le président de la République et avec le ministre de l’Industrie au lancement de la construction d’un deuxième EPR. Nous voulons que l’énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l’on connaît. Ca c’est pour les réponses structurelles…
BÉATRICE MADELINE
A long terme…
FRANÇOIS FILLON
Ca prend du temps…
BÉATRICE MADELINE
Dans l’immédiat, pour les Français…
FRANÇOIS FILLON
Pour les réponses conjoncturelles, on a pris plusieurs initiatives, d’abord une initiative européenne. La gauche réclame à corps et à cri ce qu’on appelle la TIPP flottante. C’est une mauvaise idée.
ARLETTE CHABOT
François HOLLANDE va sûrement vous en parler tout à l’heure…
FRANÇOIS FILLON
Sûrement, c’est une très mauvaise idée, je luis dis à l’avance. C’est une très mauvaise idée parce que la TIPP flottante ça n’a jamais marché, ça avait coûté à l’époque trois milliards d’euros quand ils l’avaient mis en place les socialistes, ça avait baissé le prix de l’ordre de trois centimes au litre. Et surtout la TIPP étant une taxe sur les volumes de pétrole consommé, comme les volumes diminuent avec l’augmentation des prix c’est une taxe qui baisse, c’est une recette qui baisse. Ce que nous voulons avec le président de la République c’est de pouvoir moduler la TVA qui, elle, augmente au fur et à mesure de l’augmentation du prix du pétrole au-dessus d’un certain niveau. Et nous avons demandé aux Européens puisqu’il faut un accord des Européens d’examiner cette question.
ARLETTE CHABOT
Mais pour l’instant ils vous ont dit non, ils ont dit non dans un premier temps.
FRANÇOIS FILLON
Oui mais c’est toujours comme ça en Europe, c’est-à-dire que la pensée unique c’est toujours non d’abord puis après on discute. Donc on a commencé à discuter, on a eu une longue conversation avec madame MERKEL lundi sur cette question, le président de la République a eu monsieur ZAPATERO aujourd’hui longuement, et nous allons faire ensemble une demande officielle à la Commission pour qu’elle examine…
ARLETTE CHABOT
Quand ?
FRANÇOIS FILLON
Au prochain Conseil qui a lieu dans quelques jours pour qu’elle examine cette question. C’est quand même assez…
ARLETTE CHABOT
Et ça peut aboutir cette fois ?
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr que ça peut aboutir, ça consisterait à donner aux Etats la possibilité au-dessus d’un certain niveau de prix du baril de moduler la TVA. C’est quand même assez simple, je pense, de comprendre même quand on est haut fonctionnaire à Bruxelles que ce n’est pas pareil d’exiger 20% de TVA sur un baril à 40 dollars et sur un baril à 200 dollars, ça n’a pas les mêmes conséquences.
BÉATRICE MADELINE
La modulation pourrait être de combien avec quel impact sur les prix à la pompe ?
FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une discussion qu’il faut qu’on ait avec l’ensemble des Européens, qu’on se mette d’accord sur le seuil de déclenchement de cette modulation, et surtout qu’on laisse ensuite aux Etats la possibilité peut-être d’adapter la modulation en fonction de leur propre situation. Alors maintenant ça encore c’est une réponse, c’est du court, moyen terme.
BÉATRICE MADELINE
C’est une réponse…
ARLETTE CHABOT
Pardonnez-moi, précisément, même s’il y a un accord européen ça s’appliquera quand à peu près ?
FRANÇOIS FILLON
Ca peut s‘appliquer dans plusieurs mois.
ARLETTE CHABOT
Oui, c’est-à-dire genre 2009, 2008 ou 2009 ?
FRANÇOIS FILLON
Ah ça peut s’appliquer s’il y avait un accord européen ça peut s’appliquer très vite mais il faudra quand même plusieurs mois. Et c’est pour ça que nous avons prévu aussi des réponses nationales immédiates, d’abord l’augmentation de l’aide à la cuve pour les personnes…
BÉATRICE MADELINE
Alors la prime à la cuve c’est combien, c’est 150 euros ?
FRANÇOIS FILLON
Elle va être à 200 euros, elle va être portée de 150 à 200 euros, et c’est une prime à la cuve qui est pour environ
700.000 ménages…
BÉATRICE MADELINE
700.000 Français, c’est assez peu…
FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu…
BÉATRICE MADELINE
Par rapport au nombre de gens qui sont pénalisés aujourd’hui par rapport au prix de l’essence…
FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu et en même temps c’est beaucoup, et il n’y a pas de miracle sur ces sujets-là, on ne pourra pas baisser le prix du carburant au moment où le pétrole s’envole. Deuxièmement, on a mis en place un tarif social du gaz qui va entrer en vigueur dans les tout prochains jours et qui…
BÉATRICE MADELINE
Alors là aussi c’est combien, ça concerne combien de personnes ?
ARLETTE CHABOT
Qui ?
FRANÇOIS FILLON
Ca concerne donc les personnes qui sont à la CMU, donc environ à peu près le même nombre de personnes, et ça pourra…
BÉATRICE MADELINE
700.000.
FRANÇOIS FILLON
Et ça pourra monter jusqu’à environ une centaine d’euros. Il y a un tarif social de l’électricité qui a été mis en place. Puis il y a un débat sur le problème des trajets domicile/travail. Il y avait un système qui avait été imaginé par le gouvernement précédent de chèque transport qui ne fonctionne pas…
BÉATRICE MADELINE
Que vous avez abandonné en novembre dernier, auquel vous avez renoncé…
FRANÇOIS FILLON
Non, on ne l’a pas abandonné mais il ne fonctionne pas, il n’y en a jamais eu.
BÉATRICE MADELINE
Il n’a jamais fonctionné…
FRANÇOIS FILLON
Il n’y en a même jamais eu d’imprimé, donc ça veut dire que ça n’a pas été un succès. Alors j’ai regardé pourquoi ça n’a pas été un succès, ça n’a pas été un succès parce que c’était trop compliqué. Donc j’ai décidé qu’on allait remplacer ce chèque transport par une aide directe qui sera sur la feuille de paie du salarié et comme ce sont les entreprises qui financent avec l’aide de l’Eta ce dispositif je demande aux partenaires sociaux ce soir, et je vais leur écrire demain, de se réunir pour décider ensemble puisque c’est leur responsabilité des conditions d’application de cette nouvelle aide et l’Etat naturellement, comme il le faisait ou comme il l’aurait fait pour le chèque transport, apportera sa contribution sous forme d’une aide fiscale.
ARLETTE CHABOT
Donc ça va se discuter dans chaque entreprise pour qu’on comprenne bien ?
FRANÇOIS FILLON
Non…mon idée c’est ce que ça se discute d’abord entre les partenaires sociaux au plan national, qu’ils se mettent d’accord sur un dispositif, qui y a droit, dans quelles conditions, et puis ensuite nous mettrons en place le dispositif. Ce qu’il faut simplement c’est que ce dispositif soit conforme à nos intérêts sur le plan écologique, donc ça veut dire qu’il encourage l’utilisation des transports en commun et que ce ne soit une aide au plein d’essence que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution".
par YM
publié dans :
Actualités politiques
En déplacement à Dijon, François FILLON, accompagné de Madame Christine LAGARDE, de Monsieur Luc CHATEL et de Monsieur Hervé NOVELLI, a visité deux entreprises
locales. Il a ensuite prononcé devant les représentants de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises un discours consacré à la nouvelle loi de modernisation de l'économie.


Monsieur le président du conseil général, mon cher François,
Monsieur le président du conseil régional,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le président départemental de la CGPME,
Monsieur le président national de la CGPME, Mon cher Jean-François ROUBAUD,
Mesdames et messieurs,
J’ai voulu avec une bonne partie du gouvernement, venir ici en Côte d’Or illustrer, le projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté ce matin au conseil des ministres, et je ne regrette pas de l’avoir fait puisque nous avons été accueillis dans deux entreprises de Côte d’Or qui illustrent parfaitement la cible qui est celle du gouvernement pour encourager la croissance et la création d’emplois dans notre pays.
Il y a un débat depuis quelques jours en France pour savoir si le gouvernement ne va pas trop vite, s’il ne devrait pas hiérarchiser ses réformes, s’il n’est pas trop pressé de mettre en œuvre l’ensemble des engagements qui ont été pris devant les Français. Non, nous n’allons pas trop vite ; non, nous ne sommes pas trop pressés ; non, il ne faut pas hiérarchiser les réformes. Pourquoi ? Parce que la France n’a pas le temps et la France n’a pas le temps pour une raison très simple : c’est qu’elle a trop attendu. En disant cela, je ne fais de reproches à personne ou plutôt, je nous fais un reproche collectif. Ça fait 25 ans que la plupart des autres pays européens ont pris la mesure des changements qui intervenaient dans le monde. Nous, pas. Parce que nous, nous nous disions que la situation confortable dans laquelle vivaient les quelques grands pays développés qui monopolisaient le savoir, qui monopolisaient la capacité de transformation des matières premières depuis tellement longtemps allait durer toujours et nous ne voyions pas, nous n’avons pas vu, nous n’avons pas été suffisamment attentifs à ce qui se passait autour de nous, c'est-à-dire à la montée de nouveaux acteurs économiques, des acteurs économiques qui représentent un poids considérable et qui remettent en cause la situation privilégiée dans laquelle étaient les grands pays développés et alors que beaucoup d’autres depuis 10 ans, depuis 15 ans, depuis 20 ans ont entrepris de muscler leur économie, de réformer leur État, d’abaisser leurs dépenses publiques pour se mettre en position de résister à cette compétition. Nous, nous avons tergiversé.
Quand on parle par exemple de la réduction des déficits, il ne s’agit pas de montrer du doigt tel ou tel gouvernement, telle ou telle majorité, il s’agit de montrer du doigt l’ensemble de ce que notre pays a fait depuis 33 ans, 34 même. Ça fait 34 ans qu’il n’y a pas eu un budget en équilibre en France. 34 ans ! Tous les jeunes Français de moins de 34 ans pensent que ça marche comme ça et tous les Français de plus de 34 ans se disent : « Si ça a marché 34 ans comme ça, ça marchera bien encore quelques années ». Eh bien non, la vérité c’est qu’il y a urgence. Il y a urgence à transformer notre pays.
On s’est donné des objectifs qui sont des objectifs très simples, qui peuvent paraître très ambitieux mais qui sont à la portée de notre pays. Premièrement, on veut être dans les cinq années qui viennent dans les trois premiers pays européens pour la croissance. Vous allez me dire : « C’est un sacré défi compte tenu du fait qu’on n’a jamais été parmi les premiers pays européens pour la croissance ». Et pourtant, est-ce que vous pouvez me donner un seul argument qui pourrait me convaincre que la France n’est pas capable d’être parmi les trois premiers pays européens pour la croissance ? On a la deuxième population européenne, on a d’ailleurs le taux d’accroissement de la population quasiment le plus élevé des pays européens. On a un système de formation, des services publics, une qualité d’infrastructures qui est exceptionnelle. Pourquoi est-ce qu’on ne serait pas capable de faire aussi bien que les Allemands, les Britanniques, les Danois, etc, en matière de croissance ?Deuxièmement, on s’est fixé un objectif de plein emploi dans les cinq ans qui viennent. On est à 7,5 % de chômage aujourd'hui, c’est le taux le plus bas depuis 1983, mais pour aller chercher les 2,5 % qui manquent pour atteindre ce qu’on appelle le plein emploi, il faut encore un effort. Mais là aussi, il y a dix pays européens qui ont atteint le plein emploi. Est-ce qu’il y a un seul bon argument qui pourrait justifier que la France ne soit pas capable d’atteindre le plein emploi ? On a décidé et on s’est fixé comme objectif de réduire d’un tiers la pauvreté dans notre pays, la grande pauvreté dans notre pays dans les cinq ans qui viennent. Là encore, tout le monde voit bien que la France est un pays riche avec un budget social extrêmement élevé. Il n’est sans doute pas tout à fait bien utilisé puisque nous avons eu de manière continuelle une montée de la pauvreté dans notre pays. On s’est fixé l’objectif d’avoir dix universités françaises dans les cinq ans dans les 100 premières universités mondiales. On pourrait penser que pour un des pays qui a inventé l’université, c’est un objectif modeste mais aujourd'hui on en a deux seulement qui sont dans les 100 premières universités du monde. Puis enfin, on s’est fixé l’objectif d’atteindre l’équilibre des finances publiques en 5 ans. Je l’ai dit tout à l'heure, un très grand nombre de pays autour de nous qui avaient une situation de déficit plus grave que la nôtre sont aujourd'hui en excédent budgétaire. Je raconte que je vois beaucoup de chefs de gouvernement qui passent à Paris et qui viennent me rencontrer, et beaucoup de chefs de gouvernement européens me disent : « On a un nouveau problème politique maintenant, c’est la répartition des excédents budgétaires ». Parce que chaque année, il y a un débat avec les collectivités locales, avec les différents acteurs de l’économie pour savoir qu’est-ce qu’on fait des excédents budgétaires. Moi j’aimerais bien franchement être aujourd'hui dans une situation où le débat difficile dans notre pays serait celui de la répartition des excédents budgétaires.
Voilà pourquoi nous avons entrepris avec le président de la République de moderniser la France sans relâche. La situation économique et financière mondiale n’est pas favorable, c’est vrai, mais comme l’a indiqué le président de la République jeudi dernier, ça n’est pas une raison pour ne pas réformer – c’est même une raison supplémentaire pour tenir notre cap et pour poursuivre notre effort de modernisation. Tous les points de croissance qu’on ira chercher en nous-même, ce sont des points de croissance qu’on gardera quelle que soit la situation économique internationale. Alors on a commencé à libérer le travail. La défiscalisation des heures supplémentaires est effective depuis le 1er octobre dernier. En quelques mois, le dispositif a presque atteint son objectif de croisière puisque plus d’une entreprise sur deux de plus de 10 salariés a déjà recours aux heures supplémentaires. Le nombre d’heures supplémentaires, contrairement à une idée que j’entends très souvent répandue, a augmenté de 28 % entre le quatrième trimestre 2006 et le quatrième trimestre 2007 dans un contexte économique qui n’est encore une fois pas si favorable. Ce sont donc près de 6 millions de salariés, plus d’un salarié sur trois, qui augmentent ainsi leur pouvoir d’achat et c’est notre économie qui devient plus productive parce que la seule façon que je connaisse d’aller chercher de la croissance supplémentaire, c’est de travailler plus, c’est de produire plus de richesses. Il n’y en a pas d’autres. Personne n’a encore trouvé un moyen qui permette d’obtenir de la croissance sans travailler plus.
Nous voulons, je le disais, le plein emploi. Notre taux de chômage est déjà l’un des plus bas depuis trente ans, mais plus ce chiffre baisse, plus on se rapproche du cœur du problème : les jeunes sans emploi qui n’ont pas de formation, les seniors. Il faut donc continuer à réformer notre marché de l’emploi. Nous avons choisi un modèle, c’est celui de la flex-sécurité à la française, qui doit tout à la fois garantir le développement des entreprises, la mobilité de l’emploi et de nouvelles sécurités pour les salariés. Et on a choisi une méthode pour y arriver, c’est celle du dialogue social. Le lancement du processus de rapprochement de l’ANPE et de l’Unedic a été une première étape. Avec l’accord qui a été conclu par les partenaires sociaux le 11 janvier dernier sur le contrat de travail, nous franchissons une deuxième étape décisive vers cette flex-sécurité à la française, grâce notamment à la possibilité de rupture conventionnelle et aux nouvelles dispositions sur la période d’essai qu’il prévoit. Nous sommes en train de transposer cet accord par la loi et il entrera en vigueur d’ici l’été. C’est l’occasion pour moi de rendre hommage aux partenaires sociaux et à tous les partenaires sociaux qui ont été exemplaires dans la préparation de cet accord qui, je voudrais le faire remarquer, est le premier accord sur le contrat de travail depuis presque 40 ans. Ça fait presque quarante ans que les partenaires sociaux n’étaient pas en mesure de se mettre d’accord sur une réforme et une modification du contrat de travail. Ça montre d’ailleurs que dans notre pays, il y a peut-être des débats politiques parfois assez brutaux mais enfin, il y a derrière des partenaires sociaux et une société française qui travaillent au consensus et qui cherchent des solutions aux problèmes de notre pays.
Alors monsieur ROUBAUD, s’agissant de l’abrogation du CNE qui avait pu constituer un instrument utile de recrutement dans bon nombre de PME, je pense – je sais que nous ne sommes pas d’accord sur ce sujet mais je vais essayer une nouvelle fois de vous convaincre – que nous avons adopté la solution sinon la meilleure du moins la plus raisonnable. Le Bureau International du Travail a considéré que le CNE n’était pas compatible avec le droit international et les partenaires sociaux ont souhaité que tout licenciement repose sur, je cite, l’accord à motif réel et sérieux qui doit être porté à la connaissance du salarié. Cela imposait que les CNE en cours soient requalifiés en CDI de droit commun parce qu’à défaut, les employeurs n’auraient pas su quelle procédure appliquer et cela aurait renforcé d’autant l’insécurité juridique que nous voulons absolument éviter. Beaucoup de chefs d’entreprise que je vois me disent qu’ils veulent qu’on simplifie les règles, qu’on réduise le poids de la fiscalité qui pèse sur les entreprises mais qu’ils veulent surtout de la stabilité dans les règles. Alors je sais bien qu’en l’occurrence, ce n’est pas de la stabilité dans les règles que l’on introduit en modifiant le contrat de travail, mais en tout cas c’est vous éviter d’aller de procès en procès et de contentieux en contentieux. Notre méthode, celle du dialogue social, a encore prouvé sa pertinence avec la position commune des partenaires sociaux du 9 avril sur la démocratie sociale. C’est une avancée absolument majeure. Dès juin 2007, j’avais souhaité que les partenaires sociaux engagent une négociation sur la modernisation de notre démocratie sociale dont on voit bien qu’elle est à bout de souffle avec seulement 5 % de syndiqués dans le secteur privé. Notre objectif est clair : nous voulons renforcer la place du dialogue social et de la négociation collective, y compris dans les PME, sans exiger nécessairement d’implantations syndicales.
Monsieur le président du conseil régional,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le président départemental de la CGPME,
Monsieur le président national de la CGPME, Mon cher Jean-François ROUBAUD,
Mesdames et messieurs,
J’ai voulu avec une bonne partie du gouvernement, venir ici en Côte d’Or illustrer, le projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté ce matin au conseil des ministres, et je ne regrette pas de l’avoir fait puisque nous avons été accueillis dans deux entreprises de Côte d’Or qui illustrent parfaitement la cible qui est celle du gouvernement pour encourager la croissance et la création d’emplois dans notre pays.
Il y a un débat depuis quelques jours en France pour savoir si le gouvernement ne va pas trop vite, s’il ne devrait pas hiérarchiser ses réformes, s’il n’est pas trop pressé de mettre en œuvre l’ensemble des engagements qui ont été pris devant les Français. Non, nous n’allons pas trop vite ; non, nous ne sommes pas trop pressés ; non, il ne faut pas hiérarchiser les réformes. Pourquoi ? Parce que la France n’a pas le temps et la France n’a pas le temps pour une raison très simple : c’est qu’elle a trop attendu. En disant cela, je ne fais de reproches à personne ou plutôt, je nous fais un reproche collectif. Ça fait 25 ans que la plupart des autres pays européens ont pris la mesure des changements qui intervenaient dans le monde. Nous, pas. Parce que nous, nous nous disions que la situation confortable dans laquelle vivaient les quelques grands pays développés qui monopolisaient le savoir, qui monopolisaient la capacité de transformation des matières premières depuis tellement longtemps allait durer toujours et nous ne voyions pas, nous n’avons pas vu, nous n’avons pas été suffisamment attentifs à ce qui se passait autour de nous, c'est-à-dire à la montée de nouveaux acteurs économiques, des acteurs économiques qui représentent un poids considérable et qui remettent en cause la situation privilégiée dans laquelle étaient les grands pays développés et alors que beaucoup d’autres depuis 10 ans, depuis 15 ans, depuis 20 ans ont entrepris de muscler leur économie, de réformer leur État, d’abaisser leurs dépenses publiques pour se mettre en position de résister à cette compétition. Nous, nous avons tergiversé.
Quand on parle par exemple de la réduction des déficits, il ne s’agit pas de montrer du doigt tel ou tel gouvernement, telle ou telle majorité, il s’agit de montrer du doigt l’ensemble de ce que notre pays a fait depuis 33 ans, 34 même. Ça fait 34 ans qu’il n’y a pas eu un budget en équilibre en France. 34 ans ! Tous les jeunes Français de moins de 34 ans pensent que ça marche comme ça et tous les Français de plus de 34 ans se disent : « Si ça a marché 34 ans comme ça, ça marchera bien encore quelques années ». Eh bien non, la vérité c’est qu’il y a urgence. Il y a urgence à transformer notre pays.
On s’est donné des objectifs qui sont des objectifs très simples, qui peuvent paraître très ambitieux mais qui sont à la portée de notre pays. Premièrement, on veut être dans les cinq années qui viennent dans les trois premiers pays européens pour la croissance. Vous allez me dire : « C’est un sacré défi compte tenu du fait qu’on n’a jamais été parmi les premiers pays européens pour la croissance ». Et pourtant, est-ce que vous pouvez me donner un seul argument qui pourrait me convaincre que la France n’est pas capable d’être parmi les trois premiers pays européens pour la croissance ? On a la deuxième population européenne, on a d’ailleurs le taux d’accroissement de la population quasiment le plus élevé des pays européens. On a un système de formation, des services publics, une qualité d’infrastructures qui est exceptionnelle. Pourquoi est-ce qu’on ne serait pas capable de faire aussi bien que les Allemands, les Britanniques, les Danois, etc, en matière de croissance ?Deuxièmement, on s’est fixé un objectif de plein emploi dans les cinq ans qui viennent. On est à 7,5 % de chômage aujourd'hui, c’est le taux le plus bas depuis 1983, mais pour aller chercher les 2,5 % qui manquent pour atteindre ce qu’on appelle le plein emploi, il faut encore un effort. Mais là aussi, il y a dix pays européens qui ont atteint le plein emploi. Est-ce qu’il y a un seul bon argument qui pourrait justifier que la France ne soit pas capable d’atteindre le plein emploi ? On a décidé et on s’est fixé comme objectif de réduire d’un tiers la pauvreté dans notre pays, la grande pauvreté dans notre pays dans les cinq ans qui viennent. Là encore, tout le monde voit bien que la France est un pays riche avec un budget social extrêmement élevé. Il n’est sans doute pas tout à fait bien utilisé puisque nous avons eu de manière continuelle une montée de la pauvreté dans notre pays. On s’est fixé l’objectif d’avoir dix universités françaises dans les cinq ans dans les 100 premières universités mondiales. On pourrait penser que pour un des pays qui a inventé l’université, c’est un objectif modeste mais aujourd'hui on en a deux seulement qui sont dans les 100 premières universités du monde. Puis enfin, on s’est fixé l’objectif d’atteindre l’équilibre des finances publiques en 5 ans. Je l’ai dit tout à l'heure, un très grand nombre de pays autour de nous qui avaient une situation de déficit plus grave que la nôtre sont aujourd'hui en excédent budgétaire. Je raconte que je vois beaucoup de chefs de gouvernement qui passent à Paris et qui viennent me rencontrer, et beaucoup de chefs de gouvernement européens me disent : « On a un nouveau problème politique maintenant, c’est la répartition des excédents budgétaires ». Parce que chaque année, il y a un débat avec les collectivités locales, avec les différents acteurs de l’économie pour savoir qu’est-ce qu’on fait des excédents budgétaires. Moi j’aimerais bien franchement être aujourd'hui dans une situation où le débat difficile dans notre pays serait celui de la répartition des excédents budgétaires.
Voilà pourquoi nous avons entrepris avec le président de la République de moderniser la France sans relâche. La situation économique et financière mondiale n’est pas favorable, c’est vrai, mais comme l’a indiqué le président de la République jeudi dernier, ça n’est pas une raison pour ne pas réformer – c’est même une raison supplémentaire pour tenir notre cap et pour poursuivre notre effort de modernisation. Tous les points de croissance qu’on ira chercher en nous-même, ce sont des points de croissance qu’on gardera quelle que soit la situation économique internationale. Alors on a commencé à libérer le travail. La défiscalisation des heures supplémentaires est effective depuis le 1er octobre dernier. En quelques mois, le dispositif a presque atteint son objectif de croisière puisque plus d’une entreprise sur deux de plus de 10 salariés a déjà recours aux heures supplémentaires. Le nombre d’heures supplémentaires, contrairement à une idée que j’entends très souvent répandue, a augmenté de 28 % entre le quatrième trimestre 2006 et le quatrième trimestre 2007 dans un contexte économique qui n’est encore une fois pas si favorable. Ce sont donc près de 6 millions de salariés, plus d’un salarié sur trois, qui augmentent ainsi leur pouvoir d’achat et c’est notre économie qui devient plus productive parce que la seule façon que je connaisse d’aller chercher de la croissance supplémentaire, c’est de travailler plus, c’est de produire plus de richesses. Il n’y en a pas d’autres. Personne n’a encore trouvé un moyen qui permette d’obtenir de la croissance sans travailler plus.
Nous voulons, je le disais, le plein emploi. Notre taux de chômage est déjà l’un des plus bas depuis trente ans, mais plus ce chiffre baisse, plus on se rapproche du cœur du problème : les jeunes sans emploi qui n’ont pas de formation, les seniors. Il faut donc continuer à réformer notre marché de l’emploi. Nous avons choisi un modèle, c’est celui de la flex-sécurité à la française, qui doit tout à la fois garantir le développement des entreprises, la mobilité de l’emploi et de nouvelles sécurités pour les salariés. Et on a choisi une méthode pour y arriver, c’est celle du dialogue social. Le lancement du processus de rapprochement de l’ANPE et de l’Unedic a été une première étape. Avec l’accord qui a été conclu par les partenaires sociaux le 11 janvier dernier sur le contrat de travail, nous franchissons une deuxième étape décisive vers cette flex-sécurité à la française, grâce notamment à la possibilité de rupture conventionnelle et aux nouvelles dispositions sur la période d’essai qu’il prévoit. Nous sommes en train de transposer cet accord par la loi et il entrera en vigueur d’ici l’été. C’est l’occasion pour moi de rendre hommage aux partenaires sociaux et à tous les partenaires sociaux qui ont été exemplaires dans la préparation de cet accord qui, je voudrais le faire remarquer, est le premier accord sur le contrat de travail depuis presque 40 ans. Ça fait presque quarante ans que les partenaires sociaux n’étaient pas en mesure de se mettre d’accord sur une réforme et une modification du contrat de travail. Ça montre d’ailleurs que dans notre pays, il y a peut-être des débats politiques parfois assez brutaux mais enfin, il y a derrière des partenaires sociaux et une société française qui travaillent au consensus et qui cherchent des solutions aux problèmes de notre pays.
Alors monsieur ROUBAUD, s’agissant de l’abrogation du CNE qui avait pu constituer un instrument utile de recrutement dans bon nombre de PME, je pense – je sais que nous ne sommes pas d’accord sur ce sujet mais je vais essayer une nouvelle fois de vous convaincre – que nous avons adopté la solution sinon la meilleure du moins la plus raisonnable. Le Bureau International du Travail a considéré que le CNE n’était pas compatible avec le droit international et les partenaires sociaux ont souhaité que tout licenciement repose sur, je cite, l’accord à motif réel et sérieux qui doit être porté à la connaissance du salarié. Cela imposait que les CNE en cours soient requalifiés en CDI de droit commun parce qu’à défaut, les employeurs n’auraient pas su quelle procédure appliquer et cela aurait renforcé d’autant l’insécurité juridique que nous voulons absolument éviter. Beaucoup de chefs d’entreprise que je vois me disent qu’ils veulent qu’on simplifie les règles, qu’on réduise le poids de la fiscalité qui pèse sur les entreprises mais qu’ils veulent surtout de la stabilité dans les règles. Alors je sais bien qu’en l’occurrence, ce n’est pas de la stabilité dans les règles que l’on introduit en modifiant le contrat de travail, mais en tout cas c’est vous éviter d’aller de procès en procès et de contentieux en contentieux. Notre méthode, celle du dialogue social, a encore prouvé sa pertinence avec la position commune des partenaires sociaux du 9 avril sur la démocratie sociale. C’est une avancée absolument majeure. Dès juin 2007, j’avais souhaité que les partenaires sociaux engagent une négociation sur la modernisation de notre démocratie sociale dont on voit bien qu’elle est à bout de souffle avec seulement 5 % de syndiqués dans le secteur privé. Notre objectif est clair : nous voulons renforcer la place du dialogue social et de la négociation collective, y compris dans les PME, sans exiger nécessairement d’implantations syndicales.
Nous voulons des partenaires sociaux responsables et légitimes, qui puissent être des acteurs incontestables et incontestés du changement, et nous voulons un
financement du syndicalisme qui soit transparent. La position commune du 9 avril répond à ces objectifs et je souhaite, puisque ça n’est pas encore le cas, que les PME puissent en profiter.
Pour sa part, le gouvernement va maintenant préparer un projet de loi sur la base de ce texte. Il y a énormément de sujets dans notre pays qui devraient être débattus dans l’entreprise, par
le chef d’entreprise avec les partenaires sociaux et qui ne devraient pas faire l’objet de débats nationaux, de débats même parfois dans les branches. Chaque entreprise est différente, chaque
secteur d’activité est différent. Vouloir faire passer tout le monde dans le même moule, c’est une vieille tradition française mais qui n’est plus adaptée à la nécessité de réactivité qui est
aujourd'hui imposée aux chefs d’entreprise. Enfin, il nous faut réformer le troisième pilier de notre marché du travail : c’est la formation professionnelle. Ce système est devenu
largement inefficace et injuste. Il aboutit à cette coexistence surréaliste. D’un côté, un chômage qui reste très élevé et de l’autre, des centaines de milliers d’emplois non pourvus. Il
coûte 25 milliards d’euros mais 60 % des salariés n’y accèdent jamais. Ce système doit être réformé. Nous menons, en liaison étroite avec les collectivités locales et surtout les conseils
régionaux, qui ont une responsabilité déterminante désormais dans ce domaine, des réflexions qui devraient aboutir d’ici la fin du mois de mai, et puis nous passerons ensuite à
l’action.
Toutes ces réformes, mesdames et messieurs, ne peuvent pleinement se déployer que si le moteur de notre économie est parallèlement libéré de ses contraintes. Le projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté ce matin en conseil des ministres est un élément clé dans le déblocage d’un certain nombre de ses contraintes. C’est un projet capital. Pour la première fois depuis des années, un gouvernement présente une loi en faveur de la croissance qui ne passe pas par des nouvelles dépenses mais par plus de concurrence, par des mesures de simplification et de clarification des règles de l’économie. C’est un projet qui mise sur le dynamisme des acteurs économiques plutôt que sur la mise en tutelle des comportements et le nivellement par le bas. À bien des égards, c’est un changement de modèle que nous vous proposons. Pour mesurer l’importance de ce texte, je veux dire que cette loi de modernisation de l’économie, c’est 0,3 point de croissance supplémentaire chaque année et un gain de 50 000 emplois. De manière compréhensible, comme toute réforme dans un pays comme le nôtre avec ses traditions, ce texte suscite certaines craintes. Mais je voudrais vous dire que ce qu’il faut craindre, ce n’est pas le mouvement. Ce qu’il faut craindre, c’est l’immobilisme, c’est le statu quo, c’est le conservatisme. Mais nous voulons faire jaillir la créativité de notre économie et pour cela, je vous rejoins monsieur le président, il faut plus de liberté et moins d’administration. Nos voisins d’ailleurs l’ont fait avant nous et chacun peut constater qu’ils ne s’en portent pas plus mal. Depuis plusieurs années, la croissance de notre produit intérieur brut est inférieure de 0,8 % à la moyenne des pays développés. Pourquoi ce qui marche ailleurs devrait échouer en France ? Moi, je refuse cet état d’esprit et je récuse ce penchant qui consiste à penser qu’un bon immobilisme vaut mieux qu’une véritable audace. Notre projet de loi doit être lu comme un tout. La réforme de la loi Galland n’a pas de sens sans le renforcement de la concurrence entre les distributeurs grâce à la réforme de l’urbanisme commercial. La réduction des marges arrière va créer des tensions sur la trésorerie des fournisseurs parce qu’elle était payée avec délai. Bien la réduction des délais de paiement permettra de le compenser. Cette stimulation de la concurrence suppose des entreprises dynamiques et fortes, le projet de loi consacre le rôle moteur des entrepreneurs pour créer des richesses et des emplois. Les créations d’emplois sont dans notre pays à un niveau record. Le projet de loi capitalise sur cette tendance et donne des clés pour qu’elle s’enracine en assurant la croissance des PME. Cette loi concrétise les engagements qui ont été pris, cher Jean-François ROUBAUD, par le président de la République devant la CGPME à Lyon en décembre dernier et mes propres engagements à Planète PME en octobre. Elle doit permettre d’aider les PME dans toutes les phases de leur développement. Il faut d’abord, si on veut aider les PME dans toutes les phases de leur développement, faciliter la création. L’article Ier de la loi, ce n’est pas un hasard, consacre le statut de l’auto-entrepreneur. Bon nombre de personnes qui se mettent dans notre pays, à leur compte, ou qui retraité ou salarié souhaitent développer une activité indépendante annexe, ne peuvent à la fois se consacrer à ce projet et prendre des risques de trésorerie et de formalisme juridique. L’auto-entrepreneur qui entre dans les seuils micro pourra choisir de payer mensuellement ou trimestriellement ses charges sociales, mais aussi fiscales, de manière libératoire et sur une base forfaitaire. Elles représenteront 13 % de son chiffre d’affaires pour les activités commerciales et 23 % pour les activités de services. Ce régime est simple, l’impôt et les cotisations dues seront fonction d’un seul paramètre : le chiffre d’affaires. Il est lisible, il est prévisible, le prélèvement sera versé pour solde de tous comptes sans aucune régularisation ultérieure. Il est avantageux pour l’auto-entrepreneur. Le taux du prélèvement fiscal et social sera unique et modéré, les cotisations sociales minimales qui grevaient fortement les revenus des plus petits entrepreneurs disparaissent en cas d’option pour ce régime.
Vous le savez bien, jusqu’à présent ceux qui créaient une entreprise devaient faire face à un choix cornélien entre déduire leurs pertes en exerçant à titre individuel, et limiter leurs risques en créant une société. Lorsqu’ils choisissaient la seconde option plus sécurisante pour eux, l’État prenait immédiatement sa part des bénéfices en cas de succès mais ne prenait pas sa part des risques en cas de perte. Désormais, les pertes seront déductibles du revenu personnel pendant les 5 premières années de la création de la société. L’État assumera donc sa part des risques de la même manière qu’il prélève sa part des bénéfices. Pour faciliter encore davantage le démarrage, l’auto-entrepreneur pourra rendre insaisissable par une déclaration devant notaire non seulement sa résidence principale mais également son patrimoine immobilier personnel. J’ai demandé à Christine LAGARDE et au Garde des Sceaux Rachida DATI d’étudier, en vue du débat parlementaire, dans quelle mesure cette logique de séparation des patrimoines professionnel et personnel peut encore être étendue en respectant naturellement les droits des créanciers. Deuxièmement, nous nous attaquons à tout ce qui freine le développement des PME et en premier lieu, les problèmes de financement. Avec la loi pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, nous avons mis en place un mécanisme de réduction de l’ISF pour les investissements au capital des PME. La Commission européenne vient de reconnaître qu’il ne s’agissait pas d’une aide d’État, ce qui nous permet de lever la limite des 200 000 euros sur trois ans qui figurait dans la loi. Le décret d’application a été publié au Journal Officiel, tout est donc désormais en place pour aider les PME à financer leur croissance. Cette autorisation arrive suffisamment tôt pour permettre aux redevables de l’ISF au titre de 2007 de bénéficier de la mesure et donc aux PME de profiter dès maintenant des financements correspondants. Les courriers nombreux que je reçois sur ce sujet se font l’écho d’un foisonnement de projets et d’initiatives qui préfigurent un vrai succès de cette mesure. Comme promis, nous prenons aussi à bras le corps le problème des délais de paiement. On en a parlé tout à l'heure dans les entreprises que j’ai eu l’honneur de visiter. Ils sont chez nous en moyenne – et on a vu que la moyenne ne correspondait pas à grand-chose puisque toutes les entreprises que j’ai vues étaient nettement au-dessus de la moyenne – mais même en moyenne ils sont chez nous 20 jours plus longs qu’en Allemagne et 30 jours de plus que dans les pays scandinaves. Ce n’est pas acceptable. Nous voulons qu’ils rejoignent la moyenne européenne d’ici 5 ans et il faut donc légiférer pour les plafonner dans un premier temps à 60 jours. Nous comprenons que cette décision puisse créer quelques tensions. Christine LAGARDE, Hervé NOVELLI et Luc CHATEL ont mené beaucoup de concertations pour entendre chacun et évaluer les impacts de la loi. C’est vrai qu’en réalité les systèmes s’organisent autour de la situation telle qu’elle est et certains groupes d’activités, certains secteurs d’activités profitent de ces délais de paiement et peuvent être mis en difficulté par un changement brutal de législation. Dans le projet de loi, la règle est de 60 jours maximum au 1er janvier 2009 pour tous mais avec une possibilité de dérogation temporaire pour que les filières puissent s’adapter. Certains nous pressaient d’introduire des seuils ; je pense que ce n’est pas le moment, au moment où on essaye de supprimer les effets de seuil, qu’il faut en rajouter. Le gouvernement pourra ainsi autoriser des dérogations par voie d’accords interprofessionnels dans les secteurs où des raisons objectives le justifient, pourvu que l’accord – et c’est fondamental – prévoit une convergence progressive vers les 60 jours avant la fin de l’année 2011.
Parallèlement, j’ai confié une mission à Yvon JACOB pour obtenir la signature d’accords interprofessionnels aboutissant à une réduction plus importante et plus rapide des délais de paiement, c'est-à-dire en dessous des 60 jours. Un rapport d’étape est attendu pour juin 2008. Dans ce domaine comme dans les autres, je tiens à ce que les administrations publiques montrent l’exemple et je viens donc de signer le décret abaissant les délais de paiement pour l’État de 45 à 30 jours et je veillerai naturellement à ce qu’il n’y ait pas dans ce domaine de coups de téléphone pour expliquer qu’il faut attendre avant d’envoyer la facture, comme on me l’a expliqué tout à l'heure. Et nous prêterons donc une attention toute particulière à la question de la date de départ de ce délai. J’estime que les collectivités locales, messieurs les présidents, devraient pouvoir nous suivre dans cette voie d’autant que beaucoup de PME travaillent pour elles. Je souhaite donc que Christine LAGARDE et Michèle ALLIOT-MARIE prennent la tâche de leurs représentants pour parvenir à un délai maximum uniforme de 30 jours pour toutes les administrations publiques, État et collectivités locales. Le développement des PME passe aussi par la conquête de nouveaux débouchés. Comme le préconise le rapport Stoléru, nous allons permettre aux acheteurs publics de traiter de façon préférentielle les PME et de leur réserver une part des marchés publics. C’est un élément de ce que vous avez appelé tout à l'heure le small business act qui existe dans un certain nombre de pays – au Canada, aux Etats-Unis notamment – et qui nous était refusé au nom des règles de l’équité en matière de commerce. C’est drôle, il y a des gens qui ont, comme les Etats-Unis et le Canada, qui ont droit à des règles particulières et qu’on refuse aux pays européens au nom des grands principes de la concurrence. Je pense qu’il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde. S’agissant de l’exportation, les résultats du commerce extérieur français ne sont pas satisfaisants. Les PME françaises ne sont pas assez présentes à l’export, le gouvernement souhaite donc les épauler pour qu’elles gagnent de nouvelles parts de marché. La loi de modernisation de l’économie confirme une bonne partie des mesures que nous avons récemment annoncées dans ce domaine. D’abord les garanties financières publiques à l’exportation, comme l’aide aux PME, qui participent à des salons professionnels seront alignées sur les meilleures pratiques étrangères de façon à ce qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence entre les pays de l’Union. Le réseau des missions économiques dans les ambassades est en cours de réforme autour d’UBIFRANCE pour les mettre réellement au service des entreprises. Autre frein majeur au développement des PME, je l’évoquais d’un mot, ce sont les seuils financiers. Là encore, le système est absurde. Nous avons donc décidé de le réformer avec la loi de modernisation, comme nous nous y étions engagés, les conséquences financières des franchissements des seuils de 10 et de 20 seront gelés pendant trois ans puis lissés ensuite pendant 4 ans. Ainsi, quand une entreprise embauchera son vingtième salarié, la loi lui permettra d’économiser l’équivalent d’une année de salaire. Nous voulons aussi apporter davantage de souplesse et de sécurité dans le fonctionnement des sociétés. La loi élargit le champ du rescrit social et l’étend aux entrepreneurs individuels. Le rescrit, c’est vous le savez cette démarche par laquelle l’administration s’engage sur l’éligibilité d’un projet à un régime fiscal ou à un dispositif d’aide, sans avoir la possibilité ensuite de le remettre en cause. En l’absence de réponse dans un délai de quatre mois, l’entrepreneur ne pourra désormais ainsi plus voir sa situation remise en cause par les URSAFF ou par le Régime Social des Indépendants. La gestion du rescrit, du crédit impôt recherche dont vous savez que nous avons multiplié par trois le montant, sera confié à OSEO. Cette réforme accompagne la réforme profonde opérée fin 2007 en matière de crédit impôt recherche. Cette dernière nous avait permis de remplacer un dispositif qui était beaucoup trop complexe surtout pour les PME en un dispositif très simple dans son principe et représentant un effort structurel massif puisque nous avons porté le crédit impôt recherche à 50 % de toutes les dépenses de recherche sans distinction l’année de l’entrée dans le dispositif puis ensuite en régime de croisière à 30 %.
La loi de modernisation de l’économie va également simplifier le droit des sociétés applicable aux PME et plus particulièrement les SARL et les sociétés par actions simplifiées. Celles-ci n’auront plus à recourir à des commissaires aux comptes dans les mêmes limites que les SARL d’aujourd'hui. Je sais naturellement que les commissaires aux comptes ne sont pas satisfaits de cette mesure mais je pense que c’est une mesure de simplification qui était justifiée. Dans le projet de loi, le dernier aspect de la partie consacrée aux entrepreneurs concerne la transmission et la reprise d’entreprise. Vous savez qu’on calcule qu’environ 700 000 entreprises vont être cédées dans les dix années à venir. Or, la France manque d’entreprises de taille intermédiaire ; il est donc indispensable de favoriser les transmissions pour pérenniser et surtout pour développer les entreprises. Après avoir réduit les droits de succession pour que les Français – et nous y étions très attachés, parce que c’est une question de philosophie, c’est une question de principes pour nous – pour que les Français puissent transmettre librement le fruit de leur travail à leurs héritiers, nous poursuivons dans cette logique. Les droits de mutation à titre onéreux qui pèsent sur le repreneur seront abaissés de 5 à 3 % pour les SARL et pour les fonds de commerce, et pour favoriser le capitalisme familial, les transmissions familiales ou les transmissions aux salariés seront exonérées de droits de mutation sous plafond. Les repreneurs pourront bénéficier d’une réduction d’impôt sur les intérêts de l’emprunt liés à l’acquisition deux fois plus importante qu’auparavant, et ils n’auront plus à acquérir 50 % pour avoir ce droit mais seulement 25 % du capital. Parlons enfin du volet commerce et concurrence de la loi qui est celui peut-être qui suscite le plus de débats. Il y a d’abord le sujet de la négociabilité des tarifs et des conditions générales de vente dans la distribution, la dernière réforme de la loi Galland en somme. Il est temps d’aboutir à une vraie réforme définitive et donc d’arrêter de changer les règles du jeu tous les ans. La loi Galland avait été votée avec un objectif qui était très louable : faire cesser la guerre des prix à laquelle se livrait alors la grande distribution et protéger le commerce de proximité et les petits fournisseurs. Et enfin, chacun constate bien qu’au fil des ans cette loi a révélé plus d’effets négatifs que d’effets positifs. Avec la négociabilité, nous revenons à la réalité économique et vous savez, c’est toujours un beau repère que de mettre en place des réglementations qui sont liées aux réalités économiques. La négociabilité va définitivement enrayer le mécanisme pervers de surenchère permanente. Cette surenchère absurde entre d’un côté des industriels qui augmentent leurs tarifs pour anticiper les hausses des marges arrière réclamées par les distributeurs et de l’autre, des distributeurs qui augmentent les marges arrière pour répondre à la hausse des tarifs imposée par les industriels. Le résultat, vous le connaissez : ce sont des prix qui pour certains produits sont de 15 à 20 % supérieurs dans notre pays par rapport à ceux pratiqués dans les autres pays européens.
Toutes ces réformes, mesdames et messieurs, ne peuvent pleinement se déployer que si le moteur de notre économie est parallèlement libéré de ses contraintes. Le projet de loi de modernisation de l’économie qui a été adopté ce matin en conseil des ministres est un élément clé dans le déblocage d’un certain nombre de ses contraintes. C’est un projet capital. Pour la première fois depuis des années, un gouvernement présente une loi en faveur de la croissance qui ne passe pas par des nouvelles dépenses mais par plus de concurrence, par des mesures de simplification et de clarification des règles de l’économie. C’est un projet qui mise sur le dynamisme des acteurs économiques plutôt que sur la mise en tutelle des comportements et le nivellement par le bas. À bien des égards, c’est un changement de modèle que nous vous proposons. Pour mesurer l’importance de ce texte, je veux dire que cette loi de modernisation de l’économie, c’est 0,3 point de croissance supplémentaire chaque année et un gain de 50 000 emplois. De manière compréhensible, comme toute réforme dans un pays comme le nôtre avec ses traditions, ce texte suscite certaines craintes. Mais je voudrais vous dire que ce qu’il faut craindre, ce n’est pas le mouvement. Ce qu’il faut craindre, c’est l’immobilisme, c’est le statu quo, c’est le conservatisme. Mais nous voulons faire jaillir la créativité de notre économie et pour cela, je vous rejoins monsieur le président, il faut plus de liberté et moins d’administration. Nos voisins d’ailleurs l’ont fait avant nous et chacun peut constater qu’ils ne s’en portent pas plus mal. Depuis plusieurs années, la croissance de notre produit intérieur brut est inférieure de 0,8 % à la moyenne des pays développés. Pourquoi ce qui marche ailleurs devrait échouer en France ? Moi, je refuse cet état d’esprit et je récuse ce penchant qui consiste à penser qu’un bon immobilisme vaut mieux qu’une véritable audace. Notre projet de loi doit être lu comme un tout. La réforme de la loi Galland n’a pas de sens sans le renforcement de la concurrence entre les distributeurs grâce à la réforme de l’urbanisme commercial. La réduction des marges arrière va créer des tensions sur la trésorerie des fournisseurs parce qu’elle était payée avec délai. Bien la réduction des délais de paiement permettra de le compenser. Cette stimulation de la concurrence suppose des entreprises dynamiques et fortes, le projet de loi consacre le rôle moteur des entrepreneurs pour créer des richesses et des emplois. Les créations d’emplois sont dans notre pays à un niveau record. Le projet de loi capitalise sur cette tendance et donne des clés pour qu’elle s’enracine en assurant la croissance des PME. Cette loi concrétise les engagements qui ont été pris, cher Jean-François ROUBAUD, par le président de la République devant la CGPME à Lyon en décembre dernier et mes propres engagements à Planète PME en octobre. Elle doit permettre d’aider les PME dans toutes les phases de leur développement. Il faut d’abord, si on veut aider les PME dans toutes les phases de leur développement, faciliter la création. L’article Ier de la loi, ce n’est pas un hasard, consacre le statut de l’auto-entrepreneur. Bon nombre de personnes qui se mettent dans notre pays, à leur compte, ou qui retraité ou salarié souhaitent développer une activité indépendante annexe, ne peuvent à la fois se consacrer à ce projet et prendre des risques de trésorerie et de formalisme juridique. L’auto-entrepreneur qui entre dans les seuils micro pourra choisir de payer mensuellement ou trimestriellement ses charges sociales, mais aussi fiscales, de manière libératoire et sur une base forfaitaire. Elles représenteront 13 % de son chiffre d’affaires pour les activités commerciales et 23 % pour les activités de services. Ce régime est simple, l’impôt et les cotisations dues seront fonction d’un seul paramètre : le chiffre d’affaires. Il est lisible, il est prévisible, le prélèvement sera versé pour solde de tous comptes sans aucune régularisation ultérieure. Il est avantageux pour l’auto-entrepreneur. Le taux du prélèvement fiscal et social sera unique et modéré, les cotisations sociales minimales qui grevaient fortement les revenus des plus petits entrepreneurs disparaissent en cas d’option pour ce régime.
Vous le savez bien, jusqu’à présent ceux qui créaient une entreprise devaient faire face à un choix cornélien entre déduire leurs pertes en exerçant à titre individuel, et limiter leurs risques en créant une société. Lorsqu’ils choisissaient la seconde option plus sécurisante pour eux, l’État prenait immédiatement sa part des bénéfices en cas de succès mais ne prenait pas sa part des risques en cas de perte. Désormais, les pertes seront déductibles du revenu personnel pendant les 5 premières années de la création de la société. L’État assumera donc sa part des risques de la même manière qu’il prélève sa part des bénéfices. Pour faciliter encore davantage le démarrage, l’auto-entrepreneur pourra rendre insaisissable par une déclaration devant notaire non seulement sa résidence principale mais également son patrimoine immobilier personnel. J’ai demandé à Christine LAGARDE et au Garde des Sceaux Rachida DATI d’étudier, en vue du débat parlementaire, dans quelle mesure cette logique de séparation des patrimoines professionnel et personnel peut encore être étendue en respectant naturellement les droits des créanciers. Deuxièmement, nous nous attaquons à tout ce qui freine le développement des PME et en premier lieu, les problèmes de financement. Avec la loi pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, nous avons mis en place un mécanisme de réduction de l’ISF pour les investissements au capital des PME. La Commission européenne vient de reconnaître qu’il ne s’agissait pas d’une aide d’État, ce qui nous permet de lever la limite des 200 000 euros sur trois ans qui figurait dans la loi. Le décret d’application a été publié au Journal Officiel, tout est donc désormais en place pour aider les PME à financer leur croissance. Cette autorisation arrive suffisamment tôt pour permettre aux redevables de l’ISF au titre de 2007 de bénéficier de la mesure et donc aux PME de profiter dès maintenant des financements correspondants. Les courriers nombreux que je reçois sur ce sujet se font l’écho d’un foisonnement de projets et d’initiatives qui préfigurent un vrai succès de cette mesure. Comme promis, nous prenons aussi à bras le corps le problème des délais de paiement. On en a parlé tout à l'heure dans les entreprises que j’ai eu l’honneur de visiter. Ils sont chez nous en moyenne – et on a vu que la moyenne ne correspondait pas à grand-chose puisque toutes les entreprises que j’ai vues étaient nettement au-dessus de la moyenne – mais même en moyenne ils sont chez nous 20 jours plus longs qu’en Allemagne et 30 jours de plus que dans les pays scandinaves. Ce n’est pas acceptable. Nous voulons qu’ils rejoignent la moyenne européenne d’ici 5 ans et il faut donc légiférer pour les plafonner dans un premier temps à 60 jours. Nous comprenons que cette décision puisse créer quelques tensions. Christine LAGARDE, Hervé NOVELLI et Luc CHATEL ont mené beaucoup de concertations pour entendre chacun et évaluer les impacts de la loi. C’est vrai qu’en réalité les systèmes s’organisent autour de la situation telle qu’elle est et certains groupes d’activités, certains secteurs d’activités profitent de ces délais de paiement et peuvent être mis en difficulté par un changement brutal de législation. Dans le projet de loi, la règle est de 60 jours maximum au 1er janvier 2009 pour tous mais avec une possibilité de dérogation temporaire pour que les filières puissent s’adapter. Certains nous pressaient d’introduire des seuils ; je pense que ce n’est pas le moment, au moment où on essaye de supprimer les effets de seuil, qu’il faut en rajouter. Le gouvernement pourra ainsi autoriser des dérogations par voie d’accords interprofessionnels dans les secteurs où des raisons objectives le justifient, pourvu que l’accord – et c’est fondamental – prévoit une convergence progressive vers les 60 jours avant la fin de l’année 2011.
Parallèlement, j’ai confié une mission à Yvon JACOB pour obtenir la signature d’accords interprofessionnels aboutissant à une réduction plus importante et plus rapide des délais de paiement, c'est-à-dire en dessous des 60 jours. Un rapport d’étape est attendu pour juin 2008. Dans ce domaine comme dans les autres, je tiens à ce que les administrations publiques montrent l’exemple et je viens donc de signer le décret abaissant les délais de paiement pour l’État de 45 à 30 jours et je veillerai naturellement à ce qu’il n’y ait pas dans ce domaine de coups de téléphone pour expliquer qu’il faut attendre avant d’envoyer la facture, comme on me l’a expliqué tout à l'heure. Et nous prêterons donc une attention toute particulière à la question de la date de départ de ce délai. J’estime que les collectivités locales, messieurs les présidents, devraient pouvoir nous suivre dans cette voie d’autant que beaucoup de PME travaillent pour elles. Je souhaite donc que Christine LAGARDE et Michèle ALLIOT-MARIE prennent la tâche de leurs représentants pour parvenir à un délai maximum uniforme de 30 jours pour toutes les administrations publiques, État et collectivités locales. Le développement des PME passe aussi par la conquête de nouveaux débouchés. Comme le préconise le rapport Stoléru, nous allons permettre aux acheteurs publics de traiter de façon préférentielle les PME et de leur réserver une part des marchés publics. C’est un élément de ce que vous avez appelé tout à l'heure le small business act qui existe dans un certain nombre de pays – au Canada, aux Etats-Unis notamment – et qui nous était refusé au nom des règles de l’équité en matière de commerce. C’est drôle, il y a des gens qui ont, comme les Etats-Unis et le Canada, qui ont droit à des règles particulières et qu’on refuse aux pays européens au nom des grands principes de la concurrence. Je pense qu’il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde. S’agissant de l’exportation, les résultats du commerce extérieur français ne sont pas satisfaisants. Les PME françaises ne sont pas assez présentes à l’export, le gouvernement souhaite donc les épauler pour qu’elles gagnent de nouvelles parts de marché. La loi de modernisation de l’économie confirme une bonne partie des mesures que nous avons récemment annoncées dans ce domaine. D’abord les garanties financières publiques à l’exportation, comme l’aide aux PME, qui participent à des salons professionnels seront alignées sur les meilleures pratiques étrangères de façon à ce qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence entre les pays de l’Union. Le réseau des missions économiques dans les ambassades est en cours de réforme autour d’UBIFRANCE pour les mettre réellement au service des entreprises. Autre frein majeur au développement des PME, je l’évoquais d’un mot, ce sont les seuils financiers. Là encore, le système est absurde. Nous avons donc décidé de le réformer avec la loi de modernisation, comme nous nous y étions engagés, les conséquences financières des franchissements des seuils de 10 et de 20 seront gelés pendant trois ans puis lissés ensuite pendant 4 ans. Ainsi, quand une entreprise embauchera son vingtième salarié, la loi lui permettra d’économiser l’équivalent d’une année de salaire. Nous voulons aussi apporter davantage de souplesse et de sécurité dans le fonctionnement des sociétés. La loi élargit le champ du rescrit social et l’étend aux entrepreneurs individuels. Le rescrit, c’est vous le savez cette démarche par laquelle l’administration s’engage sur l’éligibilité d’un projet à un régime fiscal ou à un dispositif d’aide, sans avoir la possibilité ensuite de le remettre en cause. En l’absence de réponse dans un délai de quatre mois, l’entrepreneur ne pourra désormais ainsi plus voir sa situation remise en cause par les URSAFF ou par le Régime Social des Indépendants. La gestion du rescrit, du crédit impôt recherche dont vous savez que nous avons multiplié par trois le montant, sera confié à OSEO. Cette réforme accompagne la réforme profonde opérée fin 2007 en matière de crédit impôt recherche. Cette dernière nous avait permis de remplacer un dispositif qui était beaucoup trop complexe surtout pour les PME en un dispositif très simple dans son principe et représentant un effort structurel massif puisque nous avons porté le crédit impôt recherche à 50 % de toutes les dépenses de recherche sans distinction l’année de l’entrée dans le dispositif puis ensuite en régime de croisière à 30 %.
La loi de modernisation de l’économie va également simplifier le droit des sociétés applicable aux PME et plus particulièrement les SARL et les sociétés par actions simplifiées. Celles-ci n’auront plus à recourir à des commissaires aux comptes dans les mêmes limites que les SARL d’aujourd'hui. Je sais naturellement que les commissaires aux comptes ne sont pas satisfaits de cette mesure mais je pense que c’est une mesure de simplification qui était justifiée. Dans le projet de loi, le dernier aspect de la partie consacrée aux entrepreneurs concerne la transmission et la reprise d’entreprise. Vous savez qu’on calcule qu’environ 700 000 entreprises vont être cédées dans les dix années à venir. Or, la France manque d’entreprises de taille intermédiaire ; il est donc indispensable de favoriser les transmissions pour pérenniser et surtout pour développer les entreprises. Après avoir réduit les droits de succession pour que les Français – et nous y étions très attachés, parce que c’est une question de philosophie, c’est une question de principes pour nous – pour que les Français puissent transmettre librement le fruit de leur travail à leurs héritiers, nous poursuivons dans cette logique. Les droits de mutation à titre onéreux qui pèsent sur le repreneur seront abaissés de 5 à 3 % pour les SARL et pour les fonds de commerce, et pour favoriser le capitalisme familial, les transmissions familiales ou les transmissions aux salariés seront exonérées de droits de mutation sous plafond. Les repreneurs pourront bénéficier d’une réduction d’impôt sur les intérêts de l’emprunt liés à l’acquisition deux fois plus importante qu’auparavant, et ils n’auront plus à acquérir 50 % pour avoir ce droit mais seulement 25 % du capital. Parlons enfin du volet commerce et concurrence de la loi qui est celui peut-être qui suscite le plus de débats. Il y a d’abord le sujet de la négociabilité des tarifs et des conditions générales de vente dans la distribution, la dernière réforme de la loi Galland en somme. Il est temps d’aboutir à une vraie réforme définitive et donc d’arrêter de changer les règles du jeu tous les ans. La loi Galland avait été votée avec un objectif qui était très louable : faire cesser la guerre des prix à laquelle se livrait alors la grande distribution et protéger le commerce de proximité et les petits fournisseurs. Et enfin, chacun constate bien qu’au fil des ans cette loi a révélé plus d’effets négatifs que d’effets positifs. Avec la négociabilité, nous revenons à la réalité économique et vous savez, c’est toujours un beau repère que de mettre en place des réglementations qui sont liées aux réalités économiques. La négociabilité va définitivement enrayer le mécanisme pervers de surenchère permanente. Cette surenchère absurde entre d’un côté des industriels qui augmentent leurs tarifs pour anticiper les hausses des marges arrière réclamées par les distributeurs et de l’autre, des distributeurs qui augmentent les marges arrière pour répondre à la hausse des tarifs imposée par les industriels. Le résultat, vous le connaissez : ce sont des prix qui pour certains produits sont de 15 à 20 % supérieurs dans notre pays par rapport à ceux pratiqués dans les autres pays européens.
Il y a dans la liste des produits concernés, COCA COLA – NUTELLA…, qui valent 20 % de plus en France qu’en Allemagne. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi il y a
cette différence si ce n’est parce qu’il y a des règles en matière de négociabilité qui ont abouti à des résultats absurdes. Alors c’est vrai, monsieur ROUBAUD, que toute remise en cause d’un
dispositif existant soulève des interrogations mais souvenez-vous des craintes exprimées lors de la première étape de la réforme en 2005 avec la loi Dutreil. C’était exactement les mêmes
qu’aujourd'hui et pourtant aujourd'hui, la part des PME dans les linéaires de la grande distribution a augmenté. Notre système actuel – je voudrais vous faire réfléchir sur ce point – n’a
aucun équivalent en Europe. Vous, entrepreneurs, vous savez bien que la France et ses entreprises n’en peuvent plus de ces réglementations pavées de bonnes intentions qui finissent au bout du
compte par nuire à l’activité économique. Alors Christine LAGARDE et Luc CHATEL poursuivent de larges consultations afin de recueillir les réactions et les propositions de toutes les parties
prenantes mais je crois que notre projet est équilibré. Il ne remet pas en cause l’interdiction de revente à perte. Le système de sanction est renforcé, les règles du jeu sont clarifiées, le
dispositif existant pour les produits agricoles est maintenu. Nous mettons fin à la facturologie qui est consommatrice de temps et qui est source de contentieux sans fin. Mais on ne peut pas
faire cette réforme sans engager en même temps la réforme de l’urbanisme commercial parce que si on met en place la négociabilité sans introduire un petit peu plus de concurrence chez les
distributeurs eux-mêmes, alors on aura des résultats déséquilibrés puisque notre système d’urbanisme commercial a conduit à une concentration de la grande distribution dans notre pays. Voilà,
c’est comme ça. Il y a cinq enseignes qui se partagent le territoire, qui se sont très bien organisées et qui vont chercher leurs bénéfices non pas leurs résultats – qui font leur travail
d’expansion et de recherche de résultats supplémentaires à l’extérieur, à l’exportation, là où les règles sont beaucoup plus faciles et qui sont installées en France sur une position qui
n’est pas une position concurrentielle normale. Là encore les lois Raffarin et Royer avaient un objectif louable. Il s’agissait d’encadrer l’implantation des grandes surfaces pour préserver
les commerces de proximité. Mais qui peut dire que le résultat est satisfaisant ? Des barrières artificielles à l’entrée, une concentration élevée dans ce secteur, un commerce de
proximité qui n’a pas tiré son épingle du jeu et au final un impact défavorable sur les prix.
Est-ce qu’il faut supprimer complètement ces lois ? C’est ce que nous propose la commission Attali, le conseil de la concurrence ou encore la commission européenne. Nous avons opté pour une voie plus raisonnable. Nous ne voulons pas abolir toute réglementation de l’urbanisme commercial mais rééquilibrer les différentes formes de commerce et porter plus d’attention à l’insertion dans l’environnement des projets et plus largement au respect du développement durable. Parce que quand on regarde le résultat, franchement ce n’est pas exceptionnel ce qu’on a fait. On a le petit commerce qui est en crise – tout le monde le voit. On a les entrées de villes parmi les plus catastrophiques de tous les grands pays européens, en tout cas du Nord ; et on a les hard discounters qui se sont, à cause de la réglementation, plutôt installés en centre ville qu’à la périphérie. Si on peut considérer que c’est un résultat formidable, alors naturellement il faut continuer comme cela, mais je ne crois pas que ce soit un résultat qui soit à la hauteur de nos espérances. Nous instaurons davantage de concurrence entre les grandes enseignes en adoptant – en abandonnant la règle malthusienne selon laquelle tout projet qui aboutit à dépasser la moyenne régionale de la densité commerciale est nécessairement inopportune et nous renforçons nos dispositifs de soutien au commerce de proximité. Ce dernier occupe une place centrale dans notre économie et donc dans l’animation de nos centres villes et des communes rurales. Il répond à une demande grandissante des Français parce qu’il y a du service. Nous avons donc décidé de renforcer le fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce. Son enveloppe annuelle va passer de 80 à 100 millions d’euros. Il s’agit de conforter le commerce sédentaire et non sédentaire, notamment en milieu rural, dans les halles, dans les marchés ainsi que dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Et le commerce de proximité bénéficiera aussi de l’évolution de la taxe d’aide au commerce et à l’artisanat qui sera réduite pour les plus petits redevables et augmentée pour les très grandes surfaces, les centres commerciaux et les chaînes de succursales.
Est-ce qu’il faut supprimer complètement ces lois ? C’est ce que nous propose la commission Attali, le conseil de la concurrence ou encore la commission européenne. Nous avons opté pour une voie plus raisonnable. Nous ne voulons pas abolir toute réglementation de l’urbanisme commercial mais rééquilibrer les différentes formes de commerce et porter plus d’attention à l’insertion dans l’environnement des projets et plus largement au respect du développement durable. Parce que quand on regarde le résultat, franchement ce n’est pas exceptionnel ce qu’on a fait. On a le petit commerce qui est en crise – tout le monde le voit. On a les entrées de villes parmi les plus catastrophiques de tous les grands pays européens, en tout cas du Nord ; et on a les hard discounters qui se sont, à cause de la réglementation, plutôt installés en centre ville qu’à la périphérie. Si on peut considérer que c’est un résultat formidable, alors naturellement il faut continuer comme cela, mais je ne crois pas que ce soit un résultat qui soit à la hauteur de nos espérances. Nous instaurons davantage de concurrence entre les grandes enseignes en adoptant – en abandonnant la règle malthusienne selon laquelle tout projet qui aboutit à dépasser la moyenne régionale de la densité commerciale est nécessairement inopportune et nous renforçons nos dispositifs de soutien au commerce de proximité. Ce dernier occupe une place centrale dans notre économie et donc dans l’animation de nos centres villes et des communes rurales. Il répond à une demande grandissante des Français parce qu’il y a du service. Nous avons donc décidé de renforcer le fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce. Son enveloppe annuelle va passer de 80 à 100 millions d’euros. Il s’agit de conforter le commerce sédentaire et non sédentaire, notamment en milieu rural, dans les halles, dans les marchés ainsi que dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Et le commerce de proximité bénéficiera aussi de l’évolution de la taxe d’aide au commerce et à l’artisanat qui sera réduite pour les plus petits redevables et augmentée pour les très grandes surfaces, les centres commerciaux et les chaînes de succursales.
Voilà mesdames et messieurs, avec ce projet de loi nous parions sur vous, nous parions sur votre
énergie, sur votre créativité, sur votre courage. Il est temps je crois de sortir des recettes du passé, de revoir tous ces dispositifs fossilisés qu’on s’est trop longtemps contenté de
rafistoler à la marge et il nous faut aussi diffuser les innovations qui feront l’économie de demain. C’est ce que nous faisons dans cette loi avec son troisième volet qui est le volet de
l’économie numérique. Avec l’arrivée du très haut débit, une véritable révolution numérique s’amorce. Il y a là un défi passionnant et des opportunités très importantes à saisir. On estime
qu’encore un petit peu d’efforts sur l’équipement et sur la concurrence dans ce secteur est porteur de plusieurs points de croissance supplémentaires. Nous avons confié à Éric BESSON la mission
de contribuer au développement de l’économie numérique. Il va dans les prochaines semaines préparer un plan de développement à échéance de 2012. D’ores et déjà, des dispositions essentielles
figurent dans le projet de loi qu’Éric BESSON aura l’occasion sous l’autorité de Christine LAGARDE de défendre. Il s’agit notamment de définir les règles du jeu entre les opérateurs, règles du
jeu essentielles pour assurer un développement rapide de la fibre optique. Les applications potentielles sont immenses en terme de service très grand public. La France avait beaucoup de retard
tant qu’elle était en situation de monopole. Le jour où on a fait sauter le monopole des télécommunications, la France a rattrapé son retard et aujourd'hui nous sommes un des premiers pays
européens par exemple pour la pénétration du haut débit. Il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers, il faut continuer la marche en avant et veiller à ce que nous soyons de nouveau parmi les
premiers européens pour le très haut débit. Je termine enfin par un mot sur l’Europe. Vous savez que dans deux mois, la France aura la lourde charge d’assumer la présidence de l’Union
européenne. La France demandait depuis longtemps que les PME soient mieux considérées en Europe. Nous avons obtenu qu’un plan européen d’action pour les PME voit le jour à Bruxelles. Certains
appellent ça un small business act européen. Le commissaire chargé des entreprises est totalement impliqué dans ce projet et il devrait communiquer à ce sujet fin juin, juste avant la
présidence française de l’Union européenne. Je vais vous dire que mon gouvernement est et restera très impliqué sur ce sujet pour que l’Europe vienne à l’appui des PME françaises comme des PME
de l’ensemble du territoire européen pour leur donner des conditions de développement, des conditions de croissance qui soient les meilleures possibles.
Voilà mesdames et messieurs ce que je voulais vous dire ici en Côte d’Or à l’occasion de la mise en chantier de cette loi de modernisation de l’économie. Le débat s’ouvrira dans quelques semaines au Parlement. Je compte sur les entrepreneurs pour soutenir le mouvement, pour soutenir l’innovation, pour soutenir la réforme. Vous savez, on ne peut pas appeler la réforme pour les autres et ne jamais la vouloir pour soi et c’est bien une caractéristique de notre pays que de souhaiter en même temps qu’on aille plus vite dans les réformes mais surtout pas dans les réformes qui concernent telle ou telle catégorie de nos concitoyens. On a besoin d’un effort global de réforme. Les industriels, les chefs d’entreprise, les responsables de petites entreprises que vous êtes ont besoin de nouveaux instruments pour réussir leur développement. Bien nous essayons avec la loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, avec la loi de modernisation de l’économie aujourd'hui, de vous les donner. À vous de vous en saisir et de nous aider à rénover notre pays.
Voilà mesdames et messieurs ce que je voulais vous dire ici en Côte d’Or à l’occasion de la mise en chantier de cette loi de modernisation de l’économie. Le débat s’ouvrira dans quelques semaines au Parlement. Je compte sur les entrepreneurs pour soutenir le mouvement, pour soutenir l’innovation, pour soutenir la réforme. Vous savez, on ne peut pas appeler la réforme pour les autres et ne jamais la vouloir pour soi et c’est bien une caractéristique de notre pays que de souhaiter en même temps qu’on aille plus vite dans les réformes mais surtout pas dans les réformes qui concernent telle ou telle catégorie de nos concitoyens. On a besoin d’un effort global de réforme. Les industriels, les chefs d’entreprise, les responsables de petites entreprises que vous êtes ont besoin de nouveaux instruments pour réussir leur développement. Bien nous essayons avec la loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, avec la loi de modernisation de l’économie aujourd'hui, de vous les donner. À vous de vous en saisir et de nous aider à rénover notre pays.
par JDL
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Actualités politiques
Voici mes réponses de cet après-midi à l'Assemblée nationale.

1. Réponse à une question de Jean-François COPE (président du groupe UMP
à l'Assemblée nationale), au sujet des résultats des élections municipales et
cantonales et de la politique de réformes du Gouvernement...
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président COPE,
La majorité a déjà accompli en dix mois un travail considérable de réformes.
Hier, on parlait de la réduction du temps de travail, aujourd'hui, le débat est
sur les heures supplémentaires. Hier, on parlait des régimes spéciaux de
retraites, aujourd'hui, le débat est sur l'équité des régimes de retraites. Hier,
les universités françaises étaient bloquées dans leur développement,
aujourd'hui, elles sont en marche vers l'autonomie. Hier, les Français devaient
s'adapter aux grèves, aujourd'hui, ce sont les services publics qui doivent
s'adapter aux Français. Hier, on évoquait la fatalité de la délinquance,
aujourd'hui, c'est le temps de la fermeté.
Alors, je vous le dis, Monsieur COPE, Mesdames et Messieurs les députés,
nous allons poursuivre notre effort de réformes et nous allons tenir tous les
engagements qui ont été pris par le Président de la République et la majorité
devant les Français.
Sans doute, les Français nous ont-ils rappelé à l'occasion des dernières
élections nos engagements : des emplois dignes pour tous, une croissance
durable, qui permette de financer notre pacte social et d'améliorer les salaires
des Français, et en particulier des plus modestes, et des institutions plus
modernes et plus démocratiques.
Eh bien, Mesdames et Messieurs les députés, ces priorités vont structurer la
session parlementaire qui commence aujourd'hui. Vous allez débattre du
projet de loi de modernisation de l'économie, ce projet de loi qui permettra
d'améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises, et qui
permettra d'augmenter la concurrence dans notre pays, pour faire baisser les
prix et pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. Vous allez débattre du
contrat de travail et de sa réforme, telle qu'elle est proposée par l'accord des
partenaires sociaux. Vous allez débattre de l'élargissement de l'intéressement
et de la participation aux salariés des petites entreprises, et de la
conditionnalité des allégements de charges qui nous donnera un levier sur la
politique salariale. Vous allez débattre des suites du Grenelle de
l'environnement, avec en particulier un premier train de mesures concernant
les transports publics, attendues par tous les Français.
Et enfin, vous allez débattre de la réforme de nos institutions, avec un texte
qui vous sera soumis au début du mois de juin, qui constitue un compromis
entre les positions des uns et des autres, et qui permet pour l'essentiel
d'accroître les pouvoirs du Parlement et de donner de nouveaux droits à nos
concitoyens.
Enfin, vous allez participer à la maîtrise des dépenses publiques et à
l'amélioration de la justice sociale dans notre pays, avec le rendez-vous sur
les retraites prévu par la loi de 2003 ; avec le rendez-vous sur la protection
sociale, et enfin, avec la préparation du budget 2009, qui doit consister en une
étape significative vers l'objectif que nous nous sommes fixés d'équilibre des
Finances publiques en 2012, grâce, notamment, à une importante réforme de
l'Etat.
Alors, Monsieur le président COPE, Mesdames et Messieurs les députés, la
France ne se gouverne pas à coups de sondages. On ne peut pas changer de
cap tous les dix mois. Avec le Président de la République, nous avons fait le
choix de la vérité, nous avons fait le choix du courage, et nous avons fait le
choix de la continuité.
2. Réponse à une question de Jean-Marc AYRAULT (président du groupe PS à
l'Assemblée nationale), au sujet de la politique économique du Gouvernement
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Président AYRAULT,
Le Parti socialiste réclame un débat sur la situation économique et sociale,
c'est son droit. Je prends acte d'ailleurs que vous en fixez l'heure et la date,
avant même d'avoir reçu la réponse à la question que vous posiez au
Gouvernement.
Pourquoi donc cette fébrilité ? Parce que vous n'avez cessé durant la
campagne des municipales et des cantonales d'annoncer aux Français un
plan de rigueur qui n'a pas plus de chance d'aboutir, ou de risque d'aboutir,
que l'augmentation de la TVA que vous aviez annoncée durant la campagne
des législatives !
Alors, oui, M. AYRAULT, nous sommes ouverts au débat, tous les jours, ici,
dans cet hémicycle, à la commission des Finances, dont je vous rappelle que
c'est l'un des vôtres qui la préside. Nous sommes attentifs à la conjoncture
internationale, et nous avons pris des initiatives dans ce sens pour améliorer
la sécurité des systèmes financiers, pour améliorer la coopération entre les
pays européens et la coopération internationale. Mais au-delà de la
conjoncture, nous nous tenons au cap que nous sommes fixés, que nous
avons fixé avec les Français. Et ce n'est pas au premier coup de vent que
nous allons changer ce cap !
Ce cap, M. AYRAULT, il est fixé dans la Loi de finances pour 2008, c'est la
maîtrise des dépenses. Qu'est-ce que le Parti socialiste propose d'autre ? Est-
ce que le Parti Socialiste propose d'augmenter la dépense ? Est-ce qu'il
propose de ne pas respecter les engagements que nous avons pris au regard
de nos collègues européens ? Est-ce que le Parti socialiste propose de
continuer à tirer des chèques sur l'avenir de nos enfants en augmentant la
dette ? Aucune de ces solutions ne serait responsable !
Le cap de la maîtrise des prélèvements obligatoires, ensuite, c'est la première
condition de la défense du pouvoir d'achat des Français. Avant de donner des
1
leçons sur le pouvoir d'achat des Français, il faut commencer par accepter
ensemble de maîtriser et de baisser les prélèvements obligatoires.
Eh bien j'espère que tout le monde sera d'accord sur cet objectif, tout le
monde, et partout sur le territoire national. On en jugera dans les prochaines
semaines.
Enfin, le cap de la croissance. Parce que c'est une politique de croissance qui
nous permettra de retrouver les marges de manœuvre dont nous avons
besoin. Nous avons commencé avec les heures supplémentaires, qui
touchent aujourd'hui 60 % des entreprises françaises. Nous avons commencé
avec la réforme du crédit "impôt-recherche" ou avec la réforme du service
public de l'emploi. Eh bien, je vous le dis, nous allons continuer. Nous allons
continuer, avec la loi de modernisation de l'économie. Et je vous donne
rendez-vous, M. AYRAULT, à l'occasion de ce débat, où il y aura les
propositions du Gouvernement et de la majorité, et nous attendons avec
impatience les propositions du Parti socialiste pour améliorer le
fonctionnement de l'économie française !
Et puis nous poursuivrons avec la réforme du marché du travail et avec celle
du temps de travail.
Cette politique, c'est celle qui a été validée par les Français à l'occasion des
élections présidentielles et des élections législatives, c'est celle que nous
allons mettre en œuvre. Nous allons la mettre en œuvre pendant la
législature, parce que les difficultés de notre pays, le retard de notre pays
n'est pas dû à la crise financière. Il est dû à un défaut trop fréquent, et que
vous illustrez dans votre impatience et dans votre fébrilité, ce défaut, c'est de
piloter à vue, en fonction de la conjoncture à court terme, alors qu'il faut au
contraire se fixer des objectifs, s'y tenir. C'est ce que nous allons faire avec la
majorité et nous vous invitons à nous aider !

1. Réponse à une question de Jean-François COPE (président du groupe UMP
à l'Assemblée nationale), au sujet des résultats des élections municipales et
cantonales et de la politique de réformes du Gouvernement...
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président COPE,
La majorité a déjà accompli en dix mois un travail considérable de réformes.
Hier, on parlait de la réduction du temps de travail, aujourd'hui, le débat est
sur les heures supplémentaires. Hier, on parlait des régimes spéciaux de
retraites, aujourd'hui, le débat est sur l'équité des régimes de retraites. Hier,
les universités françaises étaient bloquées dans leur développement,
aujourd'hui, elles sont en marche vers l'autonomie. Hier, les Français devaient
s'adapter aux grèves, aujourd'hui, ce sont les services publics qui doivent
s'adapter aux Français. Hier, on évoquait la fatalité de la délinquance,
aujourd'hui, c'est le temps de la fermeté.
Alors, je vous le dis, Monsieur COPE, Mesdames et Messieurs les députés,
nous allons poursuivre notre effort de réformes et nous allons tenir tous les
engagements qui ont été pris par le Président de la République et la majorité
devant les Français.
Sans doute, les Français nous ont-ils rappelé à l'occasion des dernières
élections nos engagements : des emplois dignes pour tous, une croissance
durable, qui permette de financer notre pacte social et d'améliorer les salaires
des Français, et en particulier des plus modestes, et des institutions plus
modernes et plus démocratiques.
Eh bien, Mesdames et Messieurs les députés, ces priorités vont structurer la
session parlementaire qui commence aujourd'hui. Vous allez débattre du
projet de loi de modernisation de l'économie, ce projet de loi qui permettra
d'améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises, et qui
permettra d'augmenter la concurrence dans notre pays, pour faire baisser les
prix et pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. Vous allez débattre du
contrat de travail et de sa réforme, telle qu'elle est proposée par l'accord des
partenaires sociaux. Vous allez débattre de l'élargissement de l'intéressement
et de la participation aux salariés des petites entreprises, et de la
conditionnalité des allégements de charges qui nous donnera un levier sur la
politique salariale. Vous allez débattre des suites du Grenelle de
l'environnement, avec en particulier un premier train de mesures concernant
les transports publics, attendues par tous les Français.
Et enfin, vous allez débattre de la réforme de nos institutions, avec un texte
qui vous sera soumis au début du mois de juin, qui constitue un compromis
entre les positions des uns et des autres, et qui permet pour l'essentiel
d'accroître les pouvoirs du Parlement et de donner de nouveaux droits à nos
concitoyens.
Enfin, vous allez participer à la maîtrise des dépenses publiques et à
l'amélioration de la justice sociale dans notre pays, avec le rendez-vous sur
les retraites prévu par la loi de 2003 ; avec le rendez-vous sur la protection
sociale, et enfin, avec la préparation du budget 2009, qui doit consister en une
étape significative vers l'objectif que nous nous sommes fixés d'équilibre des
Finances publiques en 2012, grâce, notamment, à une importante réforme de
l'Etat.
Alors, Monsieur le président COPE, Mesdames et Messieurs les députés, la
France ne se gouverne pas à coups de sondages. On ne peut pas changer de
cap tous les dix mois. Avec le Président de la République, nous avons fait le
choix de la vérité, nous avons fait le choix du courage, et nous avons fait le
choix de la continuité.
2. Réponse à une question de Jean-Marc AYRAULT (président du groupe PS à
l'Assemblée nationale), au sujet de la politique économique du Gouvernement
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Président AYRAULT,
Le Parti socialiste réclame un débat sur la situation économique et sociale,
c'est son droit. Je prends acte d'ailleurs que vous en fixez l'heure et la date,
avant même d'avoir reçu la réponse à la question que vous posiez au
Gouvernement.
Pourquoi donc cette fébrilité ? Parce que vous n'avez cessé durant la
campagne des municipales et des cantonales d'annoncer aux Français un
plan de rigueur qui n'a pas plus de chance d'aboutir, ou de risque d'aboutir,
que l'augmentation de la TVA que vous aviez annoncée durant la campagne
des législatives !
Alors, oui, M. AYRAULT, nous sommes ouverts au débat, tous les jours, ici,
dans cet hémicycle, à la commission des Finances, dont je vous rappelle que
c'est l'un des vôtres qui la préside. Nous sommes attentifs à la conjoncture
internationale, et nous avons pris des initiatives dans ce sens pour améliorer
la sécurité des systèmes financiers, pour améliorer la coopération entre les
pays européens et la coopération internationale. Mais au-delà de la
conjoncture, nous nous tenons au cap que nous sommes fixés, que nous
avons fixé avec les Français. Et ce n'est pas au premier coup de vent que
nous allons changer ce cap !
Ce cap, M. AYRAULT, il est fixé dans la Loi de finances pour 2008, c'est la
maîtrise des dépenses. Qu'est-ce que le Parti socialiste propose d'autre ? Est-
ce que le Parti Socialiste propose d'augmenter la dépense ? Est-ce qu'il
propose de ne pas respecter les engagements que nous avons pris au regard
de nos collègues européens ? Est-ce que le Parti socialiste propose de
continuer à tirer des chèques sur l'avenir de nos enfants en augmentant la
dette ? Aucune de ces solutions ne serait responsable !
Le cap de la maîtrise des prélèvements obligatoires, ensuite, c'est la première
condition de la défense du pouvoir d'achat des Français. Avant de donner des
1
leçons sur le pouvoir d'achat des Français, il faut commencer par accepter
ensemble de maîtriser et de baisser les prélèvements obligatoires.
Eh bien j'espère que tout le monde sera d'accord sur cet objectif, tout le
monde, et partout sur le territoire national. On en jugera dans les prochaines
semaines.
Enfin, le cap de la croissance. Parce que c'est une politique de croissance qui
nous permettra de retrouver les marges de manœuvre dont nous avons
besoin. Nous avons commencé avec les heures supplémentaires, qui
touchent aujourd'hui 60 % des entreprises françaises. Nous avons commencé
avec la réforme du crédit "impôt-recherche" ou avec la réforme du service
public de l'emploi. Eh bien, je vous le dis, nous allons continuer. Nous allons
continuer, avec la loi de modernisation de l'économie. Et je vous donne
rendez-vous, M. AYRAULT, à l'occasion de ce débat, où il y aura les
propositions du Gouvernement et de la majorité, et nous attendons avec
impatience les propositions du Parti socialiste pour améliorer le
fonctionnement de l'économie française !
Et puis nous poursuivrons avec la réforme du marché du travail et avec celle
du temps de travail.
Cette politique, c'est celle qui a été validée par les Français à l'occasion des
élections présidentielles et des élections législatives, c'est celle que nous
allons mettre en œuvre. Nous allons la mettre en œuvre pendant la
législature, parce que les difficultés de notre pays, le retard de notre pays
n'est pas dû à la crise financière. Il est dû à un défaut trop fréquent, et que
vous illustrez dans votre impatience et dans votre fébrilité, ce défaut, c'est de
piloter à vue, en fonction de la conjoncture à court terme, alors qu'il faut au
contraire se fixer des objectifs, s'y tenir. C'est ce que nous allons faire avec la
majorité et nous vous invitons à nous aider !
par Francois Fillon
publié dans :
Actualités politiques
Mes chers
concitoyens,Le peuple français a choisi celles et ceux qui vont durant six ans diriger nos départements, nos villes et nos villages. J’adresse mes félicitations et mes encouragements pour la réussite de leur mandat à chacun d’entre eux.
La France a besoin d’un débat démocratique vigoureux.
La France a aussi besoin de se rassembler pour surmonter les difficultés que lui imposent les changements du monde.
C’est dans cet esprit que le gouvernement travaillera avec toutes les collectivités locales avec pour seule préoccupation, celle de l’intérêt général.
En 2001, la droite et le centre avaient remporté les élections municipales.
Aujourd’hui, la gauche a rétabli partiellement sa situation.
Chaque commune, chaque canton présentent des spécificités, et il est donc malvenu de tirer de ce scrutin local des leçons nationales.
L’importance des enjeux locaux et la faible participation ne s’y prêtent pas.
Le vote des français ne doit pas être instrumentalisé par des considérations partisanes.
Il ne faut pas tout mélanger !
La politique de la France, les électeurs l’ont majoritairement choisie lors des élections présidentielles et législatives.
Comme s’y est engagé le Président de la République, nous allons poursuivre cette politique parce qu’il faut de la ténacité pour réformer notre pays et parce que le respect de la démocratie exige le respect des engagements pris.
Pour autant, même s’il est diffus et éparpillé, il se dégage de ces élections locales un message.
A l’évidence, le fort taux d’abstention interpelle chacun d’entre nous.
Après dix mois intensifs de réformes – qui nous ont permis de marquer des points importants, notamment sur l’emploi et la sécurité des français – vous attendez encore et beaucoup de nous, et c’est pourquoi vous êtes exigeants avec nous.
Vous nous invitez à donner encore plus de force à notre politique de changement.
Vous nous rappelez nos objectifs :
Obtenir le plein emploi
Libérer et récompenser le travail
Déclencher une dynamique durable en faveur du pouvoir d’achat
Réhabiliter les valeurs de l’autorité et du respect
Garantir nos systèmes de solidarité
Retrouver l’équilibre de nos finances publiques.
Avec le Président de la République, nous sommes déterminés à atteindre ces objectifs.
Nous y parviendrons, et cela grâce à vous !
Je le constate tous les jours :
Les Français travaillent dur, innovent, s’adaptent aux évolutions du monde.
Mais nous devons et nous pouvons encore progresser.
Pour cela, il faut des changements structurels et un effort commun car on ne transforme pas un grand pays comme le notre en quelques mois.
Face à la mauvaise conjoncture internationale, la bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat va s’accentuer.
Dès la reprise des travaux du Parlement, deux projets de loi important pour dynamiser notre économie et stimuler notre marché du travail vont être débattus.
Dès à présent, sous l’autorité du Chef de l’Etat, le gouvernement est mobilisé pour la présidence de l’Union Européenne que la France exercera à partir du mois de Juillet.
Mes chers concitoyens,
Nous n’esquiverons pas les difficultés.
Nous respecterons nos engagements.
Avec le Président de la République, nous ferons réussir la France.
par Francois Fillon
publié dans :
Actualités politiques
Vous avez aujourd’hui marqué votre attachement à notre démocratie locale.
Je pense ce soir aux départements et aux 36.000 communes de France que des élus dévoués et passionnés administrent quotidiennement.
Je félicite ceux qui, dès ce soir et dès ce premier tour, sont élus, en leur souhaitant toute la réussite possible dans l’exercice de leur mandat.
Le gouvernement travaillera avec chacun d’entre eux car l’intérêt général commande d’agir ensemble au service des Français.
A cette heure, les chiffres du premier tour sont encore indécis, mais plus équilibrés que ceux qui nous avaient été annoncés.
Le second tour est donc, plus que jamais, entre les mains des électeurs.
C’est à vous qu’il revient maintenant de choisir une équipe et un projet.
Je sais que vous le ferez en votre âme et conscience, en pensant d’abord à l’intérêt de votre commune et de votre département car c’est de cela qu’il est question.
Certes, je vois bien qu’à travers ces élections les responsables de l’opposition voudraient exacerber les clivages politiques.
Cette démarche partisane ne correspond pas aux réalités et aux nécessités locales.
Ne mélangeons pas les enjeux.
La politique de la nation a été débattue et tranchée par le peuple au printemps 2007.
A cette occasion, le Président de la République s’est engagé à transformer en profondeur notre pays pour atteindre le plein emploi, pour obtenir une croissance plus forte et plus durable, pour rénover notre modèle social.
Ces objectifs, nous les atteindrons, car nous tiendrons le cap des réformes !
Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la gestion de nos villes, de nos villages et de nos départements.
Durant cette semaine, je demande à tous ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs de se mobiliser.
Dimanche prochain, les valeurs de l’intérêt général, du travail, de la sécurité et de la solidarité doivent être au rendez-vous de notre démocratie locale.
par Francois Fillon
publié dans :
Actualités politiques
Voici le texte de mon interview de mardi dernier par Jean-Pierre ELKABBACH.
Interview
du Premier Ministre, François FILLON
à Europe 1
– « L’invité » de Jean-Pierre ELKABBACH
**********
Mardi 4 mars 2008 de 8H20 à 8H35
JACQUES PRADEL
En direct sur EUROPE 1 et en vidéo sur EUROPE 1.FR, Jean-Pierre ELKABBACH, vous recevez le Premier ministre François FILLON.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre François FILLON, bonjour…
FRANÇOIS FILLON
Bonjour Jean-Pierre ELKABBACH.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d’être avec nous. Vous n’avez pas été exaucé, et j’ai envie de dire heureusement, vous qui souhaitiez la disparition du Premier ministre, vous ne seriez pas ici, avocat du président et dans cette forme.
FRANÇOIS FILLON
Non Jean-Pierre ELKABBACH, il y a deux régimes politiques différents possibles dans une démocratie moderne, il y a un régime présidentiel ou il y a un régime parlementaire. La France a un régime qui est un petit peu entre les deux. Moi, j’aurai souhaité qu’on aille vers un vrai régime présidentiel, ça n’est pas le souhait des Français manifestement, ça n’a pas été au cœur de la campagne présidentielle. Donc on reste dans le système de fonctionnement qui a été celui de la 5ème République, où il y a un président de la République qui impulse, qui prend les décisions, qui répond devant les Français au fond de la mise en œuvre de son projet, et puis il y a un Premier ministre qui est chargé de la mise en œuvre et qui est chargé tous les jours de rendre des comptes à la majorité parlementaire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais dans le prochain sondage IPSOS Le POINT, vous gagnez 7 points, 59 % c’est un record, vous l’avez assez entendu, pour un Premier ministre. Est-ce que chaque matin, vous êtes un peu embarrassé, vous vous dites « oh la là ! Je monte encore dans les sondages » ?
FRANÇOIS FILLON
Non, mais je ne suis pas plus embarrassé quand je monte que quand je descends, parce que je pense que tout ça, c’est la photographie d’un moment, c’est l’immédiaté des commentaires…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le moment dure là, le moment dure.
FRANÇOIS FILLON
Des commentaires. Ce qui compte c’est les élections, donc il y a eu une élection présidentielle en 2007, les Français ont choisi un projet politique et ils ont choisi un homme. Le président de la République a un mandat qui court jusqu’en 2012, il va mettre en œuvre son projet entre 2007 et 2012, quoi qu’il arrive…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Quand vous entendez…
FRANÇOIS FILLON
Et ce qui comptera, ça sera le jugement… à la fin, c’est le jugement quand les réformes sont faites, quand les gens peuvent peser ce qui a été réussi, ce qui ne l’a pas été et comment leur vie a changé.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous entendez « ça va mal finir »…
FRANÇOIS FILLON
Enfin tout ça est assez pathétique. La manière dont les mêmes commentateurs, qui portaient aux nues le président de la République, aujourd’hui organisent la chassent à l’homme montre à quel point tout ça est dérisoire. Et un homme politique digne de ce nom doit prendre ses distances par rapport à cette agitation. Le président de la République, on l’a vu dans le passé, a une très très grande capacité de rebond, il sait très bien où il va et il sait très bien qu’il sera jugé sur sa capacité à tenir ses engagements, et il a 5 ans pour le faire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le même sondage IPSOS Le POINT dit que pour la première fois, vous parlez de rebond, la popularité de Nicolas SARKOZY remonte, plus de points, est-ce que c’est pour lui le début du commencement d’une sortie de l’enfer ?
FRANÇOIS FILLON
Vous voyez qu’il a une capacité de rebond mais encore une fois, prenons nos distances par rapport à ces sondages qui sont…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous voyez qu’il remonte, est-ce que vous vous dites « je suis soulagé » ?
FRANÇOIS FILLON
Ils sont terriblement ambigus, quand on dit qu’il y a une différence dans les sondages entre le président de la République et le Premier ministre, ça veut dire quoi ? Puisque le président de la République et le Premier ministre mettent en œuvre la même politique, celle qui a été décidée par les Français. Donc la capacité de rebond du président de la République, elle est dans la mise en œuvre de ses engagements. Je pense, et je m’en suis souvent expliqué y compris sur votre antenne, la crise de confiance qui a caractérisé la vie politique française pendant très longtemps était liée au fait que les Français avaient le sentiment que les hommes politiques ne respectaient jamais leurs engagements. Eh bien ! C’est en train de changer, ils ont à la tête de l’Etat un président de la République qui respecte ses engagements, et il sera jugé sur cela.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous pouviez dire autre chose ce matin ?
FRANÇOIS FILLON
Non mais je vous dis ce que je pense Jean-Pierre ELKABBACH, je dis toujours ce que je pense, surtout à vous.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Le conseil de Jean-Pierre RAFFARIN, est-ce qu’il a été utile ? Parce que…
FRANÇOIS FILLON
Quel conseil ?
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vais vous le dire, de ville en ville (il l’a dit ici) vous avez investissez votre capital en faveur du président de la République, vous n’épargnez plus, vous n’épargnez pas et vous ne vous épargnez pas.
FRANÇOIS FILLON
Tout ça n’a… enfin je veux dire, c’est très intéressant mais il n’y a pas de capital. Tous les matins, je mets en œuvre la politique du président de la République. Le jugement des Français, forcément, se rejoindra entre l’avis qu’il porte sur le président et l’avis qu’il porte sur le Premier ministre, puisque nous mettons en œuvre la même politique. Moi je ne gère pas un capital, je suis très éloigné de ces calculs et de ces formules alambiquées de communicants, auxquelles d’ailleurs je n’ai jamais rien compris.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On passe au fond des sujets, on reviendra peut-être sur le problème institutionnel des rapports entre le président et le Premier ministre. Mais à Hanovre cette nuit, Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY se sont apparemment réconciliés. Ils ont défini un compromis…
FRANÇOIS FILLON
Vous savez, ils n’étaient pas fâchés…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais enfin ils étaient en froid, ils étaient en froid. Un compromis sur l’Union de la méditerranée qui devient un projet de toute l’Europe. Est-ce que la France fait en ce moment l’apprentissage de la modestie ?
FRANÇOIS FILLON
Non. Ce qui se passe en Europe, c’est que l’Allemagne est forte, elle est forte de sa réunification, elle est forte des réformes qu’elle a accomplies et qui nous redonnent une capacité en terme de croissance sur le plan industriel, elle est peut-être forte aussi de sa situation politique étonnante…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais c’est une coalition.
FRANÇOIS FILLON
Avec cette coalition. Et en même temps la France, depuis l’arrivée de Nicolas SARKOZY, est forte aussi en Europe, elle est forte parce que c’est elle qui a remis le processus européen en marche, elle est forte parce qu’elle a des ambitions, parce qu’elle veut bousculer certaines traditions établies. Et du coup, il y a une certaine confrontation entre la France et l’Allemagne, dans le bon sens du terme, entre deux grandes puissances qui sont les deux plus grandes puissances de l’Union européenne et qui ont des intérêts communs, et parfois des intérêts divergents…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais cette nuit à Hanovre…
FRANÇOIS FILLON
Et donc sur l’Union de la méditerranée, il est incontestable que la France a des intérêts plus directs que l’Allemagne parce qu’elle est riveraine de la méditerranée. En même temps l’Allemagne naturellement, étant un des leaders de la construction européenne, a vocation à participer à l’Union de la méditerranée, le compromis que nous avons trouvé cette nuit, c’est un compromis qui s’appuie sur une structure déjà existante qui est l’Union de la baltique, dans lequel naturellement l’Allemagne a un rôle particulier dans lequel la France…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il y en a qui l’avaient oublié ça.
FRANÇOIS FILLON
N’est qu’observateur. Et donc, nous avons dit aux Allemands : ben voilà ! il y a l’Union de la baltique dans lequel nous, on est observateur, on va faire l’Union de la méditerranée, vous serez associés à tout ce qui sera organisé dans ce cadre-là. Mais reconnaissez que la France et les pays riverains de la méditerranée ont un rôle particulier à jouer dans la mise en œuvre de ce projet, qui est très très important pour la stabilité de l’Europe et pour la stabilité du monde, parce que la méditerranée c’est aujourd’hui l’un des ferments de crise les plus importants.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
L’UIMM n’a cédé qu’en partie à Laurence PARISOT, obligée de congédier ses directeurs, elle veut garder tous les mandats sociaux de la métallurgie. Est-ce que vous êtes tout de même satisfait de ces décisions ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que Madame PARISOT a eu la bonne réaction. Tout le monde a été choqué, à la fois par le montant des indemnités de départ de Monsieur GAUTIER-SAUVAGNAC, mais surtout par la méthode au fond…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le secret ?
FRANÇOIS FILLON
Mais je veux rappeler qu’il y a une instruction judiciaire en cours, et que le rôle du Premier ministre, le rôle des membres du gouvernement, ce n’est pas de se substituer à la justice. Donc, il y a une instruction judiciaire qui a commencé il y a déjà quelques semaines, qui doit faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’UIMM, où allaient les financement de l’UIMM. Et dans ce cadre-là, les contrats incriminés (qui semble-t-ils vont être revus d’ailleurs) vont être soumis au juge. Et le juge dira si ces contrats sont légaux ou s’ils ne sont pas légaux.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais hier, vous avez reçu à Matignon Laurence PARISOT, de quelle façon vous soutenez la présidente du MEDEF ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je soutiens tous les responsables des organisations syndicales et patronales quand ils sont engagés dans la voie de la réforme du dialogue social, de la réforme du financement…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est son cas, c’est son cas.
FRANÇOIS FILLON
C’est son cas, Laurence PARISOT est, avec d’autres responsables syndicaux, très très engagée dans la modernisation du dialogue social. Et la modernisation du dialogue social passe par des partenaires sociaux plus forts, donc avec une meilleure représentativité, élue de façon plus démocratique et avec un financement complètement transparent. Je pense par exemple qu’il serait très utile que toutes les organisations syndicales et patronales fassent certifier leurs comptes par un commissaire aux comptes, de façon à ce qu’il n’y ait plus les ambiguïtés qui existent aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce que vous François FILLON, Premier ministre, vous pensez que le moment est venu de s’occuper du financement des organisations syndicales ?
FRANÇOIS FILLON
Non seulement le moment est venu Jean-Pierre ELKABBACH, mais j’ai avec le président de la République demandé aux partenaires sociaux de travailler sur ce sujet. Je leur ai donné jusqu’au 31 mars pour qu’ils nous fassent des propositions sur la modernisation du dialogue social, les nouvelles règles de représentativité, le mode de négociation des accords et le financement de leurs organisations. Et si le 31 mars, ils ne me font pas de proposition, alors le gouvernement fera son travail, prendra ses responsabilités…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le 31 mars c’est dans quelques jours !
FRANÇOIS FILLON
Voilà, absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A la fin du mois.
FRANÇOIS FILLON
C’est pour ça que vous voyez que ce n’est pas un… Vous savez, on n’a pas attendu l’UIMM pour se lancer sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà, mais l’UIMM écarte avec des fleurs Denis GAUTIER-SAUVAGNAC et son adjoint Dominique de CALAN, les deux hommes qui savent tout partent avec leurs secrets. Je ne sais pas si vous trouvez ça normal, qui permettra de découvrir l’origine et la destination des fonds de la caisse ?
FRANÇOIS FILLON
Mais la justice, la justice, il n’y a de secret pour personne, on est dans un Etat de droit, on n’achète pas le silence de qui que ce soit, il y a des juges qui vont faire leur enquête. Alors évidemment, le temps de la justice est toujours trop long par rapport à celui des médias et par rapport à l’attente des citoyens…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le Fisc s’en mêlera après ?
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, mais vous imaginez bien que le Fisc ne va pas laisser de côté cette question.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, on ne s’avoue pas impuissant ou que l’on soit…
FRANÇOIS FILLON
Absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Devant la pratique des caisses noires qui remonte loin ?
FRANÇOIS FILLON
Non, il n’y a aucune impuissance. La nouveauté simplement, c’est que ces pratiques apparaissent en pleine lumière et c’est bien pour la démocratie, mais il faut en tirer toutes les conséquences. C'est-à-dire qu’il ne suffit pas simplement de sanctionner des fautes qui ont été commises, mais aussi de mettre en place de nouveaux systèmes qui permettent d’éviter qu’on se fourvoie dans de tels écarts.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que l’UIMM était une forteresse, elle ne restera pas une forteresse ?
FRANÇOIS FILLON
Oui, mais c’était vrai de l’ensemble du système d’organisation des partenaires sociaux dans notre pays, chacun le sait bien.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et de grandes négociations sociales sont attendues en 2008, dans ce climat, avec cette guerre ouverte au sein du MEDEF, comment vous ferez évoluer les relations sociales ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je ne crois pas que ce soit un obstacle pour les négociations sociales, au contraire. Je pense que quand il y a une pression comme ça qui s’exerce sur les uns et sur les autres, on négocie mieux, on est moins conservateur, on sait qu’on est jugé par l’opinion, qu’on est sous les feux des projecteurs de l’actualité. Et donc, je suis convaincu que les partenaires sociaux vont avoir à cœur d’aller plus vite et plus loin dans la négociation, en particulier sur la représentativité, en raison de la situation et des doutes qui pèsent sur leur fonctionnement.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON, la querelle sur l’augmentation des prix, des prix de quelques produits alimentaires et non de tous les prix et de tous les produits, ils ont des effets sur le pouvoir d’achat. Quelle action efficace vous pouvez, vous, mener là où vous êtes ?
FRANÇOIS FILLON
L’action plus efficace que peut conduire le gouvernement sur les prix, parce que sur le pouvoir d’achat le gouvernement peut agir sur les prix et sur l’organisation économique, la croissance, l’emploi…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Sur les prix, le plus efficace c’est d’accroître la concurrence, car on voit à travers les contrôles qu’on a faits qu’il y a moins d’augmentations que ce qu’ont dit certaines enquêtes, qui ont fait… comment dirai-je, un peu du sensationnel en prenant des produits qui étaient des produits de niche, mais enfin il y a une augmentation. Et on s’aperçoit que cette augmentation…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous le saviez, vous avez attendu…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr qu’on le sait, on le sait, d’ailleurs on a fait voter une loi au mois de décembre qui entre en application au mois de mars, pour déjà peser sur les prix en permettant la réintégration de ce qu’on appelle les marges arrière. Donc il y a des entreprises industrielles, il y a des distributeurs qui répercutent la hausse des produits alimentaires de façon excessive, il y en a d’autres qui ne le font pas, donc il n’y a pas une concurrence suffisante dans le système. Donc ce que nous allons faire, dès que le Parlement sera revenu de l’interruption de session qui est due à l’élection municipale, c’est proposer un débat sur une loi de modernisation de l’économie dans laquelle, il y aura des mesures pour permettre la négociabilité des prix. C'est-à-dire pour permettre une meilleure négociation des prix entre les industriels et les distributeurs, des mesures pour accroître la concurrence entre les enseignes de distribution, tout le monde se rend bien compte que les lois qui ont été votées en France pour protéger le petit commerce ont en fait abouti au contraire. C'est-à-dire que le petit commerce a été éradiqué des centres-villes, mais en même temps il y a une sorte de monopole de certaines enseignes qui s’est installé et qui est contraire à la concurrence. Et enfin, on va mettre en place une autorité indépendante de la concurrence avec des pouvoirs accrus, pour qu’elle puisse traquer les ententes et les abus de position dominante…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc plus de concurrence. Le rapport ATTALI, quand il n’est pas caricaturé, proposait des mesures renforçant…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, il proposait ces mesures-là…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu’est-ce que vous allez retenir du rapport ATTALI, à moins que vous ne le mettiez à la poubelle ?
FRANÇOIS FILLON
Non, non, mais sur le rapport ATTALI on prend les mesures que je viens d’indiquer, on les prend d’autant plus qu’elles étaient déjà dans les projets du président de la République sur lesquels on avait fait campagne en 2007.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La hausse des prix, c’est un problème français mais c’est un problème européen, je regardais le débat hier, RAJOY hier soir à la télé, et ZAPATERO, ils ont passé au moins 20 minutes à comparer les prix et les augmentations de prix, parce qu’on vit dans un marché libre avec une compétition mondiale sur les matières premières. Comment on peut tenir les prix sans les contrôler, parce que vous ne voulez pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Contrôler les prix, ça n’a jamais donné de bons résultats, les économies administrées ont toujours été des économies de pénurie, donc personne ne veut aller dans ce sens. Pourquoi est-ce qu’il y a aujourd’hui une augmentation forte des prix ? Parce qu’il y a une pression sur les matières premières et puis parce qu’il y a des variations de cours des monnaies qui sont complètement désordonnées. Donc, il y a un problème de rapport entre le dollar et l’euro, sur lequel le président de la République a été le premier à attirer l’attention à un moment où personne ne considérait qu’il s’agissait d’un problème. Et puis il y a un deuxième sujet qui est la capacité de production des pays développés, et en particulier de l’Union européenne, notamment dans le domaine agricole, on a pendant très longtemps pensé que ce qu’il fallait c’est réduire la production agricole pour éviter les surproduction et les baisses de prix. On n’avait pas anticipé le fait qu’un milliard et demi de Chinois allaient se jeter à corps perdu dans l’économie de marché, qu’un milliard d’Indiens allait faire la même chose, qu’ils ont le droit, que les pays d’Amérique latine allaient enfin émerger. Et aujourd’hui, il y a une demande mondiale qui est extrêmement forte, donc il faut que l’économie européenne et l’économie française s’adaptent à cette situation.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je reviendrai tout à l’heure sur le pouvoir d’achat François FILLON. Selon quels critères pour les municipales, la droite aura gagné ou perdu ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez les municipales, c’est quoi ? Les municipales c’est le choix d’un maire, d’une équipe, d’un projet. Tous les maires, toutes les équipes et tous les projets ne se valent pas. Il y a des considérations locales, il y a des considérations nationales dans la mesure où les candidats de la majorité présidentielle portent des valeurs et des projets qui leur sont propres…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais ça veut dire que si un maire de gauche est bon localement, vous le soutenez ? C’est une question d’efficacité.
FRANÇOIS FILLON
Ca ce sont les électeurs qui le font et vous savez, vous avez remarqué que pour la première fois sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY, les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales sont des listes d’ouverture. C'est-à-dire qu’il y a dans toutes les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales des hommes et des femmes de gauche, des hommes et des femmes du centre.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est pour ça qu’il n’y a pas UMP sur leurs affiches ?
FRANÇOIS FILLON
Oui enfin vous savez, moi j’ai été maire pendant 20 ans, j’ai jamais mis aucun sigle politique sur mes affiches aux élections municipales parce qu’aux élections municipales vous essayez de rassembler le maximum de gens autour de sujets qui sont des sujets communs.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors sur quel critère la droite gagne ou perd ?
FRANÇOIS FILLON
J’imagine que les médias trouveront certainement des critères quant au nombre de villes gagnées ou perdues, quant au nombre de voix attribué à la majorité ou à l’opposition. Mais je disais que tous les projets ne se valent pas parce qu’il y a des sujets sur lesquels les listes de la majorité présidentielle portent des valeurs différentes, sur la sécurité les listes de la majorité présidentielle ne défendent pas les mêmes projets. Le Grenelle de l’environnement, les listes de la majorité présidentielle sont garantes de la mise en œuvre des objectifs du Grenelle de l’environnement, pas les listes de gauche. Sur le service minimum à l’école, c’est la même chose.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous voyez que vous faites de la politique et vous nationalisez le débat politique.
FRANÇOIS FILLON
Non je veux dire par-là que le débat, il est local et national. Il est forcément local et national et les électeurs doivent savoir qu’en votant pour une liste de gauche ou en votant pour une liste de droite, il y a des choses qu’ils auront et des choses qu’ils auront pas. Le service minimum à l’école, les listes de gauche n’en veulent pas par exemple.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE espère, il le disait à EUROPE 1, que le Parti socialiste pourra récupérer 30 des 40 villes perdues en 2001. Il ne vend pas encore la peau de l’ours mais il voit déjà l’ours.
FRANÇOIS FILLON
Enfin François HOLLANDE est un grand spécialiste de...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La chasse ?
FRANÇOIS FILLON
François HOLLANDE, au moment des élections locales est très actif. On le voit moins lorsqu’il s’agit de défendre un projet politique pour notre pays et donc je pense que les Français ne s’y trompent pas. Les Français voient bien qu’il y a une espèce de tentative du Parti socialiste de se refaire une santé à l’occasion d’une sorte de troisième tour des élections présidentielles. Ca n’a pas de sens et en tous cas, ce que je veux dire c’est que c’est d’une certaine manière tromper les Français et tromper les électeurs, c’est priver les électeurs d’une ville, du vrai débat local dont ils ont besoin. Et c’est les tromper parce que de toutes façons, le président de la République mettra en œuvre le projet politique pour lequel il a été choisi par les Français.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On va y venir.
FRANÇOIS FILLON
Et les élections municipales n’auront pas d’impact sur le projet politique choisi par les Français, sinon il y aurait plus de démocratie dans notre pays.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON vous dites, ce n'est pas des élections nationales. Où vous serez ce soir ?
FRANÇOIS FILLON
Où je serai ce soir ? Moi je soutiens les candidats...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous allez à Lyon.
FRANÇOIS FILLON
Je soutiens les candidats de la majorité parce que c’est mon rôle de chef du gouvernement, c’est mon rôle de chef de la majorité. Je suis un militant politique, ça ne vous a pas échappé et donc je vais soutenir mes amis et j’ai choisi d’aller soutenir ceux qui, comment dirai-je, étaient dans les situations les plus difficiles, ceux qui étaient dans les villes où il y avait au fond le moins de chance de l’emporter parce qu’il y a des traditions de gauche importantes ou parce qu’il y a des maires sortants qui ont, qui sont bien établis parce que je pense que c’est le rôle du chef de la majorité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous mettez, comme disait l’autre, votre capital au service de...
FRANÇOIS FILLON
Je n’ai pas de capital.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce qui vous reste du capital.
FRANÇOIS FILLON
Je suis militant politique et je fais mon travail.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE et Laurent FABIUS vous soupçonnent de préparer un plan, je ne sais pas comment il faut l’appeler, d’austérité, de rigueur au lendemain des municipales. Vous, vous dites le contraire. Mais est-ce que vous pouvez affirmer qu’il n’y aura pas de prélèvements d’impôts nouveaux après ?
FRANÇOIS FILLON
Monsieur FABIUS est un grand spécialiste. Il nous a expliqué après le traité, au moment du débat sur le traité européen, qu’il y aurait un plan B. Tout le monde s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de plan B. Au lendemain des élections législatives, monsieur FABIUS nous a expliqué qu’il allait y avoir une forte augmentation de la TVA. Vous avez vu une forte augmentation de la TVA ? Et maintenant pour les élections municipales, il nous explique qu’il y aura un plan de rigueur. Tout ça est faux, c’est d’ailleurs pas digne d’un homme d’Etat que de mentir avec cette constance-la. Il n’y aura pas de plan de rigueur. Il y a un budget 2008 qui a été voté par le Parlement, il sera mis en œuvre, naturellement en fonction de la croissance et en fonction des rentrées fiscales. Comme tout gouvernement, on fait des ajustements sur les dépenses. Ca n’a rien à voir avec un plan de rigueur et d’ailleurs monsieur FABIUS a été sévèrement contredit par monsieur JUNCKER, le Premier ministre du Luxembourg qui préside le conseil des ministres des Finances de l’euro, qui a indiqué que contrairement à ce que disait monsieur FABIUS, madame LAGARDE n’avait à aucun moment défendu un plan de rigueur devant les ministres des Finances européens.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Au delà de la polémique, ce que l’on retient ce matin c’est qu’il y a pas d’impôt ou de prélèvement après, quand on l’aura voté.
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr mais ce n’est pas des méthodes. Ce n'est pas des méthodes politiques, ce n'est pas digne.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et quand François HOLLANDE disait dimanche, toujours sur EUROPE 1, que le Parti socialiste voulait après les régions, dominer les départements et les mairies pour vous obliger à une cohabitation territoriale. En quelque sorte le local contre Paris.
FRANÇOIS FILLON
D’abord ce serait une sorte de coup d’Etat institutionnel puisque...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A travers les élections ?
FRANÇOIS FILLON
Les institutions n’ont jamais prévu que les régions, les départements ou les communes avaient un rôle législatif à jouer, avaient un rôle à jouer dans la conduite des affaires de l’Etat. Et puis deuxièmement les Français devraient bien s’interroger puisque après les élections régionales, qu’est-ce qu’on a vu ? Puisque toutes les régions, sauf deux, en Métropole sont à gauche. On a vu une augmentation massive des impôts, y compris d’ailleurs de la TIPP dont les socialistes réclament qu’elle baisse quand il s’agit d’alimenter les caisses de l’Etat mais qui augmentent le taux quand il s’agit d’augmenter les ressources des régions. On a vu dans beaucoup de régions des comportements très sectaires. J’ai pu l’expérimenter moi-même dans la mienne. C'est-à-dire qu’on aide les municipalités de gauche et moins celles de droite. Franchement je pense que les Français devraient regarder de près le bilan des régions avant de donner les clés des départements et des communes à la gauche.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre, en quoi ces élections municipales vont t-elles intervenir pour l’avenir et la conduite des réformes ? Est-ce qu’il faut que les Français s’attendent à une pause comme certains le réclament ou à un nouvel élan, un nouveau souffle si vous avez des réformes dans votre sac ?
FRANÇOIS FILLON
Non il n’y aura aucune pause pour une raison simple, c’est que la France n’a pas le choix. La France n’a pas le droit de faire une pause. Ce que j’évoquais à l’instant, c'est-à-dire cette montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des pays émergeants, la façon dont les autres pays européens autour de nous ont commencé depuis plus longtemps que nous à réaliser l’adaptation de leur économie et de leur système sociale. Le président de la République était hier en Allemagne, l’Allemagne est un exemple tout à fait éloquent. Il y a cinq ans l’Allemagne était donnée en très très grande difficulté, aujourd’hui l’Allemagne est un pays qui a des comptes équilibrés et qui a un dynamisme industriel qui impressionne le monde. Donc nous, nous n’avons pas le droit à la pause. Et d’une certaine manière j’ai envie de dire, après les élections municipales on va plutôt accélérer puisqu’on a été obligé pour cause d’élections, simplement parce que le Parlement ne siège pas, de ralentir le rythme des réformes.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais les Français sont dans le brouillard. Est-ce qu’il y a deux ou trois principales priorités, des priorités simples et claires pour 2008 ?
FRANÇOIS FILLON
Les priorités du gouvernement elles sont connues. Nous on veut qu’à la fin du quinquennat, on soit dans les trois premiers pays européens pour la croissance et qu’on ait atteint le plein emploi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous maintenez l’idée des 2% de croissance alors que tous les autres sont en train de voir une croissance qui baisse sur la planète entière ?
FRANÇOIS FILLON
Je maintiens qu’on sera très près de 2% de croissance. On nous donne en ce moment entre 1,5 et 1,7 de croissance, on est en train de faire les réformes qui vont nous permettre d’aller chercher les dixièmes de points supplémentaires. Comment ? Ca veut dire que sitôt après les élections municipales, avec le président de la République, on proposera un projet de modernisation de l’économie avec les mesures sur la concurrence que j’ai évoquées tout à l’heure, avec des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises comme la réduction des délais de paiement, des mesures fiscales sur l’impôt forfaitaire annuel de simplification administrative. Un plan très ambitieux de soutien aux nouvelles technologies et la réforme de la distribution du Livret A pour mieux alimenter la politique de logement social. Le deuxième projet qui sera présenté au Parlement immédiatement, c’est un projet de loi sur la flex sécurité. C’est à dire plus de flexibilité pour les entreprises pour qu’elles soient plus dynamiques sur les marchés internationaux et en même temps plus de sécurité pour les salariés. C’est la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC. C’est la réforme du contrat de travail qui a été décidée par les partenaires sociaux et qu’on va transformer en texte législatif mais c’est aussi la réforme de la représentativité syndicale que j’évoquais tout à l’heure et surtout une fois cette réforme de la représentativité syndicale faite, la possibilité pour l’entreprise de négocier avec ses salariés la question du temps de travail autour des heures supplémentaires, de façon complètement libre dans l’entreprise. On va mettre en place le plan banlieue et sur le pouvoir d’achat, nous voulons une loi très très ambitieuse sur l’intéressement. Vous savez qu’aujourd’hui l’intéressement profite...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi vous dites toujours le pouvoir d’achat et jamais le niveau de vie que vous voulez améliorer, disons, à plus long terme ? C'est-à-dire avec des résultats un peu plus tard. Parce que vous avez naître tellement d’espoir que maintenant, ils sont, peut-être momentanément, mais en tous cas ils sont déçus.
FRANÇOIS FILLON
Je ne crois pas qu’on ait fait naître des espoirs. Il y a une pression sur les prix dans notre pays et il faut répondre à cette question de la pression sur les prix. Il faut y répondre en créant des emplois et de la richesse pour que les salaires augmentent. C’est ce qu’on essaie de faire. Et non pas en réduisant le temps de travail comme l’avaient fait nos prédécesseurs. Il faut agir sur le logement parce que personne ne parle du logement mais le logement, c’est le poste le plus important dans les dépenses des ménages. Or pourquoi est-ce que le logement est si cher en France ? C’est parce que pendant des années et notamment sous la gauche, on n’a pas construit suffisamment de logements. On construit plus de logements aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vous écoute. Vous dites, on va faire. Donc vous resterez Premier ministre ?
FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une question qui est entre le président de la République et moi. Vous savez dans la Vème République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui mais alors comment... vous en avez parlé tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Dans la Vème République, le Premier ministre est à la disposition du président de la République et de la majorité et donc c’est un sujet dont je parle avec le président de la République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dont vous parlez.
FRANÇOIS FILLON
Il n’y a pas de raison que je dévoile, même à la demande de Jean Pierre ELKABBACH, la nature des conversations que j’aie avec le président de la République sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais avec Hélène FONTANEAU, on constatait que vous ne faites plus de jogging ensemble. Vous travaillez quand même ensemble directement tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Simplement on a des emplois du temps qui sont assez lourd, qui ne nous permettent plus de courir ensemble, en tous cas lorsque, sauf, on a couru ensemble il y a pas si longtemps.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et qu’est-ce qui est le plus dangereux pour un Premier ministre ? Etre trop populaire ?
FRANÇOIS FILLON
Pas de courir en tous cas.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Etre trop populaire ou ne pas l’être assez ?
FRANÇOIS FILLON
Mais je crois que tout ça a très peu d’importance parce que la popularité, ça va et ça vient. Mais au fond la seule popularité qui compte en démocratie, c’est celle que donne l’élection. Et c’est au moment des élections que les Français font des choix et en général, ils font des choix qui sont des choix très raisonnés.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce qu’il y aura un gouvernement de printemps ?
FRANÇOIS FILLON
Il y aura un gouvernement au printemps ça c’est sûr.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non un gouvernement de printemps, remanié, revu ?
FRANÇOIS FILLON
Ce n'est pas un sujet d’actualité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non ?
FRANÇOIS FILLON
Non.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Deux autres questions avant qu’on se sépare. On a retrouvé un opposant tchadien Ngarlejy YORONGAR. Il parait qu’on le cherchait. Il avait disparu depuis la crise. Il demande l’asile politique à la France, est-ce que vous allez lui accorder en dépit de nos très bonnes relations avec monsieur Idriss DEBY ?
FRANÇOIS FILLON
La France a une tradition d’asile que chacun connaît bien et l’asile politique sera accordé. Mais la question qui est posée pour nous au Tchad, c’est la question de savoir où sont les autres opposants qui ont disparu. Et le président de la République française a été, je crois, très courageux en allant au Tchad la semaine dernière et en exigeant du président tchadien qu’il y ait une commission d’enquête internationale qui soit mise en place pour retrouver la trace de ces opposants. Je pense que c’est quand même une vraie rupture avec la politique qui était conduite traditionnellement en Afrique.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avec Nicolas SARKOZY, vous agissez beaucoup en faveur d’Ingrid BETANCOURT. Vous étiez allé, je m’en souvins, en Amérique latine. Est-ce que l’exécution du numéro 2 des Farcs, monsieur REYES, met la vie de Ingrid BETANCOURT en danger ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que la vie d’Ingrid BETANCOURT, elle est en danger avec ou sans l’exécution du numéro 2 des Farcs. Ce qui est très dangereux maintenant, c’est le climat qui est en train de se créer entre les différents pays de la région. Il faut appeler au calme, c’est ce que fait le président de la République, c’est ce que fait le gouvernement français. Et puis surtout démontrer aux Farcs que la mort d’Ingrid BETANCOURT dans ce contexte-la ne leur apporterait que la réprobation du monde entier. Et si les Farcs veulent trouver une sortie politique à la situation dans laquelle ils se trouvent, qui est une situation de guerre en réalité, la première chose à faire c’est de faire un geste vis-à-vis de la communauté internationale et ce geste, c’est la libération immédiate pour des raisons humanitaires, pas pour des raisons politiques, pour des raisons humanitaires d’Ingrid BETANCOURT.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
En dix mois à Matignon, de quoi vous êtes fier ? Le plus fier, vous François FILLON ?
FRANÇOIS FILLON
Du rythme des réformes. J’ai utilisé un jour une image en disant que le président de la République était le seul qui pouvait bousculer le mur des conservatismes et que le rôle du gouvernement, c’était ensuite derrière un mur des conservatismes bousculé de reconstruire un pays mieux ordonné. Je pense que ce qu’on a montré en neuf mois, c’est une capacité d’aller contre les idées reçues qui d’ailleurs peut-être, aujourd’hui, provoquent quelques troubles dans l’opinion, qui marque vraiment le redémarrage de notre pays et qui marque vraiment la mise en œuvre des réformes auxquelles je suis attaché.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Après cette conversation, le président de la République va vous appeler pour vous dire, c’était bien ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez je ne parle jamais de mes relations avec le président de la République. Elles ne regardent que lui et que moi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà et vous rougissez quand vous le dites, c’est drôle ça. Oui un peu, non ? Dernière remarque, je suppose que vous n’avez pas vu, moi non plus, le film très tendre et très drôle de Dany BOON, « Les Chtis »...
FRANÇOIS FILLON
Non malheureusement je ne l’ai pas vu.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
... qui est en train de faire plus fort qu’ « Astérix » et « Les bronzés ». 5 millions de Français vont l’avoir vu en une semaine. Son succès est considéré comme un évènement. Est-ce qu’à votre avis, c’est lié au besoin de racines locales dans la mondialisation ou simplem
Interview
du Premier Ministre, François FILLON
à Europe 1
– « L’invité » de Jean-Pierre ELKABBACH
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Mardi 4 mars 2008 de 8H20 à 8H35
JACQUES PRADEL
En direct sur EUROPE 1 et en vidéo sur EUROPE 1.FR, Jean-Pierre ELKABBACH, vous recevez le Premier ministre François FILLON.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre François FILLON, bonjour…
FRANÇOIS FILLON
Bonjour Jean-Pierre ELKABBACH.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d’être avec nous. Vous n’avez pas été exaucé, et j’ai envie de dire heureusement, vous qui souhaitiez la disparition du Premier ministre, vous ne seriez pas ici, avocat du président et dans cette forme.
FRANÇOIS FILLON
Non Jean-Pierre ELKABBACH, il y a deux régimes politiques différents possibles dans une démocratie moderne, il y a un régime présidentiel ou il y a un régime parlementaire. La France a un régime qui est un petit peu entre les deux. Moi, j’aurai souhaité qu’on aille vers un vrai régime présidentiel, ça n’est pas le souhait des Français manifestement, ça n’a pas été au cœur de la campagne présidentielle. Donc on reste dans le système de fonctionnement qui a été celui de la 5ème République, où il y a un président de la République qui impulse, qui prend les décisions, qui répond devant les Français au fond de la mise en œuvre de son projet, et puis il y a un Premier ministre qui est chargé de la mise en œuvre et qui est chargé tous les jours de rendre des comptes à la majorité parlementaire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais dans le prochain sondage IPSOS Le POINT, vous gagnez 7 points, 59 % c’est un record, vous l’avez assez entendu, pour un Premier ministre. Est-ce que chaque matin, vous êtes un peu embarrassé, vous vous dites « oh la là ! Je monte encore dans les sondages » ?
FRANÇOIS FILLON
Non, mais je ne suis pas plus embarrassé quand je monte que quand je descends, parce que je pense que tout ça, c’est la photographie d’un moment, c’est l’immédiaté des commentaires…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le moment dure là, le moment dure.
FRANÇOIS FILLON
Des commentaires. Ce qui compte c’est les élections, donc il y a eu une élection présidentielle en 2007, les Français ont choisi un projet politique et ils ont choisi un homme. Le président de la République a un mandat qui court jusqu’en 2012, il va mettre en œuvre son projet entre 2007 et 2012, quoi qu’il arrive…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Quand vous entendez…
FRANÇOIS FILLON
Et ce qui comptera, ça sera le jugement… à la fin, c’est le jugement quand les réformes sont faites, quand les gens peuvent peser ce qui a été réussi, ce qui ne l’a pas été et comment leur vie a changé.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous entendez « ça va mal finir »…
FRANÇOIS FILLON
Enfin tout ça est assez pathétique. La manière dont les mêmes commentateurs, qui portaient aux nues le président de la République, aujourd’hui organisent la chassent à l’homme montre à quel point tout ça est dérisoire. Et un homme politique digne de ce nom doit prendre ses distances par rapport à cette agitation. Le président de la République, on l’a vu dans le passé, a une très très grande capacité de rebond, il sait très bien où il va et il sait très bien qu’il sera jugé sur sa capacité à tenir ses engagements, et il a 5 ans pour le faire.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le même sondage IPSOS Le POINT dit que pour la première fois, vous parlez de rebond, la popularité de Nicolas SARKOZY remonte, plus de points, est-ce que c’est pour lui le début du commencement d’une sortie de l’enfer ?
FRANÇOIS FILLON
Vous voyez qu’il a une capacité de rebond mais encore une fois, prenons nos distances par rapport à ces sondages qui sont…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais quand vous voyez qu’il remonte, est-ce que vous vous dites « je suis soulagé » ?
FRANÇOIS FILLON
Ils sont terriblement ambigus, quand on dit qu’il y a une différence dans les sondages entre le président de la République et le Premier ministre, ça veut dire quoi ? Puisque le président de la République et le Premier ministre mettent en œuvre la même politique, celle qui a été décidée par les Français. Donc la capacité de rebond du président de la République, elle est dans la mise en œuvre de ses engagements. Je pense, et je m’en suis souvent expliqué y compris sur votre antenne, la crise de confiance qui a caractérisé la vie politique française pendant très longtemps était liée au fait que les Français avaient le sentiment que les hommes politiques ne respectaient jamais leurs engagements. Eh bien ! C’est en train de changer, ils ont à la tête de l’Etat un président de la République qui respecte ses engagements, et il sera jugé sur cela.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous pouviez dire autre chose ce matin ?
FRANÇOIS FILLON
Non mais je vous dis ce que je pense Jean-Pierre ELKABBACH, je dis toujours ce que je pense, surtout à vous.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Le conseil de Jean-Pierre RAFFARIN, est-ce qu’il a été utile ? Parce que…
FRANÇOIS FILLON
Quel conseil ?
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vais vous le dire, de ville en ville (il l’a dit ici) vous avez investissez votre capital en faveur du président de la République, vous n’épargnez plus, vous n’épargnez pas et vous ne vous épargnez pas.
FRANÇOIS FILLON
Tout ça n’a… enfin je veux dire, c’est très intéressant mais il n’y a pas de capital. Tous les matins, je mets en œuvre la politique du président de la République. Le jugement des Français, forcément, se rejoindra entre l’avis qu’il porte sur le président et l’avis qu’il porte sur le Premier ministre, puisque nous mettons en œuvre la même politique. Moi je ne gère pas un capital, je suis très éloigné de ces calculs et de ces formules alambiquées de communicants, auxquelles d’ailleurs je n’ai jamais rien compris.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On passe au fond des sujets, on reviendra peut-être sur le problème institutionnel des rapports entre le président et le Premier ministre. Mais à Hanovre cette nuit, Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY se sont apparemment réconciliés. Ils ont défini un compromis…
FRANÇOIS FILLON
Vous savez, ils n’étaient pas fâchés…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais enfin ils étaient en froid, ils étaient en froid. Un compromis sur l’Union de la méditerranée qui devient un projet de toute l’Europe. Est-ce que la France fait en ce moment l’apprentissage de la modestie ?
FRANÇOIS FILLON
Non. Ce qui se passe en Europe, c’est que l’Allemagne est forte, elle est forte de sa réunification, elle est forte des réformes qu’elle a accomplies et qui nous redonnent une capacité en terme de croissance sur le plan industriel, elle est peut-être forte aussi de sa situation politique étonnante…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais c’est une coalition.
FRANÇOIS FILLON
Avec cette coalition. Et en même temps la France, depuis l’arrivée de Nicolas SARKOZY, est forte aussi en Europe, elle est forte parce que c’est elle qui a remis le processus européen en marche, elle est forte parce qu’elle a des ambitions, parce qu’elle veut bousculer certaines traditions établies. Et du coup, il y a une certaine confrontation entre la France et l’Allemagne, dans le bon sens du terme, entre deux grandes puissances qui sont les deux plus grandes puissances de l’Union européenne et qui ont des intérêts communs, et parfois des intérêts divergents…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais cette nuit à Hanovre…
FRANÇOIS FILLON
Et donc sur l’Union de la méditerranée, il est incontestable que la France a des intérêts plus directs que l’Allemagne parce qu’elle est riveraine de la méditerranée. En même temps l’Allemagne naturellement, étant un des leaders de la construction européenne, a vocation à participer à l’Union de la méditerranée, le compromis que nous avons trouvé cette nuit, c’est un compromis qui s’appuie sur une structure déjà existante qui est l’Union de la baltique, dans lequel naturellement l’Allemagne a un rôle particulier dans lequel la France…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il y en a qui l’avaient oublié ça.
FRANÇOIS FILLON
N’est qu’observateur. Et donc, nous avons dit aux Allemands : ben voilà ! il y a l’Union de la baltique dans lequel nous, on est observateur, on va faire l’Union de la méditerranée, vous serez associés à tout ce qui sera organisé dans ce cadre-là. Mais reconnaissez que la France et les pays riverains de la méditerranée ont un rôle particulier à jouer dans la mise en œuvre de ce projet, qui est très très important pour la stabilité de l’Europe et pour la stabilité du monde, parce que la méditerranée c’est aujourd’hui l’un des ferments de crise les plus importants.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
L’UIMM n’a cédé qu’en partie à Laurence PARISOT, obligée de congédier ses directeurs, elle veut garder tous les mandats sociaux de la métallurgie. Est-ce que vous êtes tout de même satisfait de ces décisions ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que Madame PARISOT a eu la bonne réaction. Tout le monde a été choqué, à la fois par le montant des indemnités de départ de Monsieur GAUTIER-SAUVAGNAC, mais surtout par la méthode au fond…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le secret ?
FRANÇOIS FILLON
Mais je veux rappeler qu’il y a une instruction judiciaire en cours, et que le rôle du Premier ministre, le rôle des membres du gouvernement, ce n’est pas de se substituer à la justice. Donc, il y a une instruction judiciaire qui a commencé il y a déjà quelques semaines, qui doit faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’UIMM, où allaient les financement de l’UIMM. Et dans ce cadre-là, les contrats incriminés (qui semble-t-ils vont être revus d’ailleurs) vont être soumis au juge. Et le juge dira si ces contrats sont légaux ou s’ils ne sont pas légaux.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais hier, vous avez reçu à Matignon Laurence PARISOT, de quelle façon vous soutenez la présidente du MEDEF ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je soutiens tous les responsables des organisations syndicales et patronales quand ils sont engagés dans la voie de la réforme du dialogue social, de la réforme du financement…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est son cas, c’est son cas.
FRANÇOIS FILLON
C’est son cas, Laurence PARISOT est, avec d’autres responsables syndicaux, très très engagée dans la modernisation du dialogue social. Et la modernisation du dialogue social passe par des partenaires sociaux plus forts, donc avec une meilleure représentativité, élue de façon plus démocratique et avec un financement complètement transparent. Je pense par exemple qu’il serait très utile que toutes les organisations syndicales et patronales fassent certifier leurs comptes par un commissaire aux comptes, de façon à ce qu’il n’y ait plus les ambiguïtés qui existent aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais est-ce que vous François FILLON, Premier ministre, vous pensez que le moment est venu de s’occuper du financement des organisations syndicales ?
FRANÇOIS FILLON
Non seulement le moment est venu Jean-Pierre ELKABBACH, mais j’ai avec le président de la République demandé aux partenaires sociaux de travailler sur ce sujet. Je leur ai donné jusqu’au 31 mars pour qu’ils nous fassent des propositions sur la modernisation du dialogue social, les nouvelles règles de représentativité, le mode de négociation des accords et le financement de leurs organisations. Et si le 31 mars, ils ne me font pas de proposition, alors le gouvernement fera son travail, prendra ses responsabilités…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Le 31 mars c’est dans quelques jours !
FRANÇOIS FILLON
Voilà, absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A la fin du mois.
FRANÇOIS FILLON
C’est pour ça que vous voyez que ce n’est pas un… Vous savez, on n’a pas attendu l’UIMM pour se lancer sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà, mais l’UIMM écarte avec des fleurs Denis GAUTIER-SAUVAGNAC et son adjoint Dominique de CALAN, les deux hommes qui savent tout partent avec leurs secrets. Je ne sais pas si vous trouvez ça normal, qui permettra de découvrir l’origine et la destination des fonds de la caisse ?
FRANÇOIS FILLON
Mais la justice, la justice, il n’y a de secret pour personne, on est dans un Etat de droit, on n’achète pas le silence de qui que ce soit, il y a des juges qui vont faire leur enquête. Alors évidemment, le temps de la justice est toujours trop long par rapport à celui des médias et par rapport à l’attente des citoyens…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et le Fisc s’en mêlera après ?
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, mais vous imaginez bien que le Fisc ne va pas laisser de côté cette question.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, on ne s’avoue pas impuissant ou que l’on soit…
FRANÇOIS FILLON
Absolument.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Devant la pratique des caisses noires qui remonte loin ?
FRANÇOIS FILLON
Non, il n’y a aucune impuissance. La nouveauté simplement, c’est que ces pratiques apparaissent en pleine lumière et c’est bien pour la démocratie, mais il faut en tirer toutes les conséquences. C'est-à-dire qu’il ne suffit pas simplement de sanctionner des fautes qui ont été commises, mais aussi de mettre en place de nouveaux systèmes qui permettent d’éviter qu’on se fourvoie dans de tels écarts.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire que l’UIMM était une forteresse, elle ne restera pas une forteresse ?
FRANÇOIS FILLON
Oui, mais c’était vrai de l’ensemble du système d’organisation des partenaires sociaux dans notre pays, chacun le sait bien.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et de grandes négociations sociales sont attendues en 2008, dans ce climat, avec cette guerre ouverte au sein du MEDEF, comment vous ferez évoluer les relations sociales ?
FRANÇOIS FILLON
Moi, je ne crois pas que ce soit un obstacle pour les négociations sociales, au contraire. Je pense que quand il y a une pression comme ça qui s’exerce sur les uns et sur les autres, on négocie mieux, on est moins conservateur, on sait qu’on est jugé par l’opinion, qu’on est sous les feux des projecteurs de l’actualité. Et donc, je suis convaincu que les partenaires sociaux vont avoir à cœur d’aller plus vite et plus loin dans la négociation, en particulier sur la représentativité, en raison de la situation et des doutes qui pèsent sur leur fonctionnement.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON, la querelle sur l’augmentation des prix, des prix de quelques produits alimentaires et non de tous les prix et de tous les produits, ils ont des effets sur le pouvoir d’achat. Quelle action efficace vous pouvez, vous, mener là où vous êtes ?
FRANÇOIS FILLON
L’action plus efficace que peut conduire le gouvernement sur les prix, parce que sur le pouvoir d’achat le gouvernement peut agir sur les prix et sur l’organisation économique, la croissance, l’emploi…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Sur les prix, le plus efficace c’est d’accroître la concurrence, car on voit à travers les contrôles qu’on a faits qu’il y a moins d’augmentations que ce qu’ont dit certaines enquêtes, qui ont fait… comment dirai-je, un peu du sensationnel en prenant des produits qui étaient des produits de niche, mais enfin il y a une augmentation. Et on s’aperçoit que cette augmentation…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous le saviez, vous avez attendu…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr qu’on le sait, on le sait, d’ailleurs on a fait voter une loi au mois de décembre qui entre en application au mois de mars, pour déjà peser sur les prix en permettant la réintégration de ce qu’on appelle les marges arrière. Donc il y a des entreprises industrielles, il y a des distributeurs qui répercutent la hausse des produits alimentaires de façon excessive, il y en a d’autres qui ne le font pas, donc il n’y a pas une concurrence suffisante dans le système. Donc ce que nous allons faire, dès que le Parlement sera revenu de l’interruption de session qui est due à l’élection municipale, c’est proposer un débat sur une loi de modernisation de l’économie dans laquelle, il y aura des mesures pour permettre la négociabilité des prix. C'est-à-dire pour permettre une meilleure négociation des prix entre les industriels et les distributeurs, des mesures pour accroître la concurrence entre les enseignes de distribution, tout le monde se rend bien compte que les lois qui ont été votées en France pour protéger le petit commerce ont en fait abouti au contraire. C'est-à-dire que le petit commerce a été éradiqué des centres-villes, mais en même temps il y a une sorte de monopole de certaines enseignes qui s’est installé et qui est contraire à la concurrence. Et enfin, on va mettre en place une autorité indépendante de la concurrence avec des pouvoirs accrus, pour qu’elle puisse traquer les ententes et les abus de position dominante…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc plus de concurrence. Le rapport ATTALI, quand il n’est pas caricaturé, proposait des mesures renforçant…
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr, il proposait ces mesures-là…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu’est-ce que vous allez retenir du rapport ATTALI, à moins que vous ne le mettiez à la poubelle ?
FRANÇOIS FILLON
Non, non, mais sur le rapport ATTALI on prend les mesures que je viens d’indiquer, on les prend d’autant plus qu’elles étaient déjà dans les projets du président de la République sur lesquels on avait fait campagne en 2007.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La hausse des prix, c’est un problème français mais c’est un problème européen, je regardais le débat hier, RAJOY hier soir à la télé, et ZAPATERO, ils ont passé au moins 20 minutes à comparer les prix et les augmentations de prix, parce qu’on vit dans un marché libre avec une compétition mondiale sur les matières premières. Comment on peut tenir les prix sans les contrôler, parce que vous ne voulez pas les contrôler !
FRANÇOIS FILLON
Contrôler les prix, ça n’a jamais donné de bons résultats, les économies administrées ont toujours été des économies de pénurie, donc personne ne veut aller dans ce sens. Pourquoi est-ce qu’il y a aujourd’hui une augmentation forte des prix ? Parce qu’il y a une pression sur les matières premières et puis parce qu’il y a des variations de cours des monnaies qui sont complètement désordonnées. Donc, il y a un problème de rapport entre le dollar et l’euro, sur lequel le président de la République a été le premier à attirer l’attention à un moment où personne ne considérait qu’il s’agissait d’un problème. Et puis il y a un deuxième sujet qui est la capacité de production des pays développés, et en particulier de l’Union européenne, notamment dans le domaine agricole, on a pendant très longtemps pensé que ce qu’il fallait c’est réduire la production agricole pour éviter les surproduction et les baisses de prix. On n’avait pas anticipé le fait qu’un milliard et demi de Chinois allaient se jeter à corps perdu dans l’économie de marché, qu’un milliard d’Indiens allait faire la même chose, qu’ils ont le droit, que les pays d’Amérique latine allaient enfin émerger. Et aujourd’hui, il y a une demande mondiale qui est extrêmement forte, donc il faut que l’économie européenne et l’économie française s’adaptent à cette situation.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je reviendrai tout à l’heure sur le pouvoir d’achat François FILLON. Selon quels critères pour les municipales, la droite aura gagné ou perdu ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez les municipales, c’est quoi ? Les municipales c’est le choix d’un maire, d’une équipe, d’un projet. Tous les maires, toutes les équipes et tous les projets ne se valent pas. Il y a des considérations locales, il y a des considérations nationales dans la mesure où les candidats de la majorité présidentielle portent des valeurs et des projets qui leur sont propres…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais ça veut dire que si un maire de gauche est bon localement, vous le soutenez ? C’est une question d’efficacité.
FRANÇOIS FILLON
Ca ce sont les électeurs qui le font et vous savez, vous avez remarqué que pour la première fois sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY, les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales sont des listes d’ouverture. C'est-à-dire qu’il y a dans toutes les listes de la majorité présidentielle aux élections municipales des hommes et des femmes de gauche, des hommes et des femmes du centre.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C’est pour ça qu’il n’y a pas UMP sur leurs affiches ?
FRANÇOIS FILLON
Oui enfin vous savez, moi j’ai été maire pendant 20 ans, j’ai jamais mis aucun sigle politique sur mes affiches aux élections municipales parce qu’aux élections municipales vous essayez de rassembler le maximum de gens autour de sujets qui sont des sujets communs.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors sur quel critère la droite gagne ou perd ?
FRANÇOIS FILLON
J’imagine que les médias trouveront certainement des critères quant au nombre de villes gagnées ou perdues, quant au nombre de voix attribué à la majorité ou à l’opposition. Mais je disais que tous les projets ne se valent pas parce qu’il y a des sujets sur lesquels les listes de la majorité présidentielle portent des valeurs différentes, sur la sécurité les listes de la majorité présidentielle ne défendent pas les mêmes projets. Le Grenelle de l’environnement, les listes de la majorité présidentielle sont garantes de la mise en œuvre des objectifs du Grenelle de l’environnement, pas les listes de gauche. Sur le service minimum à l’école, c’est la même chose.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous voyez que vous faites de la politique et vous nationalisez le débat politique.
FRANÇOIS FILLON
Non je veux dire par-là que le débat, il est local et national. Il est forcément local et national et les électeurs doivent savoir qu’en votant pour une liste de gauche ou en votant pour une liste de droite, il y a des choses qu’ils auront et des choses qu’ils auront pas. Le service minimum à l’école, les listes de gauche n’en veulent pas par exemple.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE espère, il le disait à EUROPE 1, que le Parti socialiste pourra récupérer 30 des 40 villes perdues en 2001. Il ne vend pas encore la peau de l’ours mais il voit déjà l’ours.
FRANÇOIS FILLON
Enfin François HOLLANDE est un grand spécialiste de...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La chasse ?
FRANÇOIS FILLON
François HOLLANDE, au moment des élections locales est très actif. On le voit moins lorsqu’il s’agit de défendre un projet politique pour notre pays et donc je pense que les Français ne s’y trompent pas. Les Français voient bien qu’il y a une espèce de tentative du Parti socialiste de se refaire une santé à l’occasion d’une sorte de troisième tour des élections présidentielles. Ca n’a pas de sens et en tous cas, ce que je veux dire c’est que c’est d’une certaine manière tromper les Français et tromper les électeurs, c’est priver les électeurs d’une ville, du vrai débat local dont ils ont besoin. Et c’est les tromper parce que de toutes façons, le président de la République mettra en œuvre le projet politique pour lequel il a été choisi par les Français.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On va y venir.
FRANÇOIS FILLON
Et les élections municipales n’auront pas d’impact sur le projet politique choisi par les Français, sinon il y aurait plus de démocratie dans notre pays.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François FILLON vous dites, ce n'est pas des élections nationales. Où vous serez ce soir ?
FRANÇOIS FILLON
Où je serai ce soir ? Moi je soutiens les candidats...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous allez à Lyon.
FRANÇOIS FILLON
Je soutiens les candidats de la majorité parce que c’est mon rôle de chef du gouvernement, c’est mon rôle de chef de la majorité. Je suis un militant politique, ça ne vous a pas échappé et donc je vais soutenir mes amis et j’ai choisi d’aller soutenir ceux qui, comment dirai-je, étaient dans les situations les plus difficiles, ceux qui étaient dans les villes où il y avait au fond le moins de chance de l’emporter parce qu’il y a des traditions de gauche importantes ou parce qu’il y a des maires sortants qui ont, qui sont bien établis parce que je pense que c’est le rôle du chef de la majorité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous mettez, comme disait l’autre, votre capital au service de...
FRANÇOIS FILLON
Je n’ai pas de capital.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ce qui vous reste du capital.
FRANÇOIS FILLON
Je suis militant politique et je fais mon travail.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
François HOLLANDE et Laurent FABIUS vous soupçonnent de préparer un plan, je ne sais pas comment il faut l’appeler, d’austérité, de rigueur au lendemain des municipales. Vous, vous dites le contraire. Mais est-ce que vous pouvez affirmer qu’il n’y aura pas de prélèvements d’impôts nouveaux après ?
FRANÇOIS FILLON
Monsieur FABIUS est un grand spécialiste. Il nous a expliqué après le traité, au moment du débat sur le traité européen, qu’il y aurait un plan B. Tout le monde s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de plan B. Au lendemain des élections législatives, monsieur FABIUS nous a expliqué qu’il allait y avoir une forte augmentation de la TVA. Vous avez vu une forte augmentation de la TVA ? Et maintenant pour les élections municipales, il nous explique qu’il y aura un plan de rigueur. Tout ça est faux, c’est d’ailleurs pas digne d’un homme d’Etat que de mentir avec cette constance-la. Il n’y aura pas de plan de rigueur. Il y a un budget 2008 qui a été voté par le Parlement, il sera mis en œuvre, naturellement en fonction de la croissance et en fonction des rentrées fiscales. Comme tout gouvernement, on fait des ajustements sur les dépenses. Ca n’a rien à voir avec un plan de rigueur et d’ailleurs monsieur FABIUS a été sévèrement contredit par monsieur JUNCKER, le Premier ministre du Luxembourg qui préside le conseil des ministres des Finances de l’euro, qui a indiqué que contrairement à ce que disait monsieur FABIUS, madame LAGARDE n’avait à aucun moment défendu un plan de rigueur devant les ministres des Finances européens.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Au delà de la polémique, ce que l’on retient ce matin c’est qu’il y a pas d’impôt ou de prélèvement après, quand on l’aura voté.
FRANÇOIS FILLON
Bien sûr mais ce n’est pas des méthodes. Ce n'est pas des méthodes politiques, ce n'est pas digne.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et quand François HOLLANDE disait dimanche, toujours sur EUROPE 1, que le Parti socialiste voulait après les régions, dominer les départements et les mairies pour vous obliger à une cohabitation territoriale. En quelque sorte le local contre Paris.
FRANÇOIS FILLON
D’abord ce serait une sorte de coup d’Etat institutionnel puisque...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
A travers les élections ?
FRANÇOIS FILLON
Les institutions n’ont jamais prévu que les régions, les départements ou les communes avaient un rôle législatif à jouer, avaient un rôle à jouer dans la conduite des affaires de l’Etat. Et puis deuxièmement les Français devraient bien s’interroger puisque après les élections régionales, qu’est-ce qu’on a vu ? Puisque toutes les régions, sauf deux, en Métropole sont à gauche. On a vu une augmentation massive des impôts, y compris d’ailleurs de la TIPP dont les socialistes réclament qu’elle baisse quand il s’agit d’alimenter les caisses de l’Etat mais qui augmentent le taux quand il s’agit d’augmenter les ressources des régions. On a vu dans beaucoup de régions des comportements très sectaires. J’ai pu l’expérimenter moi-même dans la mienne. C'est-à-dire qu’on aide les municipalités de gauche et moins celles de droite. Franchement je pense que les Français devraient regarder de près le bilan des régions avant de donner les clés des départements et des communes à la gauche.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Premier ministre, en quoi ces élections municipales vont t-elles intervenir pour l’avenir et la conduite des réformes ? Est-ce qu’il faut que les Français s’attendent à une pause comme certains le réclament ou à un nouvel élan, un nouveau souffle si vous avez des réformes dans votre sac ?
FRANÇOIS FILLON
Non il n’y aura aucune pause pour une raison simple, c’est que la France n’a pas le choix. La France n’a pas le droit de faire une pause. Ce que j’évoquais à l’instant, c'est-à-dire cette montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des pays émergeants, la façon dont les autres pays européens autour de nous ont commencé depuis plus longtemps que nous à réaliser l’adaptation de leur économie et de leur système sociale. Le président de la République était hier en Allemagne, l’Allemagne est un exemple tout à fait éloquent. Il y a cinq ans l’Allemagne était donnée en très très grande difficulté, aujourd’hui l’Allemagne est un pays qui a des comptes équilibrés et qui a un dynamisme industriel qui impressionne le monde. Donc nous, nous n’avons pas le droit à la pause. Et d’une certaine manière j’ai envie de dire, après les élections municipales on va plutôt accélérer puisqu’on a été obligé pour cause d’élections, simplement parce que le Parlement ne siège pas, de ralentir le rythme des réformes.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais les Français sont dans le brouillard. Est-ce qu’il y a deux ou trois principales priorités, des priorités simples et claires pour 2008 ?
FRANÇOIS FILLON
Les priorités du gouvernement elles sont connues. Nous on veut qu’à la fin du quinquennat, on soit dans les trois premiers pays européens pour la croissance et qu’on ait atteint le plein emploi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous maintenez l’idée des 2% de croissance alors que tous les autres sont en train de voir une croissance qui baisse sur la planète entière ?
FRANÇOIS FILLON
Je maintiens qu’on sera très près de 2% de croissance. On nous donne en ce moment entre 1,5 et 1,7 de croissance, on est en train de faire les réformes qui vont nous permettre d’aller chercher les dixièmes de points supplémentaires. Comment ? Ca veut dire que sitôt après les élections municipales, avec le président de la République, on proposera un projet de modernisation de l’économie avec les mesures sur la concurrence que j’ai évoquées tout à l’heure, avec des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises comme la réduction des délais de paiement, des mesures fiscales sur l’impôt forfaitaire annuel de simplification administrative. Un plan très ambitieux de soutien aux nouvelles technologies et la réforme de la distribution du Livret A pour mieux alimenter la politique de logement social. Le deuxième projet qui sera présenté au Parlement immédiatement, c’est un projet de loi sur la flex sécurité. C’est à dire plus de flexibilité pour les entreprises pour qu’elles soient plus dynamiques sur les marchés internationaux et en même temps plus de sécurité pour les salariés. C’est la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC. C’est la réforme du contrat de travail qui a été décidée par les partenaires sociaux et qu’on va transformer en texte législatif mais c’est aussi la réforme de la représentativité syndicale que j’évoquais tout à l’heure et surtout une fois cette réforme de la représentativité syndicale faite, la possibilité pour l’entreprise de négocier avec ses salariés la question du temps de travail autour des heures supplémentaires, de façon complètement libre dans l’entreprise. On va mettre en place le plan banlieue et sur le pouvoir d’achat, nous voulons une loi très très ambitieuse sur l’intéressement. Vous savez qu’aujourd’hui l’intéressement profite...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pourquoi vous dites toujours le pouvoir d’achat et jamais le niveau de vie que vous voulez améliorer, disons, à plus long terme ? C'est-à-dire avec des résultats un peu plus tard. Parce que vous avez naître tellement d’espoir que maintenant, ils sont, peut-être momentanément, mais en tous cas ils sont déçus.
FRANÇOIS FILLON
Je ne crois pas qu’on ait fait naître des espoirs. Il y a une pression sur les prix dans notre pays et il faut répondre à cette question de la pression sur les prix. Il faut y répondre en créant des emplois et de la richesse pour que les salaires augmentent. C’est ce qu’on essaie de faire. Et non pas en réduisant le temps de travail comme l’avaient fait nos prédécesseurs. Il faut agir sur le logement parce que personne ne parle du logement mais le logement, c’est le poste le plus important dans les dépenses des ménages. Or pourquoi est-ce que le logement est si cher en France ? C’est parce que pendant des années et notamment sous la gauche, on n’a pas construit suffisamment de logements. On construit plus de logements aujourd’hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Je vous écoute. Vous dites, on va faire. Donc vous resterez Premier ministre ?
FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une question qui est entre le président de la République et moi. Vous savez dans la Vème République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui mais alors comment... vous en avez parlé tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Dans la Vème République, le Premier ministre est à la disposition du président de la République et de la majorité et donc c’est un sujet dont je parle avec le président de la République...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dont vous parlez.
FRANÇOIS FILLON
Il n’y a pas de raison que je dévoile, même à la demande de Jean Pierre ELKABBACH, la nature des conversations que j’aie avec le président de la République sur ce sujet.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais avec Hélène FONTANEAU, on constatait que vous ne faites plus de jogging ensemble. Vous travaillez quand même ensemble directement tous les deux ?
FRANÇOIS FILLON
Simplement on a des emplois du temps qui sont assez lourd, qui ne nous permettent plus de courir ensemble, en tous cas lorsque, sauf, on a couru ensemble il y a pas si longtemps.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et qu’est-ce qui est le plus dangereux pour un Premier ministre ? Etre trop populaire ?
FRANÇOIS FILLON
Pas de courir en tous cas.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Etre trop populaire ou ne pas l’être assez ?
FRANÇOIS FILLON
Mais je crois que tout ça a très peu d’importance parce que la popularité, ça va et ça vient. Mais au fond la seule popularité qui compte en démocratie, c’est celle que donne l’élection. Et c’est au moment des élections que les Français font des choix et en général, ils font des choix qui sont des choix très raisonnés.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce qu’il y aura un gouvernement de printemps ?
FRANÇOIS FILLON
Il y aura un gouvernement au printemps ça c’est sûr.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non un gouvernement de printemps, remanié, revu ?
FRANÇOIS FILLON
Ce n'est pas un sujet d’actualité.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non ?
FRANÇOIS FILLON
Non.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Deux autres questions avant qu’on se sépare. On a retrouvé un opposant tchadien Ngarlejy YORONGAR. Il parait qu’on le cherchait. Il avait disparu depuis la crise. Il demande l’asile politique à la France, est-ce que vous allez lui accorder en dépit de nos très bonnes relations avec monsieur Idriss DEBY ?
FRANÇOIS FILLON
La France a une tradition d’asile que chacun connaît bien et l’asile politique sera accordé. Mais la question qui est posée pour nous au Tchad, c’est la question de savoir où sont les autres opposants qui ont disparu. Et le président de la République française a été, je crois, très courageux en allant au Tchad la semaine dernière et en exigeant du président tchadien qu’il y ait une commission d’enquête internationale qui soit mise en place pour retrouver la trace de ces opposants. Je pense que c’est quand même une vraie rupture avec la politique qui était conduite traditionnellement en Afrique.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avec Nicolas SARKOZY, vous agissez beaucoup en faveur d’Ingrid BETANCOURT. Vous étiez allé, je m’en souvins, en Amérique latine. Est-ce que l’exécution du numéro 2 des Farcs, monsieur REYES, met la vie de Ingrid BETANCOURT en danger ?
FRANÇOIS FILLON
Je crois que la vie d’Ingrid BETANCOURT, elle est en danger avec ou sans l’exécution du numéro 2 des Farcs. Ce qui est très dangereux maintenant, c’est le climat qui est en train de se créer entre les différents pays de la région. Il faut appeler au calme, c’est ce que fait le président de la République, c’est ce que fait le gouvernement français. Et puis surtout démontrer aux Farcs que la mort d’Ingrid BETANCOURT dans ce contexte-la ne leur apporterait que la réprobation du monde entier. Et si les Farcs veulent trouver une sortie politique à la situation dans laquelle ils se trouvent, qui est une situation de guerre en réalité, la première chose à faire c’est de faire un geste vis-à-vis de la communauté internationale et ce geste, c’est la libération immédiate pour des raisons humanitaires, pas pour des raisons politiques, pour des raisons humanitaires d’Ingrid BETANCOURT.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
En dix mois à Matignon, de quoi vous êtes fier ? Le plus fier, vous François FILLON ?
FRANÇOIS FILLON
Du rythme des réformes. J’ai utilisé un jour une image en disant que le président de la République était le seul qui pouvait bousculer le mur des conservatismes et que le rôle du gouvernement, c’était ensuite derrière un mur des conservatismes bousculé de reconstruire un pays mieux ordonné. Je pense que ce qu’on a montré en neuf mois, c’est une capacité d’aller contre les idées reçues qui d’ailleurs peut-être, aujourd’hui, provoquent quelques troubles dans l’opinion, qui marque vraiment le redémarrage de notre pays et qui marque vraiment la mise en œuvre des réformes auxquelles je suis attaché.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Après cette conversation, le président de la République va vous appeler pour vous dire, c’était bien ?
FRANÇOIS FILLON
Vous savez je ne parle jamais de mes relations avec le président de la République. Elles ne regardent que lui et que moi.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà et vous rougissez quand vous le dites, c’est drôle ça. Oui un peu, non ? Dernière remarque, je suppose que vous n’avez pas vu, moi non plus, le film très tendre et très drôle de Dany BOON, « Les Chtis »...
FRANÇOIS FILLON
Non malheureusement je ne l’ai pas vu.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
... qui est en train de faire plus fort qu’ « Astérix » et « Les bronzés ». 5 millions de Français vont l’avoir vu en une semaine. Son succès est considéré comme un évènement. Est-ce qu’à votre avis, c’est lié au besoin de racines locales dans la mondialisation ou simplem
