Le blog François Fillon


Voici le texte intégral du discours prononcé le 5 juillet par le Premier ministre devant le congrès national de l'UMP.

***

Mes chers amis,

J’ai compris que votre matinée avait été longue. Je vais vous rassurer, la mienne aussi, puisque je descends tout juste de l’avion qui me ramenait de la Belle province du Québec. J’ai participé, je dois le dire, avec beaucoup d’émotion, au 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Une ville fondée par un poitevin, qui aurait pu être Jean-Pierre Raffarin, tant il est estimé et respecté sur les bords du Saint-Laurent. Je voudrais lui rendre hommage parce qu’il a présidé pour la France l’organisation de ces fêtes du 400e anniversaire. Il l’a fait avec beaucoup de chaleur et d’efficacité. Il l’a fait pour défendre notre pays, notre culture et notre langue. Merci Jean-Pierre.

Au Québec, comme dans toute l’Amérique du Nord, on regarde la France avec étonnement. La belle endormie serait-elle en train de se réveiller ? Il n’y a rien de tel que le regard des autres pour voir clairement au fond de soi-même. La France, pays conservateur, immobile, pays du « toujours plus », disait-on. Chacun voit à l’extérieur que cette France-là n’est plus la France d’aujourd’hui.
En une année - j’aurais envie d’ajouter : seulement - des pans entiers de la société se sont métamorphosés. Cela, sous le regard médusé de l’opposition, qui aurait tellement voulu gagner par la rue ce qu’elle n’a pas su gagner par les urnes. L’opposition a beau se joindre à tous les cortèges, elle a beau dire non à tout ce que nous disons, à tout ce que nous faisons, vous le voyez bien, cela ne prend pas. Parce que la France change, elle a déjà changé et vous, militants de l’UMP, pouvez dès à présent en tirer quelque orgueil.

Souvenez-vous simplement de la situation qui était la nôtre, il y a encore quelques années.
Hier, la question de l’emploi dans notre pays se résumait au partage du travail et à ce mot de « RTT » que nous avons inventé mais jamais réussi à exporter… Aujourd’hui, de quoi parle-t-on s’agissant d’emploi dans notre pays ? De qui fera des heures supplémentaires.
Hier, la question de la solidarité se résumait en France a un peu plus ou moins d’assistanat. Aujourd’hui, de quoi débattons-nous dans la majorité au Parlement ? Du Revenu de Solidarité Active dont la philosophie nous est chère parce que c’est celle de la dignité par le travail.
Hier, les droits légitimes des chômeurs n’étaient pas équilibrés par des devoirs. Aujourd’hui, nul ne pourra renoncer à deux offres d’emploi raisonnables.
Hier sur la délinquance et la violence, le coupable était une victime malgré elle. Désormais, le sens de la responsabilité sanctionne la culture de l’impunité.
Hier, les usagers des transports publics et ceux de l’école devaient faire avec les grèves. Et d’ailleurs nul n’osait s’en offusquer, si ce n’est les Français eux-mêmes qui en subissaient les conséquences. Maintenant, avec le service minimum, c’est le service public qui doit se mettre au service des usagers et non le contraire.
Hier, sur la question de l’immigration, nous n’avions le choix qu’entre l’immigration zéro du Front national et la fausse générosité d’une gauche qui fermait les yeux sur les drames humains de l’immigration clandestine. Nous y avons mis un terme avec l’immigration choisie qui entre dans les faits. Désormais, la France est en mesure de dire qui elle veut accueillir sur son sol et dans quelles conditions. Et dans quelques semaines, nous allons faire adopter à l’unanimité des 27 pays européens un pacte sur l’immigration et l’intégration, montrant à quel point les critiques de l’opposition et de la gauche sont malvenues, ringardes et déplacées.
Hier, la question des régimes spéciaux de retraite faisait trembler tous les gouvernements. Ils sont désormais réformés et le principe d’équité s’est imposé.
Hier, l’écologie était enfermée dans un ghetto. Voici aujourd’hui la nécessité du développement durable qui imprime notre comportement et nos actes.
Hier enfin, les syndicats ne voyaient pas d’autre méthode, d’autre finalité que de s’opposer et de harceler le pouvoir en place. Les voici à présent poussés à prendre leurs responsabilités.

Mes chers amis,
Si vous faites la somme de toutes ces évolutions, chacune aurait provoqué, il y a quelques années, le refus, le tollé, la mobilisation et, sans doute, finalement, le recul du gouvernement. Que trouve-t-on derrière chacune d’entre elles, que voit-on ? Une transformation de fond.
La France n’a pas seulement changé ses lois. La France a changé de cap, de culture, de valeurs et de politique. C’est une inflexion historique et idéologique qui est à l’œuvre et qui récompense notre stratégie politique.

Cette stratégie est d’abord fondée sur le respect scrupuleux de nos engagements. On peut nous reprocher beaucoup de choses, mais pas de nous écarter de notre projet. Ce que le Président a dit, ce sur quoi il a été élu, nous sommes en train de le faire. Cette fidélité donnée à la parole est le gage de notre crédibilité, c’est la clé du rétablissement de la confiance entre les Français et la politique.
La crise que nous avons connue pendant vingt ans, qui a culminé avec le 1er tour de l’élection présidentielle de 2002, était due au fait qu’il n’y avait plus cette confiance entre la politique et les Français. La seule façon de rétablir cette confiance est d’aller devant les électeurs avec un projet politique et si les électeurs le choisissent, de le mettre en oeuvre imperturbablement, intégralement, sans faiblir et sans jamais reculer devant les résistances, d’où qu’elle viennent.

Cette stratégie repose aussi sur une vertu, celle de l’autorité politique. Au cours des dernières décennies, à force de céder à la première manifestation, à force de remiser ses convictions au premier cri hostile, les Français en ont conclu que les gouvernements n’étaient ni réellement investis d’une mission, ni réellement décidés à l’accomplir.
Il était temps de redresser l’autorité de l’Etat. Quand on croit à ce que l’on fait, on fait ce que l’on croit. Depuis un an, nous avons tracé notre chemin sans fléchir, sans céder. Nous l’avons fait aussi sans arrogance et sans brutalité, mais avec la conviction intime que la modernisation de notre pays n’était plus négociable.

Nous poursuivons trois objectifs centraux, vitaux et rien ne doit nous écarter de notre devoir. Le premier de ces objectifs, c’est le plein emploi. Il est, en réalité, au cœur de tous les enjeux. Au cœur de la compétitivité de notre pays, du pouvoir d’achat, du maintien de notre système social et même de notre unité républicaine.
Après avoir fusionné l’ANPE et l’UNEDIC pour faire un grand service public de l’emploi plus efficace ; après avoir réformé le contrat de travail, pour la première fois depuis les années 60 avec le soutien des organisations syndicales ; après avoir réformé l’assurance chômage ; nous nous apprêtons, en ce moment-même au Parlement, à nous libérer des 35 heures en replaçant la négociation du temps de travail au sein-même des entreprises.

Le second objectif consiste à placer la France dans les premiers Etats européens en matière de croissance. C’est un combat que naturellement la conjoncture économique internationale rend difficile, mais qui, en même temps, le rend plus actuel que jamais.
La croissance ne se décrète pas, il faut aller la chercher avec des réformes. Si notre pays a connu, depuis si longtemps, moins de croissance que les autres pays développés européens, c’est pour une seule raison : parce que nous avions plus de réglementations que les autres.
Alors, nous avons mis le paquet sur l’université en lui donnant l’autonomie, sur la recherche et sur l’innovation. Nous allons le mettre sur la participation et sur l’intéressement afin de mettre le capital au service de la mobilisation du travail. Et, enfin, nous sommes en train de débattre au Parlement d’une Loi de modernisation de l’économie qui met l’accent sur deux leviers incontournables : les PME, qui vont enfin pouvoir se développer, et la concurrence qui, elle aussi, va pouvoir se déployer plus librement.
Mes chers amis, il est inutile de dire notre admiration pour les pays qui ont mieux réussi que nous en Europe en matière de croissance et, en même temps, refuser d’employer les méthodes qui font leur succès. Ces méthodes sont simples, elles ont deux noms : liberté et concurrence.

Le troisième objectif, c’est la maîtrise de nos finances publiques et de nos comptes sociaux. Cela fait tellement longtemps que nos budgets sont votés en déficit : 34 ans. Tous les Français de moins de 34 ans pensent que cela marche ainsi. Et tous les Français qui ont plus de 34 ans se disent que, si cela a duré 34 ans, cela va durer encore quelques années.
Je veux vous dire aujourd’hui, solennellement, que je ne serai pas le Premier ministre qui laissera à nos enfants la facture de nos imprévoyances et de notre lâcheté. Ce n’est pas en multipliant nos déficits et notre endettement que nous créerons les conditions d’une croissance saine et durable.
Le budget de l’Etat sur les trois prochaines années sera donc strictement maintenu en volume, il n’y aura pas d’augmentation des dépenses, la règle de non remplacement d’un départ sur deux de fonctionnaires partant à la retraite sera strictement respectée et la réforme de l’Etat va se poursuivre. Après la réforme de la carte judiciaire, il y aura la réforme de l’organisation de nos armées et celle de notre système de santé.
Quant à nos comptes sociaux, l’objectif d’équilibre du régime général en 2011 nous oblige à des efforts partagés. Une sécurité sociale en déficit, c’est une génération qui s’endette au détriment d’une autre. C’est injuste, c’est même immoral et nous n’avons pas le droit de prendre une telle responsabilité.

Ces trois principaux objectifs s’inscrivent dans un environnement international particulièrement difficile, avec le fléchissement de la croissance et le renchérissement des matières premières, principalement du pétrole. Cette situation n’exige pas de la démagogie et ne nous impose pas d’adopter un langage populiste, elle exige un discours de vérité.
Il faut d’abord dire la vérité sur les efforts que nous allons devoir fournir pour aller chercher chaque point de croissance.
Il faut ensuite dire la vérité sur les efforts que nous devons collectivement entreprendre pour maîtriser la transition énergétique parce que c’est la réalité ; nous sommes en train de passer de l’ère du tout pétrole à une nouvelle ère où il faudra remplacer ce pétrole par d’autres énergies.
Il faut également dire les efforts partagés que nous devons assumer pour redresser nos finances publiques et sécuriser notre modèle social.

Il faut enfin, et vous l’avez fait avec quel éclat ce matin, dire la vérité sur l’avenir de l’Europe qui, à force d’être maltraitée, risque un jour de s’échouer. Il faut avoir le courage de le dire : si l’Europe est mal aimée, c’est parce qu’elle est devenue le bouc émissaire de tous nos maux, dont certains ont d’ailleurs bien peu de choses à voir avec l’Union.
Mais il faut également avoir le courage de le dire, comme l’a fait Nicolas Sarkozy ce matin, si l’Europe est mal comprise, c’est parce que l’Union n’a pas toujours su trouver les mots et les actes pour susciter une adhésion plus puissante que la somme de toutes les contestations.

Avec Nicolas Sarkozy, nous entamons la présidence de l‘Union européenne avec beaucoup de gravité et de responsabilité. L’Europe a besoin de retrouver un dessein politique, elle a besoin d’être portée par des projets concrets et, au-delà des questions institutionnelles, de démontrer à nos concitoyens qu’elle est là pour nous protéger, pour mobiliser et pour nous grandir.

Mes chers amis,
Vous le savez bien, on ne transforme pas un vieux pays comme la France en quelques mois. Nous avons besoin de la durée, de la ténacité et de la continuité. Les réformes que nous conduisons exigent que la réalisation et la concrétisation soient suivies chaque jour par le gouvernement, par la majorité, par l’UMP. Ces réformes exigent aussi une nouvelle pratique de la démocratie et c’est ce que nous sommes en train de faire au Parlement en proposant une réforme de notre constitution.
Cette réforme s’inscrit complètement dans l’esprit de la Ve République. Elle ne remet pas en cause les équilibres de notre République qui nous ont donné cette stabilité que beaucoup nous envient. Elle vise simplement à adapter le rôle du Parlement à celui de la société française.
Nous ne pouvons pas être le pays le moins démocratique de tous les pays européens. Nous ne pouvons pas être le pays où le Parlement a le moins de pouvoir. Parce que lorsque le Parlement n’a pas de pouvoir, d’autres le prennent à sa place : la rue, les populistes, ceux qui commentent l’actualité et non plus ceux élus par les Français pour les représenter.
Si l’opposition refuse cette réforme constitutionnelle, il faudra qu’elle s’explique. Cela fait 20 ans qu’on entend la gauche nous dire, à chaque instant, de donner plus de pouvoir au Parlement. Et voilà que nous le faisons et voilà qu’elle s’apprête, en tout cas c’est ce qu’elle nous dit, à nous le refuser, pour une seule raison : parce que c’est Nicolas Sarkozy qui la lui propose…

Alors, je compte sur l’UMP pour ne pas laisser à la gauche le pouvoir de dire n’importe quoi. Le Parti socialiste prépare son congrès dans la plus grande confusion idéologique et la seule chose qui le rassemble, ce sont les attaques contre le président de la République.
Moi, j’invite l’opposition à se regarder elle-même. Je l’invite à se poser les bonnes questions sur elle-même. Que le Parti socialiste soit encore à se demander s’il faut ou non accepter le libéralisme économique est consternant. Que ce parti s’interroge encore sur les exigences de la mondialisation est effarant.
À force d’esquiver les réalités, de ne pas avoir modernisé le socialisme, une partie des électeurs de gauche en a conclu qu’il valait mieux l’original à la copie. Et l’original, c’est l’extrême gauche, dont la popularité du leader n’est pas un bon signe pour la démocratie. À l’époque, nous avons lutté bec et ongles contre le Front national et ses thèses. Je le dis à l’opposition et au Parti socialiste, il est grand temps que la gauche en fasse de même avec ses extrêmes.

À vrai dire, qu’importe ce qui se dit dans l’opposition. Avec Nicolas Sarkozy, nous avons un cap et nous le suivons avec une seule idée. Nous voulons être jugés par l’Histoire, pas par les procureurs d’un jour. Personnellement, je ne redoute pas le jugement de l’Histoire. Je le redoute d’autant moins que je ressens comme vous une grande fierté devant le retour en force de la France dans le monde.

Il existe un message universel de la France. Ce message est le fruit de notre Histoire et de notre culture véhiculé par notre langue. C’est ainsi, la France a besoin de parler au monde. Ce n’est pas de l’arrogance ou de l’ignorance face aux changements du monde, mais la France porte des valeurs qui lui sont spécifiques. Une mondialisation plus éthique, le respect des droits de l’Homme et surtout, mes chers amis, la passion de la liberté.

C’est cette passion de la liberté que nous avons ressentie en écoutant le discours du président de la République à Jérusalem devant le Parlement israélien, puis le lendemain à Bethléem, devant les responsables de la Palestine.

C’est cette passion de la liberté que nous allons ressentir le 13 juillet prochain, quand nous verrons à Paris, autour de la même table, tous les chefs d’Etat de l’Union européenne et du bassin méditerranéen rassemblés pour porter sur les fonts baptismaux l’Union pour la Méditerranée.
Parce que, mes chers amis, on ne résout pas les crises en empêchant les gens de se parler. On résout les crises en les forçant à dialoguer et la meilleure façon de les y forcer, c’est de leur proposer un projet concret.
Nous-mêmes, Européens, n’avons pas de leçon à donner. Pendant des siècles, nous nous sommes entretués et la violence a certainement atteint son paroxysme au XXe siècle, sur notre continent. Comment sommes-nous sortis de cette situation, à laquelle nous semblions condamnés pour l’éternité ? Avec l’Europe. Parce que nous avons décidé, parce que des hommes courageux et clairvoyants ont décidé de nous rassembler autour de projets communs. C’est exactement la même chose que Nicolas Sarkozy a proposé aux pays du bassin méditerranéen.

Enfin, mes chers amis, cette passion de la liberté nous a transportée lorsque nous avons vu, il y a quelques heures, le visage d’Ingrid Betancourt libre, au Palais de l’Elysée, en compagnie du président de la République.
J’étais au Canada et je peux vous dire que toute l’actualité québécoise et canadienne était envahie par cette image et ce message. J’ai alors ressenti une grande fierté d’avoir sonné, avec le président de la République, depuis un an, la mobilisation générale pour la liberté d’Ingrid Betancourt. J’ai ressenti une grande fierté de l’avoir aidée à éviter de tomber dans l’oubli dans lequel elle menaçait de s’engloutir.

La libération d’Ingrid Betancourt, le discours du président de la République devant la Knesset ou l’Union de la Méditerranée sont le symbole du retour de la France dans le monde.
Ce retour de la France dans le monde, nous le devons à Nicolas Sarkozy, au gouvernement que je suis fier de conduire, à l’UMP, à la majorité présidentielle et nous le devons aux Français qui nous soutiennent. Mais, nous le devons également à cette France éternelle qui ne renoncera jamais à conduire tous les combats pour la liberté.

Jeu 10 jui 2008 14 commentaires
Monsieur le Premier Ministre, Bonjour!
Oui, la France est admirée dans le monde, mes ami(e)s du liban, d'Argentine, de l'algérie, du Maroc, du Québec me le disent. Et j'en suis fier.
Vous m'avez fait l'honneur de répondre à ma remarque sur les tomates qui n'ont plus de goût; sachez que mes amis ci-dessus le confirment également. Quelle planète allons-nous transmettre à nos enfants?
Oui, l'Europe unie se justifie par les horreurs vécues le siècle dernier:enfant, j'ai perdu 5 camarades durant la dernière guerre mondiale. Puis aussi 2 amis adolescents durant la guerre d'Algérie. Donc: vive L'U.P.M.!
Bien à vous monsieur le Premier Ministre. Et merci pour votre action claire et volontariste.
toussaint - le 10/07/2008 à 14h48
Avec son arrogance, sa résistance au changement, l’ineptie de ses 35 heures, la démagogie de ses RTT, la France s’est progressivement construit une image négative vue de l’extérieur. À Davos et ailleurs, ou les leaders mondiaux se côtoient le « French Bashing » est rentré dans les mœurs. On y moque bien volontiers ces Français qui prétendent en se recroquevillant et en sauvegardant leurs acquis résister mieux que quiconque à la mondialisation. 
L’accusé France subit ce procès en décadence depuis trop de décennies. Le mitterrandisme et le chiraquisme nous ont embourbé, fait perdre tout sens des réalités économiques, sociales et financières, nous affaiblissant constamment par rapport à nos partenaires. 
Le déclinisme sclérose la société française comme un nouveau fatalisme, par lequel ceux qui le professent se défaussent de leurs responsabilités accusant qui la conjoncture, qui la mondialisation, qui Bruxelles, qui le gouvernement… Et oubliant vilement que la vocation du politique est de rendre les choses possibles.
Il n’est donc pas étonnant qu’aujourd’hui le populisme sous toutes ses formes (autoritaire et xénophobe, populisme gauchisant, ou altermondialiste) irriguent sur le terrain économique et moral les états d’âmes de l’opinion. Ils empruntent immuablement à la thématique du déclin et de la rupture, avec pour postulat commun une France qui se vide de substance, qu’il s’agit de révolutionner. Étrange effet du déclinisme que de conduire une convergence du diagnostic et des solutions !

Dans un monde enclin à de nouveaux repères, de nouvelles valeurs, tendu par des jeux de puissance te d’influence sas précédents, nous n’avons besoin de représentants ni esclaves de l’opinion, ni conspirateurs de la révolution.
C’est par la combinaison et l’amplification des réformes initiées depuis un an que la France a une chance unique de reconquérir enfin la place qu’elle mérite et de relever la ligne d’horizon des générations à venir. Il est temps d’opérer la rupture, de desserrer les contraintes, de libérer les initiatives. Et surtout il est temps d’endosser nos responsabilités pour cesser de renvoyer outrageusement aux générations futures la facture de nos faiblesses actuelles.
Il n’y a pas d’efficacité et de progrès sans volonté ouverte, affichée, acharnée de comprendre et d’affronter la nature et la réalité.
Un nouveau monde se façonne plus mobile, plus hostile, plus incertain, plus paradoxal. Nous qui avons été bercés par la quête gaulliste d’un monde multipolaire nous l’entrevoyons soudain. Nous devrions nous en réjouir, et bien non il nous fait frémir. Il devrait nous émerveiller par ces possibilités d’invention, de communication, de développement, mais il nous tétanise. La sauvegarde de l’équilibre environnemental, les transitions énergétiques, les mutations démographiques, les flux migratoires, sont des défis fantastiques à relever. Mais croit-on vraiment que c’est par le discours, l’isolement et la répression que nous trouverons des solutions. Évidemment non. Il faut pour cela comme vous comprendre et défier notre époque tourmentée et lier le redressement de la France aux circonstances de son temps.

Face à cette mutation du monde, le choix est simple: d’un côté une société de responsabilité et d’équité entre libéralisme assumé et social-démocratie rénovée, de l’autre une société gangrenée par le populisme et les extrémismes. Mieux vaut une démocratie régénérée qu’une démocratie dénaturée pour que les citoyens et leurs représentants restent connectés.
Agir en profondeur suppose agir dans la durée et cela peut être plus en France qu’ailleurs. Nous percevons les premiers frémissements de redressement, mais nous les contestons, habités que nous sommes par les réflexes conservateurs et frondeurs. Comme toute renaissance, celle de la France exige patience, vaillance et ténacité.

Pas plus qu’il n’y a d’enchaînement inéluctable dans le déclin, il n’y a de hasard dans le rebond.
caroline Morard - le 10/07/2008 à 17h01

Vous parlez de solidarité ,ce qui me fait bien rire !
expérience actuelle: agressé sur le lieu de travail ,handicapé à vie , licencié sans reclassement ,séquelles graves ,chomage!
La justice prend son temps pour ses procédures

décalage ,monsieur FILLON ,la réalité n'est pas celle que vous pensez!

vous savez quoi ,monsieur FILLON, ceux qui m'ont jeté sont financés par l'ETAT ! alors ,peut être qu'ils serait bien d'avoir un peu de pouvoir sur votre administration!

allez ,le pire est que je suis un militant UMP ,alors je pensais qu'on était encore dans un pays de droit

on courage

fauges - le 10/07/2008 à 18h31
je suis sensible a ce qui se passe au sein du groupe Doux (la prise en charge de ces licenciements est certainement problématique pour Gérard Lorgeoux qui est de notre famille) ces gens courageux qui embauchent généralement à 4h du matin ne peuvent ils pas etre redéployés dans le groupe GLON , RVE ou autres? la Bretagne nourricière ici peine a l'export sous le joug de l'euro fort ?
magazine capital  

le gaspillage...incroyable !discréditant  certains politiciens! comment voulez vous éviter l'emergeance du sentiment pro extrème gauche avec de tels comportements (le sujet concernant les cigares est particulièrement affligeant, lamentable histoire d'argent qui part en fumée ...).


Par ailleurs: la victime recemment cambriolée a bien de la chance d'avoir le procureur qui se rend sur le lieu de l'effraction! hier un collègue vient me voir pour savoir si je ne connais pas le procureur du coin afin qu'il prenne en compte une plainte pour harcelement ! (les tribunaux sont débordés ..pendant ce temps là des agents aux portes de vos ministères glandouillent en lisant le journal  et vigipirate  , la bonne blague !
je propose a la dame en tailleur blanc qu'elle installe une camera-ip (moins de 100 euros).
je ne pense pas appartenir a un clan mais  a une famille politique(meme si je ne suis qu'un petit gars) , je n'apprécie guère d'etre souillé par les propos de Madame Royal !

au fait sale temps pour rouler!  !-))
Jean-Marc - le 11/07/2008 à 09h49

Le quinquennat a été placé sous le signe de la réforme et donc du risque. L’une et l’autre sont liés. Quelle entreprise digne de ce nom ne prend pas de risque, un des éléments-clés du dynamisme.

Prendre la responsabilité de faire aboutir un objectif de transformation, de développement, c’est prendre le risque de se tromper, de ne pas cibler clairement ses buts, de sous-estimer ses adversaires ou bien  encore les lourdeurs récalcitrantes des intérêts qui se sentent menacés, de ne pas être suffisamment captivant, de laisser à ceux qui attendent, l’impression que les plats passent sans être jamais servis, d’accumuler déceptions et animosités.

La nécessité d’une politique du consensus, du dialogue, du partage est atout pour qui en possède l’art. Le seul levier de la communication ne saurait être l’artisan de la réussite.

Prendre des risques, c’est également, assurer les gains. Assurer des gains pour tous. Car dans un premier temps, et nous y sommes, il s’agit davantage de pertes constatées pour chacun, le pouvoir d’achat, par exemple, les modifications sociales dans les entreprises, en particulier, le fameux quatre huit. Il semblait que les entreprises françaises avaient un des taux de productivité figurant parmi les plus élevés. Il n’est pas aisé d’évaluer l’impact d’une telle mesure. Faut-il comprendre que la production augmentera d’un équivalent produit fini en rapport avec la variable 24/32 heures. Faut-il comprendre que le prix du produit fini va diminuer dans la proportion de l’équivalent temps, soit d’un tiers ?

Il y a toujours une notion qui paraît source de majoration des déséquilibres. Il s’agit du coefficient multiplicateur, sorte d’octroi exponentiel à chaque maillon intermédiaire. Bien entendu cette notion est modulée selon les entreprises. Majorer les frais fixes d’une valeur ajoutée non indexée sur la variation d’augmentation du maillon précédent serait moins inflationniste. A condition bien sûr que la concurrence soit réelle.

Assurer les gains dans le contexte actuel, c’est obligatoirement s’engager sur un terme de quinquennat. A ce terme, politiquement, l’électeur sera le juge et l’opposition pourra faire vibrer toutes les cordes de la démagogie dans le cadre d’un échec.

En lisant le discours de François FILLON devant l’UMP, le 5 juillet, on entend la même détermination, celle de la campagne présidentielle, les mêmes objectifs à suivre, ceux, nombreux, réalisés, la même volonté de gagner, de faire gagner la France et les français en sachant que la tâche est rude, que les obstacles sont nombreux, et que les esprits démagogiques retors ont toujours la même soif électoraliste vengeresse.

La gauche aurait-elle perdu la culture de la révolution ?

Claude Simonnet   

Claude Simonnet - le 11/07/2008 à 21h53
Floride USA, le 14 juillet 2008.
Bonjour Monsieur le Premier Ministre:
3 choses:
1- Attention à votre santé. Absent du 14 juillet, dommage. Soignez-vous bien.........Parole de pilote qui connait le mal au dos.
2- Politique: fabuleux la politique étrangère, l'aide à la paix, le retour dans le concert des nations de X, Y ou Z, mais tout cela en second please. S'occuper de mes compatriotes dans la merde en France, priorité absolue, Boss.
3- Excellente idée que notre Ingrid Nationale se fasse un peu oublier. L'avion présidentiel, la Tribune des Chefs d'état, la Légion d'honneur: oups. Too much is too much. Qu'elle se repose; elle doit en avoir besoin. Et merci pour votre boulot.

Patrick BERTEAUX - le 14/07/2008 à 14h59

Bonsoir François,
nous savons ce que ce mal de dos peut etre dur a accepter;ces quelques mots pour vous souhaiter un retablissement rapide , la tension de   tous ces mois n'y est sans doute pas etrangère , nous en sommes conscients;les refomes que vous reussissez   a mettre en oeuvre  vous le font cherement payer. Avec mon meileur souvenir, bien  a vous , fidelement,
yves Leon

yves Leon - le 14/07/2008 à 23h26

Monsieur le Premier Ministre,
Je vous souhaite un bon rétablissement et c'est tout simplement que je viens souligner l'importance du dialogue pour fonder la liberté. Je suis un peu agacée de n'entendre parler que de mondialisation, de rapports internationaux à l'heure où la famille bat de l'aile dans notre  pays. La société se bâtit sur le modèle de la famille, pas étonnant qu'elle soit chancelante.
Je n'ai pas envie d'en dire plus ici mais j'ai l'intime conviction qu'il y a des moyens simples pour reconstruire sans pour autant mettre à mal qui que ce soit. S'il faut tenter l'ENA pour avoir une chance d'être entendue, ou reçue dans vos murs, qu'à cela ne tienne. Je miserais davantage sur les Ponts et Chaussées.... A moins qu'il vous suffise, en cette période estivale propice au dialogue et devant vous ménager un peu, de me donner à vérifier qu'il n'est pas nécessaire de faire la une des médias pour être entendue. 
Un de vos collègues ministres m'a un jour publiquement promis de m'inviter: promesse non tenue, dommage. Qu'il en soit pardonné.
Je vous connais consciencieux. Donc merci, et à bientôt!

yanou josse - le 15/07/2008 à 00h07
Quelque soit l'importance des dossiers en cours ! ne négligez pas votre santé ..tous ces déplacements ont laissé leur empreinte ..Prompt rétablissement Cher Monsieur FILLON .Bien cordialement .@SarahH
SarahH - le 16/07/2008 à 15h36
Que pensent notre premier ministre et nos élus UMP de la décision de justice en faveur de l'escroc TAPIE ?

Décidément, le scandale du Crédit Lyonnais, la justice à plusieurs vitesses de notre pays font qu'une fois encore c'est le contribuable qui se lèvent tôt qui paiera la facture des égarements de nos politiques et hommes d'affaires généreux avec notre argent racketté par un Etat dispendieux, irresponsable !



«On a dessaisi la justice de la République au profit d'une justice privee»
Affaire Tapie : un scandale d'Etat
Cadeau inespéré pour Tapie : un tribunal privé adoubé par Christine Lagarde, la titulaire de Bercy, a décidé de lui accorder 400 millions d'euros au titre de l'affaire Adidas. Bien plus que le chiffre officiel de 285 millions ! Voici comment on en est arrivé là

Qui a sauvé Bernard Tapie d'une faillite inévitable ? Nicolas Sarkozy, qui le faisait recevoir par son ami Brice Hortefeux lorsqu'il était ministre de l'Economie ? Jean-Louis Borloo, qui fut son avocat des premiers jours et n'a jamais rompu les ponts ? Ou encore Christine Lagarde, la titulaire de Bercy, qui a permis à Tapie de bénéficier d'un sauvetage inespéré ? Un «tribunal arbitral» a en effet tranché la semaine dernière la querelle financière entre le Crédit lyonnais et l'homme d'affaires qui accuse la banque de l'avoir roulé lors de la vente d'Adidas, en 1993. Ce «tribunal» a décidé d'octroyer 285 millions d'euros à Tapie : 240 millions d'indemnité, plus 45 millions de dommages et intérêts. Voilà pour le montant officiel. En réalité, l'ex-patron de l'OM devrait recevoir une somme de 400 millions. Le «tribunal» a ajouté les intérêts qu'aurait rapportés l'indemnité si elle avait été placée depuis le début des hostilités judiciaires, en 1994, soit 111 millions d'euros, selon Bercy. Au final, cela fait 400 millions. Tapie assure : «Il me restera entre 20 et 22 millions d'euros» seulement, après impôts et remboursement des dettes. Impossible de vérifier aujourd'hui. Mais «la sévérité de la sentence nous stupéfie», explique un représentant de l'Etat.


Première surprise : c'est une indemnité énorme, qu'aucune décision de justice ne lui avait jamais donnée. C'est même le triple de la somme la plus favorable accordée par un jugement en cour d'appel il y a trois ans. Deuxième surprise : ce verdict prend le contre-pied de la décision d'octobre 2006 de la Cour de Cassation. Celle-ci avait en effet conclu, en assemblée plénière, que Tapie n'avait droit à aucun dédommagement !


Comment est-il possible que la plus haute juridiction du pays soit ainsi déjugée ? Tout simplement parce que cet arbitrage doit peu au droit et beaucoup à la politique. Ce «tribunal arbitral» n'est pas un vrai tribunal. Ce n'est pas une juridiction officielle, mais une instance privée, choisie par le gouvernement et Tapie à l'automne dernier. Une commission composée de trois papys qui cumulent deux cent quarante printemps à eux trois : Pierre Mazeaud (78 ans), ancien président du Conseil constitutionnel; l'avocat Jean-Denis Bredin (79 ans), ancien, comme Tapie, des radicaux de gauche; et enfin, un ancien président de cour d'appel, Pierre Estoup (81 ans), la véritable cheville ouvrière. Pour ce travail, ces ex- vedettes du barreau et de la politique ont d'ailleurs été rémunérées plus d'un million d'euros. Et elles ont pris le contrepied de la Cour de Cassation, offrant la délivrance à Tapie. «On a dessaisi la justice de la République au profit d'une justice privée», fulmine un haut fonctionnaire. Cette sentence ne doit, en théorie, pas être rendue publique. Et en plus elle n'est pas susceptible d'appel, sauf si on peut démontrer que les arbitres du «tribunal» n'ont pas respecté leur mandat ! Pour l'instant, Christine Lagarde semble s'en satisfaire. François Bayrou, le leader du MoDem, crie au scandale : «A l'encontre de toutes les règles qui veulent que l'Etat ne puisse s'en remettre qu'à des décisions de justice, on a mis en place un dispositif qui va permettre à Tapie de toucher des centaines de millions d'euros sur le dos des contribuables.» Exact. Mais ce n'est que le dernier acte d'une série de coups de pouce de l'Etat en faveur de Tapie au détriment de finances publiques pourtant exsangues.
L'affaire Adidas débute fin 1992. Tapie, alors ministre du gouvernement de Pierre Bérégovoy, désire céder son groupe pour se lancer totalement dans la politique. Il veut vendre sa participation dans Adidas, très mal en point. Il a lui-même fixé le prix à 320 millions d'euros et chargé le Crédit lyonnais de l'opération. Le britannique Pentland, un moment intéressé, se récuse. Personne n'en veut. C'est l'hallali. Les banques allemandes menacent de couper les crédits. «Nous ne trouvions pas d'acheteurs, se souvient un des responsables de la banque de l'époque. Tapie, inquiet, m'appelait régulièrement. Il m'avait même dit plusieurs fois : Mais pourquoi le Lyonnais ne me rachète pas Adidas ? [alors qu'il va ensuite attaquer la banque, NDLR ]» Un acquéreur finit par se présenter : l'homme d'affaires Robert Louis-Dreyfus. Mais celui-ci refuse de discuter avec Tapie en direct. Les négociations se terminent en février 1993, après une nuit blanche, dans des locaux des AGE Robert Louis-Dreyfus ne veut courir aucun risque. Il acquiert 15% d'Adidas seulement. Le reste est repris par le Lyonnais, les AGF, des fonds d'investissement et Gilberte Beaux, le bras droit de Tapie. Le montage est compliqué. Primo : les acheteurs sont financés par un prêt du Lyonnais à... 0,5%. Secundo : si Adidas ne se redresse pas, la banque publique assume les risques. Tertio : si Adidas se rétablit, Robert Louis-Dreyfus a la possibilité de racheter les parts des autres actionnaires. En contrepartie, le Lyonnais récupérera une part des gains éventuels. Tapie, satisfait, déclare à l'époque : «Le prix est bon.» A l'Assemblée nationale, la droite se déchaîne et dénonce le soutien financier de deux sociétés publiques (le Lyonnais et les AGF) à Bernard Tapie, ministre de la Ville de Pierre Bérégovoy. Une commission d'enquête parlementaire est créée.


Mais Robert Louis-Dreyfus redresse vite Adidas. Il finira par revendre l'entreprise avec un gain énorme, partagé avec le Lyonnais. Du coup, Tapie se réveille. Il a ssure qu'on l'a floué et qu'il ignorait les détails du schéma financier. «Une banque ne peut pas être chargée de vendre une société, financer l'acquéreur et partager la plus-value», accuse Me Lantourne, son avocat. Le Lyonnais, chargé de la vente, a en effet masqué une partie des opérations au travers d'un montage financier opaque faisant intervenir des sociétés offshore. Durant une douzaine d'années, les jugements se succèdent, souvent favorables à Tapie. Puis, en octobre 2006, la Cour de Cassation tranche. La gestion de l'opération Adidas par le Lyonnais n'est pas sans zones d'ombre, mais rien ne justifie de la condamner lourdement. C'est la catastrophe pour Tapie. «Notre jugement lui laissait peu de marge», se souvient un magistrat de la Cour. Selon la procédure légale, il faut alors saisir un autre tribunal, la cour de renvoi, qui ne peut s'écarter de la décision de la Cour de Cassation.


Tapie dans les cordes ? Non. C'est alors que les locataires de Bercy, Thierry Breton puis Christine Lagarde, vont intervenir. En premier lieu, le combatif Jean-Pierre Aubert, le patron du CDR, l'organisme chargé de gérer les actifs douteux du Crédit lyonnais doit quitter ses fonctions. Or c'est le CDR qui mène la bataille contre Tapie. Au dernier moment, Thierry Breton désigne Jean-François Rocchi, un fonctionnaire politique «proche de Sarkozy», selon un des membres du conseil du CDR. Puis Rocchi prend un nouveau cabinet d'avocats, August et Debouzy (1), en plus de Me Martel, qui suivait l'affaire Adidas depuis des années et en connaissait tous les méandres. Un autre patron du CDR, un autre avocat... Malgré les avis négatifs de certains conseils, Rocchi et le cabinet August et Debouzy décident de ne pas attendre la dernière décision de justice, celle de la cour de renvoi, qui aurait été forcément en leur faveur. Rocchi, avec la bénédiction de Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, pourtant elle-même avocate, décide de confier le dossier à un «tribunal arbitral», c'est-à-dire une instance composée de trois arbitres. «Je ne comprends pas que le CDR abandonne une position qui lui était favorable», s'étonne alors un magistrat de la Cour de Cassation.


Le résultat, assorti d'une sanction historique, annoncé discrètement juste avant le long week-end du 14 juillet, est dramatique pour le CDR, donc pour le contribuable. Combien touchera réellement Tapie ? «Il est trop tôt pour donner un chiffre précis», déclare son avocat, Me Lantourne. Selon Bercy, Tapie doit rembourser 163 millions au CDR, auxquels il faut ajouter «130 millions d'euros de dettes fiscales et sociales», selon les calculs d'un proche de Lagarde. Mais le montant total ne sera connu que le 24 juillet. Au total, cela ferait donc 290 millions qui reviendront dans les caisses de l'Etat. Il y a d'autres frais, dont le montant n'est pas divulgué. Outre son hôtel particulier avec parc, au centre de Paris, près de Saint-Germain des Prés, qu'il n'a pas cessé d'habiter, l'ancien ministre devrait conserver une somme énorme. Pas mal pour la revente d'une société qu'il avait laissée en perte. Tapie sort blanchi par ces trois vieux messieurs. Pas eux.

(1) L'ancien député socialiste Christian Pierret, qui est plusieurs fois intervenu en faveur de Tapie, est associé de ce cabinet

 

Thierry Philippon
Le Nouvel Observateur
Aurélie - le 16/07/2008 à 22h56