Le blog François Fillon

<![endif]-->

 

Mois après mois, des évènements plus ou moins anodins viennent contrecarrer la liberté d'expression. Le politiquement correct, le souci de ne fâcher personne et d'encadrer tous les débats un peu vifs, sont en passe de faire de notre société un vaste dortoir. L'année dernière on renonçait à fêter la bataille d'Austerlitz parce que Napoléon n'est plus en odeur de sainteté. Quelques mois plus tard, toute l'histoire de la colonisation devait, selon certains, être sanctionnée sans nuances et sans débats. Le mois dernier, le pape était sommé de s'excuser pour avoir cité un empereur byzantin du XIVème siècle. Depuis deux semaines, un professeur de philosophie est condamné à se cacher pour avoir écrit un article sur l'Islam. Aujourd'hui, on s'interroge sur la pénalisation de la négation du génocide arménien. Et pour couronner le tout, voici maintenant qu'une compilation de musiques des années 30 ciblée sur le temps des colonies fait l'objet d'une polémique.

 

Sur chacun de ces sujets, chacun peut avoir son avis. Ce que je souhaite, c'est qu'en France chacun puisse continuer à être libre de le donner et non sommé de le ravaler. Dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, il est écrit que "la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". C'est une recommandation sage qui appelle chacun à la responsabilité. Pour autant, il ne faudrait pas que le respect absolu d'autrui aboutisse au silence de tous les autres.

 

La force d'une démocratie se juge à sa capacité à accepter les débats contradictoires. Cette évidence me porte vers un événement plus tragique : celui de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. En Russie, parler fort et vrai demeure un risque…mortel.

 

Jeu 12 oct 2006 19 commentaires
Etrange epoque en effet. L'on croyait que les nouvelles technologies de l'information allaient creer un village global et voila qu'on se retrouve dans une atmosphere familiale deletere ou les sujets tabous s'accumulent. Ou peut-etre est-ce normal ! Une plus grande proximite nous oblige a mieux qualibrer nos propos pour que la cohabitation mediatique puisse se faire !
HdF - le 12/10/2006 à 20h29
Je vous suis entièrement et j'ose espérer que nous saurons éviter ce qui se passe en Russie. Personnellement je ne crains plus rien. Mon inquiétude est pour votre génération (celle de mes enfants) et celle de mes petits-enfants. Je crois que votre détermination et celle de tous ceux qui partagent vos convictions et celles de Nicolas pourront faire triompher des idées justes et des valeurs de courage et de sincérité qui manquent à beaucoup de nos concitoyens qui ont pris l'habitude d'être assistés, qu'ils soient de gauche ou de droite !
Christian BOIS - le 12/10/2006 à 23h21

Effectivement ce "politiquement correct", cette "repentance", ces jugements sans appel sur notre histoire ou notre notre actualité me mettent mal à l'aise et sont dans le quotidien médiatique comme une cacophonie gênant l'analyse personnelle.

anne - le 13/10/2006 à 03h41

Je crois que c'est ce qu'il y a de plus insupportable et de plus nuisible au bon fonctionnement de notre démocratie. A cause de la pensée unique imposée depuis si longtemps, tout débat est de fait interdit, ou balisé et bien borné et les mots finissent par n'avoir aucun sens.


Gare à celui qui se permet d'y déroger et d'appeler un chat un chat ! Il est immédiatement taxé de dangereux extrêmiste (de droite, bien sûr) et accusé de faire dans le populisme.
Il est grand temps de bousculer cet état de fait confortable de la bien pensance et bien disance, qui permet au citoyen de ne pas se poser de questions et de se complaire dans les banalités qui lui sont distillées à longueur de médias et de discours politiques lénifiants.

Anne 1 - le 13/10/2006 à 08h58

Monsieur Fillon vous avez totalement raison.


En ce moment un hold-up de la pensée est en train de s’installer en France. Une sorte de « stalinisation » des esprits en quelque sorte.


Hors du « politiquement correct » rien ne semble plus permis.


Des groupes soit religieux soit politiques ou ethniques tentent d’imposer leurs conceptions de la société en utilisant tous les moyens, jusques et y compris les menaces de mort.


La repentance et l’excuse permanente deviennent les nouvelles « philosophies » auxquelles on doit se plier.


Hormis battre notre coulpe et nous excuser en permanence d’être ce que l’on est ou avons été, il n’est plus possible de dire ce que l’on pense et bientôt de penser ce que l’on a dire.


Si l’on y prend garde ou si l’on entre dans ce jeu mortel, c’en est fini en France de la démocratie et de la République.


C’est de cette façon, en prenant le contrôle de la pensée, que les dictatures s’installent.


Il est temps pour les démocrates conscients et responsables de REAGIR avec vigueur.


En espérant que nos concitoyens ne seront pas assez couards ou passif pour laisser s’installer cette dictature de l’esprit.


Attention danger !!!!!


 

Bourguignon - le 13/10/2006 à 09h23

Le dérapage des politiques vers le totalitarisme (au sens d'imposer à certains des façons de vivre, des modes de pensée standards, au pretexte de faire respecter la liberté des autres) est très sensible depuis des decennies, et pas seulement en France. Il serait urgent que le peuple, la nation invite vigoureusement le Parlement à s'occuper de ce pourquoi il est mandaté : autoriser la levée des impôts et contrôler l'usage qu'en fait l'exécutif. Que l'Etat revienne à ses devoirs régaliens et arrête d'élargir au nom de "bons sentiments" et de "bonnes intentions" ces intrusions dans la vie privée. En revenant aux lois mémorielles, elles ne servent à rien; la Justice est parfaitement outillée pour sanctionner, sur plainte d'un individu ou sur saisine dun procureur, les insultes proférées ou écrites; les tribunaux sont là pour celà aussi.


Olivier Mistral

mistral - le 13/10/2006 à 09h30

Je viens de terminer votre livre. Très intéressant. Mais, à mon sens, une omission : pourquoi ne pas revenir justement sur ce rôle de l'Etat, cet impératif de recentrer ses missions et corrélativement de faire maigrir vigoureusement un appareil d'etat disproportionné et qui donc a tendance à justifier de son existence en s'occupant de ce qui ne le regarde pas.


Olivier Mistral

mistral - le 13/10/2006 à 09h34
Bien évidemment je partage votre constat. Nous entrons dans une phase dangereuse pour la démocratie où la vérité de certains est entrain de remplacer la liberté de tous. Ceci est à mon sens le prolongement d'un phénomène amorcé depuis des années avec la pensée unique : l'émergence d'une aristocratie techno-bobo qui appauvrit le débat public en délivrant ses oukhazes et qui feint de croire qu'ils sont justes et partagés par le peuple. La leçon de 2002 n'aura donc pas suffi...tout ceci est bien inquiétant pour les gaullistes que nous sommes.
Damien N. - le 13/10/2006 à 09h59

Le politiquement correct, la pensée unique sont aussi de règle dans la Majorité où nombreux sont ceux qui ne veulent pas de vagues. La marge est alors faible entre langue de bois et mensonge, entre silence et complicité de lèse République. Je pense soudain à Ruy Blas…."Bon appétit Messieurs !"


Philippe DERMAGNE - le 13/10/2006 à 10h25

J'adhére complétement à vos propos, et ce n'est pas la première fois.


 


Par ailleurs, petite proposition qui n'a rien à voir.


Pourquoi ne pas organiser une grande discussion entre les hommes politiques qui bloguent?


Perben (www.perben.com), Devedjian (blogdevedjian.com), Raffarin (carnetjpr.com)....


 


 

Romain - le 13/10/2006 à 11h12