Le blog François Fillon

Mes déclarations sur la nécessaire réforme des régimes spéciaux a déclenché une tempête dans un verre d’eau comme en raffole notre système politico médiatique et en dit long sur son absence de mémoire, de culture et de courage !

 

Je n’ai jamais cessé de dire, depuis 2002, que la réforme des régimes spéciaux serait à l’ordre du jour de la prochaine législature. Si nous ne l’avons pas réalisé en 2003, c’est en raison de l’échec de 1995 et du coupable attentisme de la gauche qui a rendu plus difficile une évolution que tous les pays européens ont conduit, le plus souvent de façon consensuelle. En promettant la retraite à soixante ans quand nos voisins s’engageaient déjà sur l’allongement de la vie active, la gauche a trompé les français et a obscurci leur jugement sur cette question.

 

En 2007, tout gouvernement devra entreprendre la réforme des régimes spéciaux. Pourquoi ?

Parce que c’est une question de justice sociale. Qui peut prétendre qu’il est juste que les salariés de la banque de France ou de la SNCF puisse partir en retraite beaucoup plus tôt que les autres français ?

Parce que les entreprises qui emploient les ressortissants de ces régimes spéciaux ne pourront pas assumer la charge financière qu’ils représentent.

Parce que les règlements européens ne nous permettront pas de faire supporter ces charges par le régime général.

 

Bien entendu, l’UMP proposera dans son projet d’engager une large concertation avant de réformer les régimes spéciaux. Cette concertation peut s’organiser autour de la question de la pénibilité des métiers. Cette approche que nous n’avions pas retenue dans la réforme de 2003 en raison de sa complexité peut s’envisager si elle s’appuie sur des critères objectifs et notamment sur l’espérance de vie.

 

A ceux qui pensent que le moment était mal choisi pour évoquer cette question, je réponds que ce n’est pas en traitant les français comme des enfants, en leur cachant la vérité et en leur prodiguant des promesses dont nous savons pertinemment qu’elles ne sont pas réalistes que nous retrouverons leur confiance. L’élection présidentielle doit permettre d’ouvrir tous les débats sans tabou sans censure sans arrière-pensée.

Mer 13 sep 2006 75 commentaires

Bien au contraire cette honneteté vous honore et honore les electeurs;


Au dela   et de maniere plus etroite  cette "tempete" souligne l'utilité des blogs   comme outil de democratie;


Merci

Yves Leon - le 13/09/2006 à 10h52

Monsieur Fillon,


merci pour votre courage sans démagogie.


Je ne souhaite accorder mon vote qu'au candidat qui sera capable sur un certain nombre d'avantages corporatistes de manière à ce que l'égalité soit de mise entre les travailleurs.


Est ce que cette campagne pour l'élection 2007 va être enfin l'occasion de poser les vrais questions (comme par exemple comment réduire la dette ? Pourquoi sommes nous incapables de présenter un budget équilibré ? ... et bien d'autres). ? Peu importe à la rigueur que ce soit la drotie ou la gauche qui l'emporte, pourvu que la prise de décision  se soit faite en ayant été informé des vrais problèmes qui se posent à nous et des solutions que chacun des candidats compte y apporter avec leurs conséquences éventuelles.


En espérant que la prise de décision ne se fasse pas sur les photos de Mme Royal en bikini ou de M. Sarkozy (ou villepin) Torse nu.


 


merci


 

Patrice - le 13/09/2006 à 10h56

Monsieur Fillon,


pour ce qui est de casser les supposés "avantages acquis" de catégories socio professionnelles tout sauf privilégiées, vous y êtes. Mais quand il s'agit de réfléchir sur les scandaleux parachutes dorés de plusieurs dizaines de millions d'euros, sur les titres sur option ("stock options"), plus personne. Quand il faut relancer l'UE en imaginant autre chose que la Constitution que nous avons massivement rejetée, plus personne. Quand il s'agit de réfléchir aux conséquences désastreuses pour la croissance et l'emploi de l'euro défendu par la BCE et de la politique de la sacro sainte concurrence appliquée par la Commission, personne non plus.

Bref, pour flatter votre électorat et faire de la démagogie anti fonctionnaire ou anti "privilégiés" comme vous dites, on peut compter sur vous, mais pour aborder les vrais problèmes, ceux que ni vous ni le PS n'osez affronter depuis 20 ans, vous désertez.

Ségo, Sarko, Fillon son futur premier ministre même combat, même manque de courage, même démagogie, on est prévenu.

Cordialement,


Juliette


www.levraidebat.com

Juliette - le 13/09/2006 à 11h24
Bravo pour ce language de vérité et j'approuve tout à fait le dernier paragraphe de votre texte.
Droit Hubert - le 13/09/2006 à 11h28

OUI, montrez l'exemple en commençant par réformer les régimes spéciaux des députés et sénateurs, prédsidents etc.., et ensuite vous pourrez reformer les autres régimes.


 


salutations distinguées.

M. Prébost


 


 

Prébost - le 13/09/2006 à 11h43
Les régimes des parlementaires ont été alignés en 2003 sur le régime général!
François Fillon

Les régimes des parlementaires... les gens vivent avec des acquis qui'ils ne mettent pas à jour !


Et tout le monde les croit...

Christian BOIS - le 13/09/2006 à 11h58

Bravo M. Fillon.


De toute façon, pour être crédible dans cette réforme devant les Français, il faut que l'annonce en ait été faite avant la présidentielle, sinon certains croiront qu'on a cherché à les tromper et tout le monde y perdra...

Sébastien - le 13/09/2006 à 12h07

J'ai été étonnée de la réaction des parlementaires , quoique on devait si attendre finalement...


Mais bravo d'oser dire la vérité et de ne pas mentir ou cacher les problèmes ou les choses qu'il faudra de toutes façons résoudre.


C'est ce que l'on attend d'un homme politique digne de ce nom !


Continuez !

Olivia MARTIN - le 13/09/2006 à 12h16
Bravo à vous Monsieur Fillon ! Ca fait du bien de voir qu'un homme politique ose encore regarder la réalité en face et la proclamer à la face du pays. Continuez comme cela !
Gabriel Bendayan - le 13/09/2006 à 12h41

Pause déjeuner devant l'ordi : visite de votre blog !


Voilà qui est bien dit et fermement. J'approuve à 1000% votre franchise et honnêteté !


Cependant, je suis consternée par l'état minables des comptes de notre Sécurité Sociale.


La Cour des comptes annonce un trou de 37 milliards d’ici 2009.


Le rapport annuel de la Cour des Comptes, que son président, Philippe Seguin, devrait rendre public dans le courant de la semaine, pourrait se révéler particulièrement explosif, à en croire le quotidien Les Echos.


Réfutant les assurances lénifiantes du gouvernement, la Cour des Comptes annonce un nouveau trou dans le trou de la Sécu, qui devrait porter les besoins de financement à 37 milliards d’euros en 2009 ! Rappelons que le déficit actuel du régime général a atteint 11,6 milliards en 2005 et que ce chiffre dépasse 14,4 milliards si l’on y ajoute les déficits du Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV) et du Fonds de financement du régime des exploitants agricoles (FFIPSA).


Au passage, les magistrats dénoncent les trompe l’œil et les faux-semblants grâce auxquels les gouvernements tentent, depuis des années, de faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes. Dans cette optique, les magistrats suggèrent de supprimer le Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV), le Fonds de financement du régime des exploitants agricoles (FFIPSA) – sans conséquence pour les bénéficiaires, qui continueraient à percevoir leurs prestations – et peut-être la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), qui servent de paravents à l’Etat pour dissimuler aux Français l’empleur du déficit.



Plus audacieusement encore, ils proposent d’aligner les régimes spéciaux de retraite des entreprises publiques, sur le régime commun. Il est douteux que les syndicats de la RATP, d’EDF ou de la SNCF acceptent facilement cette perspective.



D’abord rogner les dépenses de fonctionnement


La conclusion est évidente : quel qu’il soit, le prochain président de la République n’aura pas d’autres choix que de ponctionner davantage les Français et de serrer les dépenses. Autrement dit, comme toujours, les contribuables paieront… et comme dit un certains Sarkozy " travailler plus pour gagner plus " … pour l’Etat qui dépense sans compter et.... générera encore plus d'assistés  !


La conclusion est évidente : quel qu’il soit, le prochain président de la République n’aura pas d’autres choix que de ponctionner davantage les Français et de serrer les dépenses.

Il est vrai qu’ils en ont l’habitude... les contribuables.


Rappelons-nous tout de même que la Contribution Sociale Généralisée (CSG), la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) ont été crées à l’origine pour combler le fameux trou de la Sécu (des impôts provisoires !) . Ces impôts (de gauche) sont devenus normaux et les taux sont relevés au fil du temps et payés par tous après la TVA. Bien évidemment,  sans que le déficit ait pour autant été résorbé, pire il s'accroît !! Alors que les citoyens sont de moins en moins remboursés et paient de plus en plus de cotisations et d’assurances complémentaires (Bien sûr la médecine est aujourd'hui plus cher qu'hier et nos compatriotes hypochondriaques), mais tout de même ! et les centaines de milliers de "clandestins" bénéficient tous de la gratuité des soins par l'aide médicale d'état -AME- sans compter les "touristes" étrangers qui viennent pour profiter de la médecine française). Ce déficit représentait, en 2004, plus de 66 milliards d’euros. Une goutte d’eau, toutefois, au regard des dépenses de la Sécurité sociale, qui s’élèvent à 373,7 milliards d’euros en 2006 (contre 331,9 milliards en 2003)…


C’est dans les dépenses de fonctionnement qu’il faudrait d’abord chercher des économies possibles. En 2004, déjà, la Cour des comptes avait porté " un regard critique sur l’ensemble des postes de dépenses, y compris des dépenses de gestion des régimes qui représentent environ 10 milliards d’euros ", soit 4 % des dépenses du régime général. La Cour suggérait que " des efforts d’économie soient demandés à l’ensemble des caisses ", dont elle recommandait par ailleurs le regroupement, et pointait la mauvaise gestion des effectifs, en rapide augmentation. Deux ans après, la situation a évolué… vers le pire

Aurélie - le 13/09/2006 à 12h43