Le blog François Fillon

Aujourd’hui à l’Assemblée nationale, en répondant à deux questions d’actualité, François Fillon a eu l’occasion de préciser la position du gouvernement sur le thème du pouvoir d’achat.


1) Réponse à M. Gilles Carez (UMP) :

« Le pouvoir d’achat des Français dépend d’abord de la croissance, et la croissance du travail des Français et des investissements des Français. Nous avons pris cet été des mesures destinées à libérer le travail et à faciliter l’investissement. Les annonces que le président de la République a faites jeudi dernier vont dans le même sens. Et nous avons donc décidé de présenter un projet de loi, qui sera examiné par le Conseil des ministres la semaine prochaine et aussitôt après par votre assemblée, qui permettra de débloquer les fonds de la participation, qui permettra aux entreprises de moins de 50 salariés qui le souhaitent de mettre en oeuvre une prime de 1 000 euros défiscalisés et sans charges pour des salariés qui justement n’ont pas accès à la participation et à l’intéressement, qui permettra le rachat des jours de RTT et la monétarisation des comptes épargne temps, et enfin l’indexation des loyers sur l’indice des prix à la consommation et non plus sur l’indice de la construction, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

Parallèlement à la discussion de ce projet de loi, dont je souhaite qu’il puisse s’appliquer dès le début du mois de janvier, le ministre des Comptes publics engagera une négociation avec les organisations syndicales de la fonction publique sur le rachat des jours de RTT dans la fonction publique, et sur l’harmonisation progressive des régimes des heures supplémentaires dans le privé et dans le public. Le ministre en charge de la Santé engagera une négociation avec les partenaires sociaux pour bâtir un plan de rattrapage des heures supplémentaires non payées dans la fonction publique hospitalière. Et enfin, le ministre en charge du Logement engagera avec les professionnels du secteur du logement, une concertation pour aboutir le plus vite possible à la réduction à un mois du dépôt de garantie et à la suppression des cautions remplacées par un système d’assurance loyer.

Enfin, à la mi-décembre, nous réunirons avec le président de la République, une conférence sociale qui inscrira à son ordre du jour quatre grands sujets qui correspondent d’ailleurs, pour une large part, à la question, Monsieur Carrez, que vous venez de poser. Le premier sujet ce sera la conditionnalité des allègements de charges en fonction de l’ouverture des négociations salariales dans les branches et dans les entreprises. Le deuxième sujet est lié à l’assouplissement des 35 heures. Il s’agit de permettre des accords d’entreprises pour assouplir les règles d’emploi des heures supplémentaires et notamment dépasser les plafonds qui sont fixés aujourd’hui par les accords de branches. Le troisième sujet concernera le dialogue social, la représentativité des organisations syndicales et les règles des accords justement d’entreprises, les deux sujets étant naturellement liés. Enfin, le dernier sujet aura trait à la question du travail du dimanche.

Voilà, mesdames et messieurs les députés, comment le Gouvernement veut mettre en œuvre dans les meilleurs délais les engagements qui ont été pris par le président de la République. Comme vous le voyez, ce sont des engagements qui permettent d’augmenter le volume de travail des Français, qui permettent d’augmenter la production et qui permettent d’augmenter le pouvoir d’achat ».

 

2) Réponse à M. Jean-Marc Ayrault (PS) :

« Pour débattre, M. le président Ayrault, il faut être deux. Et il est difficile de débattre avec un groupe socialiste qui continue, jour après jour, à proférer un mensonge sur les cadeaux qu’aurait fait le Gouvernement aux plus favorisés. Qui peut croire un instant que la défiscalisation des heures supplémentaires profite aux plus favorisés ! Qui peut croire un instant que les aides que nous avons mises en place pour permettre aux Français d’accéder au logement sont destinées aux plus favorisés ! Alors, si vous voulez un vrai débat démocratique, commencez par reconnaître la vérité !

Le pouvoir d’achat des Français, s’il est en berne, c’est parce que le volume de travail des Français est le plus bas de tous les pays développés. Nous avons donc entrepris dès le mois de juillet de remonter le niveau de travail des Français pour augmenter la production dans notre pays. Les mesures qui ont été annoncées par le président de la République et dont j’ai dit qu’elles allaient être mises en œuvre dans les tout prochains jours et dans les toutes prochaines semaines, et pas de manière lointaine comme vous l’avez indiqué, sont des mesures qui vont dans le sens du renforcement de la production et de l’augmentation de la croissance.

Parmi ces mesures, il y en a plusieurs qui rejoignent celles que vous avez proposées. Disons-le : l’indexation des loyers ; la suppression des cautions, qui était un engagement pris par le président de la République dans sa campagne, je suis heureux que vous le rejoigniez ; ou encore, la conditionnalité des allégements de charges qui était aussi un engagement du président de la République dans sa campagne.

Mais pour le reste, vous proposez une conférence sur les salaires, et en particulier sur le Smic. Mais il faudrait savoir quelle est la position du Parti socialiste sur le Smic. Vous vouliez dans la campagne électorale l’augmenter à 1500 euros ! Ensuite, on a vu des membres éminents du Parti socialiste dire que c’était "une bêtise". La vérité, c’est que nous, nous l’avons augmenté de 20 % pendant les cinq dernières années, c’est-à-dire beaucoup plus que vous ne l’avez jamais fait.

Vous proposez de baisser la TIPP, mais c’est étrange, toutes les régions que vous dirigez sont en train de l’augmenter. Expliquez-nous comment cela fonctionne ! Vous nous proposez d’augmenter les petites retraites, mais vous refusez toutes les réformes qui permettent de sécuriser le régime de retraites par répartition des Français.

Enfin, vous voulez augmenter la prime pour l’emploi de 50 %. Mais pourquoi 50 % ? Ne vous arrêtez pas à ce chiffre ! Allez-y, pendant que vous distribuez de l’argent qui n’existe pas et que les Français seront obligés de rembourser un jour. Ne vous privez pas de faire des propositions, qui sont des propositions démagogiques !

La vérité, Mesdames et Messieurs les députés, c’est que le Parti Socialiste est cohérent avec ses orientations politiques. Mais la vérité, c’est aussi que ces orientations politiques ont été refusées à trois reprises, à trois élections présidentielles par les Français ! »
Mar 4 déc 2007 52 commentaires
Comme d'habitude, vous avez été clair, pertinent et convaincant. La mauvaise foi évidente de certains députés était flagrante. Cela m'a fait énormément plaisir lorsque vous avez pu leur "assener" quelques chiffres bien réels.
Tenez bon ! Vous dites et faites ce que les Français attendent de votre gouvernement.
Emmanuelle Vucher-Bondet - le 05/12/2007 à 01h13
Monsieur le Premier Ministre n'oubliez pas les retraités dont le pouvoir d'achat s'est probablement plus dégradé que celui des actifs .Je conçois que vous ne pourrez améliorer leur situation que si la machine à produire redémarre.Mais faites une annonce dans ce sens avant les municipales car cette" Grande Muette"pourrait se rebiffer .
Lamy gérard - le 05/12/2007 à 08h23
J'aimerai entendre ou lire  monsieur FILLON, sur la discrimination que subissent les Pupilles de la Nation,.Après la manifestatin du 29/11/2007 qui a rassemblé plus de 3000 personnes devant ou derrière l'Assemblée Nationale et qui a été occultée par les médias.
DUPUY Jean-Claude - le 05/12/2007 à 09h09
Je vous invite à lire ceci. 
http://www.lefigaro.fr/actualites/2007/12/05/01001-20071205ARTFIG00001-rancur-et-amertumedes-rapatries-dalgerie.php

Il semble que l'Algérie et son système colonial comme colonie, était une gigantesque entreprise de fourniture de matières premières à la métropole. Et cette entreprise dirigée par qq dizaines de familles très riches parmi le million d'européens, avait des salariés de toute condition. J'ai également en tête que le niveau d vie des européens d'alors était inférieur à celui des métropolitains.

D'où ce sentiment d'injustice à la fois des populations d'Algérie d'aujourd'hui mais aussi des rapatriés d'avoir été exploités.
L'impression qui domine, c'est que d'un côté, la France se flagelle sur la colonisation et ses valeurs humanitaires et de l'autre, un régime défend la légende de son armée victorieuse sur le terrain (la victoire politique n'étant pas suffisante) et se plaint des crimes une commis par l'occupant.

Il serait souhaitable que les deux pays finissent enfin par avoir la même lecture de l'histoire ce qui permettrait la reconnaissance des blessures des uns et des autres.
C'est à partir de là que cette passion de millions de gens pour l'Algérie et la France pourra se concrétiser en amitié et en projets de part et d'autre de la méditerrannée.


Gaetan - le 05/12/2007 à 09h52
J'ai un désaccord avec la réponse de François Fillon : le moteur de la croissance, c'est l'entreprise, et encore, ce n'est pas suffisant : c'est l'entreprise AVEC l'innovation.

Or, je ne vois pas, dans les mesures prises, ce qui va vraiment dans le sens de l'intérêt des entreprises, particulièrement des PME.
L Heretique - le 05/12/2007 à 15h29
Encore bravo pour vos interventions.
Le pouvoir d'achat pourra croître aussi grâce au dynamisme de nos PME qui pourront s'appuyer sur la recherche développée par nos universités et grandes écoles et le partenariat européen sur de grands projets comme Galileo.
N'oublions pas la réduction drastique de nos dépenses de fonctionnement ; La France pourra plus investir pour l'innovation.
Rénover l'Etat pour le rendre plus efficient, réorganiser la Maison France pour réduire les couches du mille-feuilles administratifs et donc supprimer les couts cachés sont aussi des priorités.
Le chantier est napoléonien.
Jean-Paul Moratin - le 06/12/2007 à 09h11

Monsieur le premier Ministre,

Lecteur attentif de votre blog, je tenais a réagir à votre volonté d'agir sur le pouvoir d'achat.

Pour le fond Econoclaste résume les choses en quelques mots: 

"Il y a un problème de pouvoir d'achat en France? Cela vient de la hausse du prix du logement, et du prix des biens de consommation courante. Pour le logement, cela vient de la réglementation publique excessive et inappropriée; pour les biens de consommation, cela vient d'une réglementation publique excessive et inappropriée. La solution du président à la question du pouvoir d'achat? créer de nouvelles réglementations. La solution de l'opposition? Créer de nouvelles réglementations. Autant dire qu'il n'y a rien à attendre des politiques sur le sujet"

http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/12/02/1105-le-pouvoir-d-achat-en-deux-lignes

Et comme vous le savez, votre ami Alain Lambert, dont j'ai découvert le blog grace à vous, dit peu ou prou la même chose:

http://www.alain-lambert-blog.org/index.php?2007/12/02/1372-le-refus-de-croissance

Par ailleurs, mon épouse est déléguée syndicale à son hopital. Elle me dit que personne ne croit au paiement des journées de récupérations non récupérées du fait des besoins du service, journées qui s'accumulent dans les "comptes épargne temps". Et elle m'explique, que "suivant les texte" ces journées seraient payées 1/3 du tarif normal d'une journée de travail, et qu'à ce tarif, personne n'est intéressé.

Et Aphatie fait le commentaire suivant sur ce sujet: "la puissance publique a laissé s'accumuler les heures supplémentaires, sans les payer, stockage irresponsable qu'on laisse aux successeurs le soin de gérer" alors que "les caisses sont vides".

http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/post/2007/12/03/20h57m45s-il-ny-a-plus-dargent-dans-les-caisses-03/12

Pour la forme, votre volonté de légiférer dans l'urgence est infiniment critiquable, car vous étes en contradiction avec ce que vous écrivez dans votre livre et avec la volonté, affichée dans votre livre, de réhabiliter le rôle du parlement.

Je vous invite à lire Authueil qui est attaché parlementaire de la majorité et qui vous implore:

"Par pitié, que ce ne soit pas une proposition de loi !!! Au moins, un projet de loi passe devant le Conseil d'Etat,...."

http://www.authueil.org/?2007/12/03/598-vitesse-et-precipitation

Michel GROSS - le 06/12/2007 à 21h29
Bien dit.
Il n' y a vraiment aucune alternative possible avec ces socialistes.
5Pourtan Ayrault est loin d' être le pire ).
Jean Pierre Chevrier - le 07/12/2007 à 10h41
Je suis surpris de constater que quelques grands leviers sur le couple « infernal » croissance – pouvoir d’achat ne sont pour l’instant que fort peu utilisés, si ce n’est mis en avant.
Je pense notamment à deux choses :
-          La refonte en profondeur des pratiques commerciale dans la grande distribution. Le Président Sarkozy l’avait évoquée dans sa dernière intervention télévisée puis, hormis l’ouverture du dimanche, plus rien. J’aimerais croire que cet immense dossier est sur le métier gouvernemental et que les experts de Bercy et les conseillers élyséens y travaillent ardemment.
-          Un véritable « small business act » à la française
Cela étant, il y a tant de réformes à entreprendre ! Certes, mais le levier du commerce, s’il est lourd à manœuvrer, est aussi celui que les Français percevraient rapidement. Il faut radicalement changer les pratiques et les situations bloquant la concurrence issues des Lois Royer, Raffarin et Galland. Elles sont toutes allées à l’inverse des buts recherchés . Tout le monde semble d’accord sur ce constat. Alors ?
Pourquoi est-il si difficile d’avancer rapidement sur le sujet. Les parlementaires de la majorité font-ils de la résistance, estimant que toute évolution risquerait de toucher le petit commerce, l’un des cœurs de leurs électorats locaux ? Mais puisque les lois actuelles sont jugées peu efficaces pour les protéger, pourquoi nos élus auraient-ils cette crainte ?
Philippe DERMAGNE - le 07/12/2007 à 17h59
Les français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat. C’était déjà l’argument de campagne de Georges Marchais, Valery Giscard D’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac. Mais, pendant trente ans, on a pris le problème à l’envers. Le président Sarkozy a fait hurler la gauche en remettant les choses à leur place. Qu’elle hurle ! On ne changera pas l’économie en poussant des cris. Sachant que la demande découle de l’offre, que les revenus sont générés par la combinaison viable des facteurs de production (capital et travail), tout ce qui contrarie l’offre empêche l’épanouissement du revenu. En France, on a précisément un problème d’offre, mettant notamment en cause la quantité (en effectifs et en durée) et la qualité (en compétence et en motivation) de la population active (effectivement au travail). Et tout problème structurel d’offre dégénère en un appauvrissement général, car rien ne peut sortir d’un champ qui n’aura pas été au préalable retourné et ensemencé. A terme, c’est non seulement le pouvoir d’achat qui périclite mais aussi l’épargne des français (qui est toujours de la consommation future) qui se trouve menacée. Face à cela, le parti socialiste, qui n’a toujours pas entamé un début de révolution culturelle, propose notamment d’encadrer les loyers. Bien-sûr, il faudrait reconsidérer cette mesure par rapport à son contexte mais aussi par rapport aux principes. Par principe, en tant qu’économiste, je suis contre toute mesure qui limite artificiellement la concurrence, sachant que la concurrence est bénéfique pour le consommateur. Or le loyer est un prix, et toute mesure visant à encadrer les prix se retourne contre le consommateur, ici le locataire. Généralement, toute mesure qui part d’un bon sentiment finit par se retourner contre celui qu’elle était censée protéger ou aider. Tous les pays qui ont encadrés les prix, notamment pour les produits de première nécessité, ont provoqué la pénurie dans les secteurs visés par le contrôle des prix. La liberté des loyers est de nature à attirer des nouveaux propriétaires, provoquant une concurrence accrue entre les propriétaires, ce qui est finalement favorable aux locataires et à tous ceux qui cherchent à se loger. Il faut avoir une vision dynamique du processus. A l’inverse, l’encadrement des loyers repousse les propriétaires, qui ne sont pas toujours dans la mesure d’amortir leurs investissements immobiliers, ce qui conduit à la rareté. Ajoutée à toutes les mesures qui contraignent déjà ou fragilisent l’offre de logements, et vous avez une pénurie structurelle qui pousse à la hausse des loyers, même encadrés. Alors, on se retrouve à devoir encadrer des loyers à un niveau bien plus élevé que seraient des loyers libres sur un marché plus ouvert et concurrentiel. Rappelons-nous que la plupart des prix des biens de consommation étaient encadrés dans les années 70 en France, ce qui n’a nullement empêché l’inflation. C’est bien la libéralisation qui a permis de terrasser l’inflation. caccomo
marie - le 07/12/2007 à 22h51