Le blog François Fillon

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C'est par cette phrase de Saint-Exupéry que François Fillon a conclu le colloque organisé le 31 janvier par "Les Progressistes", le nouveau mouvement créé par Eric Besson. 

La rencontre portait sur le rapport entre mondialisation et progrès, la réduction des inégalités sociales et le rôle de l'Etat ; trois thèmes emblématiques du besoin de rassemblement de toutes les bonnes volontés autour de réformes d'intérêt général.

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S'exprimant après Tony Blair, venu accorder son soutien à cette nouvelle force de gauche responsable, le Premier ministre a rappelé la philosophie qui inspire l'ouverture politique voulue par Nicolas Sarkozy, et a salué le courage de ceux qui ont osé saisir la main tendue. 

Voici le texte du discours :

  Monsieur le Premier ministre, cher Tony Blair, Monsieur le Secrétaire d’Etat, cher Eric,   En passant par le Quartier Latin, je me suis demandé :  « Mais qu’auraient pensé les étudiants réunis en « AG » sur ces bancs, en mai 1968, si une voyante leur avait prédit que, quarante ans plus tard, des progressistes de gauche y organiseraient un colloque conclu par un chef de gouvernement issu du mouvement gaulliste ? »     Je crois que la plupart de ces jeunes gens auraient dit que c’est impossible.     Impossible, parce qu’ils étaient habitués à concevoir la vie politique comme un affrontement binaire, camp contre camp, droite contre gauche, conservateurs contre réformistes.   Impossible, car ils ne pouvaient s’imaginer que la gauche se détourne de la tentation du grand soir pour préférer infléchir concrètement  les réalités.   Impossible enfin parce qu’il leur était impensable qu’un gouvernement – de droite, au surplus ! - s’ouvre au-delà de son camp, pour faire appel à toutes les compétences.     « L’imagination au pouvoir », scandaient-ils. Parmi les slogans de l’époque, en voici un que nous reprenons volontiers à notre compte. N’en déplaise à l’opposition, ceux qui tentent aujourd’hui de faire autre chose et autrement, c’est vous ! Et pourquoi le faisons-nous ensemble ? Parce que nous sentons tous que nous sommes allés au bout d’un système politique et idéologique qui ne correspond plus aux réalités et aux exigences de notre époque. Pendant des décennies, les gouvernements de droite et de gauche se sont succédés sans réussir à rénover la France en profondeur. On a oscillé entre une gauche dogmatique dans la forme et parfois libérale sur le fond, et une droite libérale dans la forme et finalement assez conformiste sur le fond. Tout ceci alimentant la confusion intellectuelle, l’immobilisme politique et le zapping électoral. Face aux grands défis lancés à la France, une nouvelle donne politique était nécessaire, et Nicolas Sarkozy l’a concrétisé à travers l’ouverture.   Pourquoi l’ouverture ? Parce que la rénovation de la France ne peut être l’œuvre d’un seul parti. Transformer la France, cela exige de mobiliser tout le corps social. Rebâtir le « système français », cela requiert de bousculer les dogmes, de faire bouger les lignes. Bref, il faut savoir rassembler. Et pour rassembler, il faut avoir l’audace et le courage de franchir les frontières partisanes. Cette audace, le Président de la République l’a eue en vous tendant la main, et cela malgré les critiques qui émanaient de son propre camp. Mais le courage, c’est surtout vous qui en avez fait preuve.   Je parle de courage parce qu’il est souvent plus facile de taire ses convictions au nom des intérêts partisans que de les exprimer à haute voix, au nom de l’intérêt national. Je parle de courage parce que dans notre milieu on a tendance à préférer les hommes liges aux hommes libres.   Vous avez saisi la main que l’on vous tendait, mais pas à n’importe quel prix. Vous l’avez fait autour d’un projet. Et vous l’avez fait avec la volonté de peser sur sa mise en œuvre. Au gouvernement, Eric Besson m’est directement rattaché et ses compétences sont unanimement reconnues. Sa fonction est importante puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, d’évaluer nos politiques et de défricher les sujets les plus complexes. Je veux te dire, cher Eric, que je suis fier et heureux de te compter dans mon équipe.   Comme toi, j’ai la conviction que l’ouverture politique est une réponse aux attentes du peuple français et une nécessité face aux grands enjeux de demain.   Croyez-vous sincèrement que, si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, nos petits enfants se diront : « c’est la faute de la droite ! » ?   Croyez-vous que si tout n’est pas mis en œuvre pour financer nos retraites, nos enfants penseront « c’est à cause de la gauche ! » ?   Croyez-vous que si l’aventure européenne échouait nos enfants se retourneraient contre tel ou tel parti ?   Bien sûr que non ! Ils se retourneraient vers nous, en nous demandant « qu’avez-vous fait ? ».   Eh bien ensemble, nous avons osé placer le rassemblement des compétences au cœur de notre démarche politique. Ta présence Eric, comme celle de Jean-Marie Bockel, de Jean-Pierre Jouyet, de Fadela Amara, de Martin Hirsch n’a pas seulement pour effet d’oxygéner la démocratie française. Elle marque aussi une nouvelle façon de réfléchir, de débattre et d’agir. Il y a une chose dont je suis sûr, c’est que sans l’ouverture, il n’y aurait pas dans mon équipe le même climat de créativité et d’efficacité.   Avec vous et grâce à vous, nous pouvons réformer plus vite et plus profondément. Quand nous construisons une flex-sécurité à la française, quand nous rénovons le dialogue social, quand nous donnons leur l’autonomie aux universités, quand nous modernisons l’aide aux demandeurs d’emploi, quand nous réformons les régimes spéciaux, quand nous réussissons le Grenelle de l’environnement, nous épousons, je le crois, votre démarche progressiste.   J’ai lu, cher Eric, les trois thèmes choisis pour ce colloque.    « Mondialisation et progrès », avec ce premier thème, vous tordez le cou à l’idée encore répandue selon laquelle la mondialisation serait une option, et non un fait. Vous adoptez le bon angle, celui qui consiste à regarder la réalité économique mondiale telle qu’elle est, et à rechercher comment en retirer des bénéfices pour nos emplois, pour notre économie, pour notre solidarité.   Ce discours où la lucidité est placée au service du volontarisme, les Français l’attendent. Contrairement aux idées reçues, nos concitoyens n’ont pas peur de la mondialisation. Ils veulent seulement y être mieux préparés pour agir et non pas subir. L’ouverture des marchés est la clé de la prospérité et du développement. Mais cela n’exclut pas un langage de vérité quand les conditions de la concurrence sont faussées, quand la mondialisation engendre des dérives écologiques ou sociales, quand elle nécessite d’imposer plus de transparence et de coordination, quand il faut l’empêcher de se faire aux dépens des plus vulnérables.   Sur le deuxième thème, celui de « la réduction des inégalités sociales », vous contribuez là aussi à briser un certain nombre de dogmes absurdes. Des dogmes plus ou moins persistants qui amène encore – au XXIème siècle ! – une large fraction du parti socialiste à se demander si Olivier Besancenot ne serait pas un allié possible…   Votre conception du progrès social n’est pas celle de l’égalitarisme mou, cet égalitarisme de façade qui étouffe la dignité et la responsabilité humaine.     « Donner sa chance à chacun », faire de la politique sociale un tremplin avant d’être un filet de sécurité, rechercher une « égalité des possibles » : ces idées qui vous sont chères se retrouvent dans le revenu de solidarité active, dans la promotion du travail et du mérite, dans le plan espoir banlieues.    Quant au troisième thème du jour, celui du « rôle de l’Etat », il est symbolique de votre volonté de faire bouger les lignes du passé. La réforme de l’Etat n’est ni de droite, ni de gauche, elle est tout simplement nécessaire à la France et à l’Etat lui même. Cette réforme, tous les gouvernements depuis 20 ans l’ont voulue, et toutes les oppositions depuis 20 ans l’ont critiquée. L’assainissement des dépenses publiques n’est ni libéral, ni social. Il est tout simplement incontournable sur le plan économique, et moralement non négociable vis-à-vis des générations futures. Sur tous ces sujets, l’urgence comme l’intérêt national commandent de cesser avec les postures   Ensemble, nous allons, mesdames et messieurs, continuer de réformer. Nous savons que nos différences constituent notre force.      « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » écrivait Saint-Exupéry.   Restez vous-mêmes. Vous avez une histoire et des valeurs. Elles contribuent à faire la France. En assumant ensemble les héritages pluriels de la nation, en fédérant le meilleur de ce que nous croyons et de ce que nous voulons, nous pouvons saisir l’avenir et donc servir au mieux notre pays.                

 

Mer 6 fév 2008 10 commentaires
Monsieur le Ministre,
Ce discours et juste il faut de la diversité. Par contre il en manque beaucoup chez les économistes politiques. J'aimerais que vous travailliez avec Monsieur CACCOMO qui est professeur d'économie à l'Université de Toulouse. Il a une approche pragmatique qui serait très utile pour la communication de vos troupes. Les Français ont besoin d'être approchés en prenant en compte les "principes de réalités". Caccomo pourrait vous aider.
Allez sur son blog :http://caccomo.blogspot.com/
bonne continuation et courage
marie
marie - le 06/02/2008 à 21h01
Quel Discours, non pas sur la Méthode, mais sur la Tolérance ! Quelle belle plume ! Sans nul doute à faire étudier à nos enfants. Et quel splendide hommage aux Progressistes: on en serait presque envieux si on n'était pas, depuis longtemps, un fidèle à François Fillon...
Brighella de Tocqueville - le 07/02/2008 à 14h19


Mr le premier Ministre, vous êtes dans le vrai. Continuez ainsi et vous irez loin, très loin.

un autre fidèle....
frances - le 10/02/2008 à 09h07
Bonjour,

" Être homme, c' est précisément être responsable. C' est sentir en posant sa pierre, que l' on contibue à batir le monde."

                                  ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

Bonne journée.     Josiane S.
J. S. - le 12/02/2008 à 11h54
Merci Monsieur le Ministre pour ce magnifique discours - mais où était la presse ? Comme elle se fait discrète parfois.
J'essaie( en vain) de l'expédier à nos politiques locaux -Maurice Leroy en particulier qui devrait apprécier et à une vingtaine de personnes mais.... nulle de nulle j'ai quelques difficultés. Il me faut attendre l'aide d'un plus futé.

M.le Président Sarkozy a au moins le mérite de faire s'interroger la France tout entière sur la laïcité, la shoah . c'est autre chose que la star'ac ou le dernier fait divers. MERCI.

Lucie, 13 ans, tojours dans le même marasme, considère que son + beau cadeau de Noêl fut "une vie" de S.Veil. Bel exemple pour elle ,de ne jamais désespérer quand la justice reste sourde.Comment faire dédicacer ce livre ?
Gisèle Fillon - le 19/02/2008 à 08h23
Magnifique Discours ....ces mots si justement choisis raisonnent dans les oreilles et dans mon Coeur ..à l'image de St Exupéry ...je vous reconnais bien en Homme engagé dans l'Action collective pour la Défense de l'humanisme ...vous êtes sur la trace du Petit Prince ..celle d'une âme Noble en quête de perfection .....Poursuivez votre  voyage Cher Monsieur Fillon... 
Bien fidèlement @SarahH
sarahH - le 22/02/2008 à 09h40

Bienvenue dans un monde de clones ! Même formation, même tranche d'âge, même vécu ... Au moment de recruter leurs cadres, les grandes entreprises privilégient les profils classiques. Au risque de délaisser expérience et créativité … " titrait L'Express du 23/02/2004.

 

Restructurations, modernisations, fusions, downsizing … En ce début de 21ème siècle, mondialisation oblige, les organisations doivent s’adapter aux contraintes sans cesse renouvelées de leur environnement. La fonction Ressources Humaines évolue. Les champs de la compétition se sont déplacés vers la capacité à intégrer de nouveaux savoirs.

 

Dans ce contexte, entreprises et salariés doivent maîtriser le changement. Or, l’étude sur les pratiques de sélection, menée par le cabinet de transition professionnelle Oasys Consultants, fait apparaître que l’autocensure amène les consultants à présenter à leurs clients prioritairement « des hommes, blancs, âgés de 30 à 40 ans et actuellement en poste ».

 

Alors, clonage et consanguinité professionnelle, ou atypisme et faculté d’adaptation ?

 

Clonage et faible créativité, ou atypisme et capacité à la prise de risque ?

 

Le dynamisme et la pérennité d’une entreprise peuvent-ils efficacement s'accommoder de l'uniformité ?

 

Alors ?

 

J’ai fait un rêve : tous les managers adeptes de l’optimalité économique et de la profitabilité du capital investi se remémoraient qu’au plus profond d’eux-mêmes brille une étincelle d’humanité ; ils avaient lu  Le Petit Prince et Terre des Hommes.

 

" La grandeur d'un métier est peut-être, avant tout, d'unir les hommes … Si tu diffères de moi, Frère, loin de me léser tu m’enrichis ! " :  Saint Ex était un chevalier des temps modernes qui, à l’instar de Kipling, prônait un humanisme spirituel.

 

Alors … j’ai fait un rêve …

 


Jean-Michel PROTARD

www.viadeo.com/fr/profile/jean-michel.protard


membre de cette grande famille des plus de 48 ans qui … 
aspirent à investir pleinement leur énergie jusqu’à 65 ans et plus

Jean-Michel PROTARD - le 23/02/2008 à 14h05
La différence est une richesse, cultivons la...7YA
Hicham B - le 12/04/2008 à 11h00
« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
Bonjour,
lorsque l'on cite cette phrase d'Antoine de Saint-Exupéry, il ne faut pas oublier de mentionner le "mon frère" et de rappeler qu'elle a bien entendu une portée universelle mais qu'elle émane d'un Franc-Maçon qui s'adresse aux hommes. Ce n'est pas un slogan politique mais une profession de foi, la vraie: la foi en l'homme.

François - le 19/05/2008 à 16h11
Très beau discours que je vais copier et faire lire à mes enfants. St Ex' aurait été enchanté.
Je m'inscris par contre en faux du commentaire n°9 : St Exupéry n'était pas Franc Maçon. Par contre, il est vrai que les Francs Maçons reprennent régulièrement son message qui est en droite ligne avec les grands principes humanistes sur lesquels reposent cette organisation.
toth - le 07/10/2008 à 13h14