Le blog François Fillon

Jeudi 12 juin 2008, le Premier ministre était l'invité de l'émission "A Vous de juger", présentée par Arlette Chabot sur France 2. Il a décrit les grands axes de la politique de réformes du gouvernement (version intégrale ici) et est  revenu sur des questions de fond de notre époque, comme la hausse du prix du pétrole (extrait suivant).

Extrait :

BÉATRICE MADELINE
"(…) le prix du pétrole ce n’est pas un élément intrinsèque à l’économie française mais les Français subissent de plein fouet la hausse des prix à la pompe. On le voit aujourd’hui, le prix des carburants vient devant l’alimentation par exemple dans le budget des ménages. Alors qu’est-ce qu’on fait pour aider les Français aujourd’hui qui ont du mal à remplir leur réservoir et à aller travailler pour certains ? Aujourd’hui, le coût du trajet domicile/travail peut annuler l’intérêt de l’emploi…    

FRANÇOIS FILLON
Absolument. D’abord il faut dire qu’on n’est pas devant une crise conjoncturelle qu’on pourrait espérer passagère, on est devant une situation qui va durer avec peut-être des hauts et des bas. Il y a une demande très, très forte qui est liée à la mondialisation, qui est liée à l’émergence de nouvelles économies, et puis il y a une offre de pétrole qui, elle, est stagnante et dont on connaît à peu près la fin.

BÉATRICE MADELINE
Oui, on dit qu’en 2050 il n’y aura plus de pétrole… 

FRANÇOIS FILLON
On dit grosso modo qu’il y a 45 ans de réserves avec en tous cas les moyens techniques actuels, il y en a peut-être un peu plus. Mais je voudrais vous faire remarquer une chose c’est que c’est la première fois que des générations qui sont vivantes sont confrontées à la question de la fin du pétrole. C’est-à-dire que j’ai un fils de sept ans, il est certain qu’il verra un monde sans pétrole, ce qui est une grande nouveauté. Donc la première chose qu’il faut faire c’est refuser la démagogie, je pense que la responsabilité d’un homme d’Etat c’est de préparer son pays à cette situation. Ca veut dire premièrement le Grenelle de l’environnement, les économies d’énergie massives, ça veut dire le développement des énergies renouvelables, on s’est fixé un objectif de 20% en 2020, et ça veut dire, et je voudrais insister là-dessus ce soir, le développement de l’énergie nucléaire.    

BÉATRICE MADELINE
Donc concrètement on fait quoi ?

FRANÇOIS FILLON
Donc ça veut dire que concrètement nous allons, nous avons déjà décidé de la construction d’un premier EPR, c’est-à-dire un réacteur nucléaire de nouvelle génération qui est en cours de construction, on est en train de réfléchir avec le président de la République et avec le ministre de l’Industrie au lancement de la construction d’un deuxième EPR. Nous voulons que l’énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l’on connaît. Ca c’est pour les réponses structurelles…

BÉATRICE MADELINE
A long terme… 

FRANÇOIS FILLON
Ca prend du temps…

BÉATRICE MADELINE
Dans l’immédiat, pour les Français…  

FRANÇOIS FILLON
Pour les réponses conjoncturelles, on a pris plusieurs initiatives, d’abord une initiative européenne. La gauche réclame à corps et à cri ce qu’on appelle la TIPP flottante. C’est une mauvaise idée.  

ARLETTE CHABOT
François HOLLANDE va sûrement vous en parler tout à l’heure…    

FRANÇOIS FILLON
Sûrement, c’est une très mauvaise idée, je luis dis à l’avance. C’est une très mauvaise idée parce que la TIPP flottante ça n’a jamais marché, ça avait coûté à l’époque trois milliards d’euros quand ils l’avaient mis en place les socialistes, ça avait baissé le prix de l’ordre de trois centimes au litre. Et surtout la TIPP étant une taxe sur les volumes de pétrole consommé, comme les volumes diminuent avec l’augmentation des prix c’est une taxe qui baisse, c’est une recette qui baisse. Ce que nous voulons avec le président de la République c’est de pouvoir moduler la TVA qui, elle, augmente au fur et à mesure de l’augmentation du prix du pétrole au-dessus d’un certain niveau. Et nous avons demandé aux Européens puisqu’il faut un accord des Européens d’examiner cette question.     

ARLETTE CHABOT
Mais pour l’instant ils vous ont dit non, ils ont dit non dans un premier temps.   

FRANÇOIS FILLON
Oui mais c’est toujours comme ça en Europe, c’est-à-dire que la pensée unique c’est toujours non d’abord puis après on discute. Donc on a commencé à discuter, on a eu une longue conversation avec madame MERKEL lundi sur cette question, le président de la République a eu monsieur ZAPATERO aujourd’hui longuement, et nous allons faire ensemble une demande officielle à la Commission pour qu’elle examine…

ARLETTE CHABOT
Quand ?

FRANÇOIS FILLON
Au prochain Conseil qui a lieu dans quelques jours pour qu’elle examine cette question. C’est quand même assez…

ARLETTE CHABOT
Et ça peut aboutir cette fois ?

FRANÇOIS FILLON
Bien sûr que ça peut aboutir, ça consisterait à donner aux Etats la possibilité au-dessus d’un certain niveau de prix du baril de moduler la TVA. C’est quand même assez simple, je pense, de comprendre même quand on est haut fonctionnaire à Bruxelles que ce n’est pas pareil d’exiger 20% de TVA sur un baril à 40 dollars et sur un baril à 200 dollars, ça n’a pas les mêmes conséquences.

BÉATRICE MADELINE
La modulation pourrait être de combien avec quel impact sur les prix à la pompe ?      

FRANÇOIS FILLON
Ca c’est une discussion qu’il faut qu’on ait avec l’ensemble des Européens, qu’on se mette d’accord sur le seuil de déclenchement de cette modulation, et surtout qu’on laisse ensuite aux Etats la possibilité peut-être d’adapter la modulation en fonction de leur propre situation. Alors maintenant ça encore c’est une réponse, c’est du court, moyen terme.

BÉATRICE MADELINE
C’est une réponse…

ARLETTE CHABOT
Pardonnez-moi, précisément, même s’il y a un accord européen ça s’appliquera quand à peu près ?  

FRANÇOIS FILLON     
Ca peut s‘appliquer dans plusieurs mois.

ARLETTE CHABOT
Oui, c’est-à-dire genre 2009, 2008 ou 2009 ?

FRANÇOIS FILLON
Ah ça peut s’appliquer s’il y avait un accord européen ça peut s’appliquer très vite mais il faudra quand même plusieurs mois. Et c’est pour ça que nous avons prévu aussi des réponses nationales immédiates, d’abord l’augmentation de l’aide à la cuve pour les personnes…

BÉATRICE MADELINE
Alors la prime à la cuve c’est combien, c’est 150 euros ?       

FRANÇOIS FILLON
Elle va être à 200 euros, elle va être portée de 150 à 200 euros, et c’est une prime à la cuve qui est pour environ
700.000 ménages…

BÉATRICE MADELINE
700.000 Français, c’est assez peu… 

FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu…

BÉATRICE MADELINE
Par rapport au nombre de gens qui sont pénalisés aujourd’hui par rapport au prix de l’essence… 

FRANÇOIS FILLON
C’est assez peu et en même temps c’est beaucoup, et il n’y a pas de miracle sur ces sujets-là, on ne pourra pas baisser le prix du carburant au moment où le pétrole s’envole. Deuxièmement, on a mis en place un tarif social du gaz qui va entrer en vigueur dans les tout prochains jours et qui…

BÉATRICE MADELINE
Alors là aussi c’est combien, ça concerne combien de personnes ?  

ARLETTE CHABOT
Qui ?

FRANÇOIS FILLON
Ca concerne donc les personnes qui sont à la CMU, donc environ à peu près le même nombre de personnes, et ça pourra…

BÉATRICE MADELINE
700.000.

FRANÇOIS FILLON
Et ça pourra monter jusqu’à environ une centaine d’euros. Il y a un tarif social de l’électricité qui a été mis en place. Puis il y a un débat sur le problème des trajets domicile/travail. Il y avait un système qui avait été imaginé par le gouvernement précédent de chèque transport qui ne fonctionne pas…

BÉATRICE MADELINE
Que vous avez abandonné en novembre dernier, auquel vous avez renoncé…  

FRANÇOIS FILLON
Non, on ne l’a pas abandonné mais il ne fonctionne pas, il n’y en a jamais eu.

BÉATRICE MADELINE
Il n’a jamais fonctionné… 

FRANÇOIS FILLON
Il n’y en a même jamais eu d’imprimé, donc ça veut dire que ça n’a pas été un succès. Alors j’ai regardé pourquoi ça n’a pas été un succès, ça n’a pas été un succès parce que c’était trop compliqué. Donc j’ai décidé qu’on allait remplacer ce chèque transport par une aide directe qui sera sur la feuille de paie du salarié et comme ce sont les entreprises qui financent avec l’aide de l’Eta ce dispositif je demande aux partenaires sociaux ce soir, et je vais leur écrire demain, de se réunir pour décider ensemble puisque c’est leur responsabilité des conditions d’application de cette nouvelle aide et l’Etat naturellement, comme il le faisait ou comme il l’aurait fait pour le chèque transport, apportera sa contribution sous forme d’une aide fiscale.

ARLETTE CHABOT
Donc ça va se discuter dans chaque entreprise pour qu’on comprenne bien ?  

FRANÇOIS FILLON
Non…mon idée c’est ce que ça se discute d’abord entre les partenaires sociaux au plan national, qu’ils se mettent d’accord sur un dispositif, qui y a droit, dans quelles conditions, et puis ensuite nous mettrons en place le dispositif. Ce qu’il faut simplement c’est que ce dispositif soit conforme à nos intérêts sur le plan écologique, donc ça veut dire qu’il encourage l’utilisation des transports en commun et que ce ne soit une aide au plein d’essence que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution".
Mar 17 jun 2008 13 commentaires
Bravo! Réaction de pur bon sens!
Jacques Heurtault - le 17/06/2008 à 20h07
Bravo Monsieur Fillon pour cette belle intervention !!!

Encore une fois vous avez bien mis en évidence que la gauche de Mr Hollande n'a aucune idée pour réformer notre pays !!! 



Très cordialement
valérie grandet-passeron - le 17/06/2008 à 22h46
Bravo Monsieur le 1er MINISTRE pour votre prestation ,votre force tranquille ,continuez la FRANCE a besoin de vous;
HABRANT - le 18/06/2008 à 00h31
ces liens videos sont bien sympathiques lorsque l'on travaille pendant la diffusion !bref une emission qui recadre pas mal de chose, merci quant a vos points de vues notamment sur la turquie !
les choix sur la défense sont  courageux ! 
le conseil aux entreprises sur la protection des données  doit etre une priorité.
les grands groupes s'attaquent gentiment volontairement afin d'epprouver leur securité informatique mais qu'en est il des petites sociétes qui sont parfois des fournisseurs de ces grandes entreprises? assurement "il y a du boulot"!
Jean-Marc - le 18/06/2008 à 11h18
Monsieur le Premier Ministre,

Je tenais à vous féliciter pour votre prestation dans l'émission à vous de juger hier soir sur TV5 (Il n'y a pas France 2 ici au Mexique).
Vous avez une grande qualité, rare chez les hommes politiques, celle de savoir écouter ses interlocuteurs, c'est-à-dire de ne pas les interrompre.
Tout au long de l'émission, vous m'êtes apparu comme quelqu'un d'objectif et sincère n'ayant pas peur de dire la vérité.On ne vous a pas épargné les questions difficiles et vous y avez répondu calmement avec à chaque fois des arguments plus que convainquants. Quand on parle de votre ambition, oui vous en avez et vous n'en avez qu'une: celle de bien faire pour la France. Et si la France a encore besoin de vous dans le futur  et je crois vraiment qu'elle en aura besoin, elle vous le fera savoir. Encore Bravo.
David Dumas - le 18/06/2008 à 15h08

Vous instaurez un tarif social du gaz, puis de l'electricite, puis du telephone portable. Bientot, il y aura des tarifs sociaux pour a peu pres tout. Ne serait - il pas plus simple de reduire les charges sociales qui ponctionnent les salaires a tel point que les francais n'ont plus de quoi vivre?
Quand allez vous autoriser les assurances maladies privees en France? Un SMICARD paye 280 Euros par mois pour la Secu, sans la CSG. En Angleterre-qui n'est pas exactement un pays bon marche- pour m'assurer pour toute les maladies de facon privee, je paye 150 Euros par mois. Pourquoi tenez vous tant une Secu qui coute si cher?
Je ne parle pas de la retraite par repartition qui est une arnaque monumentale et qui obligent les francais a payer des sommes colossales toute leur vie sans avoir aucune garantie sur ce qu'il toucheront a la fin.

C'est la que se situent les vrais gains de niveau de vie. Les tarifs sociaux, ce sont des 'rustines' pour le court terme mais pas la solution aux vrais problemes.

Sabine Guerry - le 19/06/2008 à 16h16
Madame,

Merci de nous avoir fait part de cette réaction, qui mérite une réponse détaillée.

La retraite par répartition est l'expression de la solidarité entre les générations. Fait en 1945, ce choix a été confirmé en 2003.

Renoncer, comme vous le réclamez, au système actuel de retraites, c’est imposer à 12 ou 13 millions de personnes une réduction dramatique de leurs revenus, ce qui aurait pour effet de créer immédiatement une très grande pauvreté sur une très vaste échelle.

Il faut naturellement veiller à l'équité entre les générations. L'arrivée à l'âge de la retraite des générations du "baby boom" est un défi pour l'équilibre du système de retraite. Il a fallu et il faut encore relever ce défi.

Les réformes menées depuis 1993 ont privilégié une revalorisation des pensions sur les prix, et un allongement de la durée de cotisation, conséquence de l'allongement de l'espérance de vie.

Par ailleurs, des incitations fiscales ont été créées pour permettre aux salariés - et plus particulièrement aux cadres- de compléter leur pension de retraite issue des régimes par répartition par un effort d'épargne.

Quant à l'assurance maladie, elle est l'un des piliers de notre modèle social.
 
La France maintient un taux de remboursement par l'assurance maladie obligatoire de l'ordre de 77 % des dépenses de santé. Elle laisse à la charge des ménages un montant très faible par rapport à ce qui est constaté dans d'autres pays européens.

Cette socialisation peut naturellement être contestée. Elle ne doit pas être travestie. Vous avancez le chiffre de 280 euros par mois pour un smicard "pour la sécu, sans la CSG". S'agit-il du montant des charges salariales ou patronales ? Pour l'assurance maladie, un salarié s'acquitte sur son salaire d'environ 5,2 % de CSG et 0,75 % de cotisation salariale.

Autoriser demain les assurances maladies privées en France aurait des effets désastreux pour notre équilibre social. De tels assureurs pratiqueraient en effet une sélection entre les assurés, ce qui laisserait à la charge du régime public les personnes les plus malades et les plus fragiles. La question du financement ne serait pas résolue, bien au contraire.

En revanche, le maintien du monopole - gage d'universalité et de solidarité - doit s'accompagner d'une vraie maîtrise des dépenses. Il est nécessaire de remédier aux gâchis de notre système d'organisation des soins, de réduire les coûts de gestion des caisses, et de lutter de manière déterminée contre les fraudes.

Pour le cabinet
François Fillon
L’Europe ne regagnera la confiance des citoyens "qu’en répondant à leurs préoccupations".certes oui vous avez raison mais la gestion européenne est anxiogène pour nous .. et meme vos explications politiques le sont (malgré vous !-) ).
en effet dès qu'un obstacle survient c'est a cause de l'europe qui ne veut pas, qui arbitre !
pire un chef d'etat qui vient dans mon pays pour "faire la pub pour l'europe ..."(malheureux ne faites pas cela , cela paraitrait trop arrogant ! irlandais ou non,la pluspart des citoyens pensent pouvoir se passer de l'europe prouvez leur le contraire, modeste touriste les transports seront ils majorés vers ces pays du non ) le permis de conduire européen sera t il valable labas ?)le leur sera t il valable ici les transporteurs routiers pourront t ils emprunter nos reseaux ? je plaisante biensur...
N'en  sommes nous pas au point qu'un artiste pro-européen fera mieux passer le message politique que vous !?
 parce que la hausse des prix c'est depuis  l'euro , les interdictions de peche c'est l'europe , les amendes payées par les etats pour la non-applications des directives c'est l'europe ! etc _Et c'est moi qui paie, si en plus il semble que je paie la cmu pour le premier européen qui passe parce qu'il n'a pas de revenus...en tant que contribuable :ce n'est pas tres plaisant a entendre...( si ce n'est pas le cas...facturez cette cmu a ce pays.cela "n'arrangera" peut-etre pas mon portefeuille mais bon cela me semblera plus juste. )
je suis loin d'etre expert mais si hier le nombre de touriste s'etait majoré et bien visible l'an dernier en Irlande quel aurait été le résultat des élections ? l'epaisseur du portefeuille aide a voir ou sont les intérets, pour gagner la confiance il faut déjà se connaitre un peu et forcement se rencontrer ...(lapalissade)
Z - le 20/06/2008 à 10h26
les syndicats: comment etre credible une voiture haute gamme avec chauffeur et une cocarde tricolore lumineuse!
Lumineuse aussi l'idée d'un autre de saluer les petites mains des cuisines d'un restaurant là aussi grande classe, sans laisser le moindre pourboire ... les grandes idées, les grands principes sans savoir vivre ...!? à bon entendeur
Z - le 20/06/2008 à 13h22

Ceux qui connaissent monsieur fillon (notamment les sarthois ) savent bien que il socio-démocratise la droite française du coup il met sur le banc de touche, et la gauche et droite,

monsieur hollande avec son parti défendait des idées qui ne convainquaient personne, même lui même


mes amitiés

ALAIN

ALAIN - le 22/06/2008 à 11h41
je ne comprends pas pourquoi il n'est pas possible de baisser le prix de l'essence à la pompe par rapport aux fluctuations même sensibles du prix du baril de pétrole. Et les taxes n'est il pas possible de les baisser ? c'est intéressant de faire des heures supplémentaire mais si le bénéfice passe chez les pétroliers où est l'intérêt ? Je compte sur l'intelligence du gouvernement pour nous aider dans notre vie quotidienne
le boeuf evrard sylvie - le 24/06/2008 à 08h35