Le blog François Fillon


Réunion aujourd’hui au carrousel du Louvre des cadres de l’UMP.

Décidée il y a un mois, cette rencontre avec les 1200 responsables des fédérations départementales de l’UMP était consacrée à la méthode de la Réforme.

Il s’agissait, après l’échec du CPE de démontrer que la France est réformable pour peu que l’on veuille bien respecter quelques règles simples qui s’imposent d’ailleurs dans toutes les démocraties dignes de ce nom.

Quelles sont ces règles ?

Avoir un mandat clair des Français pour engager des transformations profondes de la société. Ce mandat clair ne peut être délivré qu’au moment des élections présidentielles et législatives. Il est donc capital que la campagne qui s’engage pour les élections de 2007 soit l’occasion d’un vrai débat national et que les candidats s’engagent sur des objectifs sans ambiguïté.

Disposer d’un diagnostic partagé, comme ce fut le cas pour la réforme des retraites, qui rend impossible le recours aux slogans simplificateurs ou la défense du statu quo.

Donner toute sa place au dialogue social en recherchant toutes les voies d’accords possibles avec les partenaires sociaux quand la réforme entre dans le champ de leurs compétences.

Respecter les engagements pris à l’égard des partenaires qui acceptent d’entrer dans la voie du dialogue et de l’accord. La fermeté doit aller de pair avec la capacité d’écoute et de compromis.

Pour débattre de cette question essentielle pour la France qui peine à entrer dans le nouveau siècle, engoncée qu’elle est dans ces habitudes et ses certitudes nous avions invité à s’exprimer un représentant du ministre Danois des affaires sociales et Jean Marie Toulisse, le numéro deux de la CFDT, avec lequel j’ai négocié l’accord sur la réforme des retraites.

La presse, hypnotisée par l’instant présent, ne retiendra de cette belle réunion que la déclaration de Nicolas Sarkozy annonçant qu’il n’avait pas, pour le moment, l’intention de quitter le gouvernement. Comme d’habitude elle passera à coté de l’essentiel.

L’essentiel est que 1200 cadres de l’UMP ont fait une ovation à un responsable de la CFDT qui pour la première fois dans l’histoire de cette centrale syndicale a accepté de venir dialoguer sans tabou avec la première formation de droite de notre pays.

Jean Marie Toulisse a d’ailleurs avoué que c’était la première fois qu’un parti politique faisait cette démarche vis-à-vis de la CFDT.

Cet évènement est considérable. Il montre que les relations entre les politiques et les syndicalistes peuvent changer du tout au tout pourvu que nous en ayons la volonté et que nous engagions, comme je l’ai maintes fois proposé sur ce blog une révolution dans notre façon de faire de gouverner et simultanément dans l’ordonnancement du paysage syndical.

Au passage Jean Marie Toulisse a  pris en exemple la réforme des retraites qui constitue la preuve qu’il n’y a pas de malédiction qui pèse sur la réforme en France mais seulement une incapacité des responsables politiques de droite comme de gauche à procéder avec méthode.

Il a cruellement interpellé le parti Socialiste qui s’est engagé lors du congrès du Mans à abroger cette réforme des retraites qu’il a pourtant été incapable d’engager quand il était au pouvoir. Je crois comme la CFDT que cette réforme ne sera remise en cause par personne, quelque soit le résultat des élections. Pourquoi alors prétendre le contraire et tromper les électeurs avec des engagements dont chacun sait rue de Solferino qu’ils ne seront jamais tenus ?

Cette journée marquera un tournant dans l’histoire de notre formation politique et peut être du dialogue social en France. Elle a d’ailleurs permis à Nicolas Sarkozy de s’engager à débattre avant même les élections présidentielles de notre projet politique avec les partenaires sociaux. Non pas pour le négocier avec eux mais pour jouer carte sur table avec eux et éviter les débats inutiles et les postures convenues qui caractérisent souvent la relation entre la majorité est les organisations syndicales.

Sam 13 mai 2006 27 commentaires
"Jean Marie Toulisse a cruellement interpellé le parti Socialiste qui s’est engagé lors du congrès du Mans à abroger cette réforme des retraites qu’il a pourtant été incapable d’engager quand il était au pouvoir." Ce n'est pas possible ! Le PS serait-il fou ? Ce que vous nous dites là est un scoop ! En quels termes le parti Socialiste s'est-il engagé à abroger la réforme des retraites ? Quels sont les termes précis employés par Jean Marie Toulisse ?
Michel Gross - le 13/05/2006 à 21h04

M.FILLON,


Superbe intervention de N.SARKOZY  que j'ai suivie en direct sur le web.


J'imagine que vous écrivez une partie de son discours ainsi que d'autres talentueux membres de la direction ?


La partie historique (M.GAUDIN ?) est un petit chef d'oeuvre de synthèse.


Merci de nous redonner envie d'être fiers d'être Français,car les socialistes arrivent à nous faire douter de notre identité;jusqu'à mes élèves,des gamins,qui sont tellement manipulés par les médias et certains enseignants qu'ils vont jusqu'à affirmer sans ciller "que SARKOZY veut renvoyer les Arabes chez eux (sic)"


N.SARKOZY l'a bien vu en affirmant "que les étrangers sont instrumentalisés par les socialistes"


Je ne veux garder de cette matinée que la phrase impromptue de N.SARKOZY après la panne " Je vous promets la lumière..."


Concernant le dialogue social avec les syndicats,vous ne pourrez avancer que le jour où ils se seront débarrassés de la tutelle des partis,et le PC  et la CGT ou SUD ne sont pas prêts de lâcher le morceau,à savoir perdre leur raison d'exister.


Cordialement 


  

hifi - le 13/05/2006 à 23h15

Je pense que sur ce point vous avez raison M. Fillon


Vous avez avec courrage, détermination et écoute conduit la réforme des retraites. Le dialogue a eu une large place. En fait, si on regarde en arrière je dirais que c'est un modèle en matière de réforme dont vos amis au gouvernements auraient bien fait de s' inspirer.


Je suis en désaccord avec mon parti qui veut "purement et simplement" abroger cette réforme...

Samuel - le 14/05/2006 à 00h39

Bonne nouvelle ! Excellente même ! L'UMP est vraiement un grand parti et risque d'en surprendre encore plus d'un plus tard.

 



Nous nous acheminons doucement dites donc vers une solution à l'allemande avec des personnels politiques et syndicaux responsables et oeuvrant pour le bien public !

 



Merci et bonne suite.




okmonkey75 - le 14/05/2006 à 01h07
Cette réunion était capitale. Je n'ai jamais entendu un syndicaliste s'exprimer de cette façon. S'ils pouvaient tous être de la même trempe ! Malheureusement la presse, comme vous le dites, ne retiendra que l'annonce par Nicolas qu'il ne quittera pas le gouvernement, pour le moment. Il faudrait que tous nos concitoyens puissent avoir connaissance, in extinso, des déclarations de cette journée. Les blogs n'y suffiront pas, même s'ils sont de plus en plus nombreux et si les vidéos sont recopiées et de plus en plus regardées. Quel moyen de diffusion, à un coût raisonnable pourrait être envisagée ?
Christian BOIS - le 14/05/2006 à 01h13
Bravo Samuel, vous avez le courage de vod opinions !
Christian BOIS - le 14/05/2006 à 01h15

En étant d\\\'accord sur vos idées ,je voudrai simplement faire une remarque sur les deux petites phrases consacrée à la presse.


Que cela soit sur le CPE ou l\\\'affaire actuelle,la presse s\\\'est érigée ,non pas en contre pouvoir mais en quatrième pouvoir; je crois que c\\\'est une dérive qui vient de l\\\'enchevetrement des deux mondes ,le politique et le journalisme.


La constitution ne l\\\'a pas prévu!


Quand on dit pouvoir de la rue ,je dirai pouvoir de la presse de faire monter la mayonnaise pour utiliser la rue et faire descendre les gens dans la rue. Pouvoir de la presse d\\\'avoir droit de vie ou de mort sur tel ou tel ou sur telle réforme


Trop de passerelles sont lancées entre les deux mondes ,politiques et journalisme si bien que de contre pouvoir elle devient pouvoir elle même


Alors la clarté passe aussi par le respect de la constitution par les hommes et on aura pas besoin de changer de constitution.


 


 


 


 


 

pierre - le 14/05/2006 à 06h34

En toute franchise, si vous étiez à l'Assemblée Nationale, M. Fillon, voteriez vous la censure comme F.Bayrou ?

Samuel - le 14/05/2006 à 20h32
Certainement pas car je n'offrirai jamais une victoire à des socialistes qui, contrairement à tous leurs collègues européens, n'ont jamais accepté de mêler leurs voix aux notres sur des sujets qui auraient pourtant du faire l'objet de consensus.
Comment voter avec un PS qui prétend abroger la réforme des retraites sans jamais dire par quoi il la remplacerait?
François Fillon

Effectivement, la synthèse du Mans "prévoit l’abrogation pure et simple des lois Fillon sur l’école et les retraites (par quoi les remplacer ?)" dixit Jean-Marie Bockel
http://sociauxliberauxidf.hautetfort.com/archive/2006/05/11/i-e-s-soutenir-segolene-royal-la-reponse-de-marc-d-here-a-ga.html

Michel Gross - le 14/05/2006 à 21h47

Conseiller national UMP, j'ai beaucoup apprécié les interventions de M.Toulisse et également du conseiller ministériel Danois. Dommage que cela ne se soit pas passé à la tv à une heure de grande écoute ! Merci aussi de votre discours. Un très bon texte, fort intéressant. Je vous lit et écoute régulièrement depuis l'époque ou vous travaillez avec Philippe SEGUIN. J'apprécie beaucoup cette tonalité sociale du disours, inséparable du gaullisme. Continuez.

Patrick Fostier - le 14/05/2006 à 23h38